La légende croate Mirko Cro Cop dénonce la perte de poids en MMA comme « la plus grande arnaque des sports de combat », prenant notamment l’exemple du parcours de Conor McGregor et de son statut de double champion à l’UFC.
La perte de poids extrême reste l’un des sujets les plus controversés à l’Ultimate Fighting Championship et dans les arts martiaux mixtes en général. De nombreux combattants réduisent drastiquement leur masse corporelle avant la pesée afin d’obtenir un avantage physique le soir du combat.
Si cette pratique est devenue courante, elle est aujourd’hui vivement critiquée par Mirko Cro Cop, ancien champion de Pride et figure emblématique du MMA, qui estime que le système actuel fausse la compétition.
Conor McGregor, symbole d’un système contesté
Conor McGregor est souvent cité comme l’exemple parfait d’un combattant ayant exploité la perte de poids à son avantage. En catégorie plume (66 kg), l’Irlandais apparaissait extrêmement affûté sur la balance avant de remonter significativement en poids le jour du combat.
Son KO expéditif face à José Aldo lors de l’UFC 194, en seulement 13 secondes, a marqué l’histoire. Par la suite, McGregor est monté de catégorie, remportant le titre des légers à l’UFC 205 pour devenir le premier double champion simultané de l’organisation.
Mais pour Cro Cop, cet exploit doit être relativisé au regard des écarts de poids réels entre la pesée et le combat.
« La plus grande arnaque des sports de combat »
Dans une interview accordée à la chaîne YouTube Index Video en 2023, Mirko Cro Cop n’a pas mâché ses mots :
Selon lui, combattre face à un adversaire qui a coupé 5 à 10 kilos représente une différence énorme en clinch et dans les phases physiques. Il critique également le concept de double champion lorsque le combattant, en réalité, évolue à un poids naturel bien supérieur à la limite officielle.
Évoquant McGregor, Cro Cop souligne que l’Irlandais pouvait afficher 66 kg à la pesée mais approcher les 78 kg voire plus le soir du combat. Pour le Croate, viser une nouvelle ceinture dans ces conditions relève davantage d’une optimisation réglementaire que d’un véritable défi sportif.
Un débat ravivé en 2026
Le sujet reste brûlant en ce début d’année 2026. Lors de la pesée précédant l’UFC 324, le poids coq Cameron Smotherman s’est évanoui après avoir atteint la limite réglementaire, entraînant l’annulation de son combat.
De son côté, Vinicius Oliveira, tête d’affiche de l’UFC Vegas 113, a révélé avoir commencé son camp d’entraînement avec près de 50 livres au-dessus de la limite autorisée, devant encore perdre environ 30 livres en semaine de combat.
Ces exemples illustrent les risques physiques et les sacrifices extrêmes consentis par les athlètes pour entrer dans une catégorie donnée.
Un système à repenser ?
Pour Mirko Cro Cop, la solution serait simple : encourager les combattants à évoluer dans leur catégorie de poids naturelle. Une réforme qui viserait à préserver leur santé tout en garantissant une équité sportive accrue.
Si la perte de poids reste aujourd’hui ancrée dans la culture du MMA, les incidents récents et les critiques de figures respectées pourraient relancer le débat sur une éventuelle évolution des règles.
En qualifiant la perte de poids de « plus grande arnaque » du MMA, Mirko Cro Cop remet en question un pilier du système actuel. À travers l’exemple de Conor McGregor et les récents incidents à l’UFC, il souligne les dérives potentielles d’une pratique devenue quasi obligatoire pour rester compétitif.
Reste à savoir si l’organisation acceptera un jour de repenser en profondeur ses catégories et son modèle de pesée, ou si la culture du cutting continuera de façonner les carrières au plus haut niveau.