Auradou prend Flament pour modèle et vise une place durable chez les Bleus
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Hugo Auradou, 23 ans, vient de vivre sa meilleure saison avec la Section Paloise et étau une place durable chez les Bleus en s’inspirant de la trajectoire de Thibaud Flament.
Convoqué pour le Championnat des Nations, Hugo Auradou arrive en équipe de France fort d’une quinzaine de sélections et de deux Tournois des Six Nations remportés , en 2025 et 2026. Pour les amateurs de rugby français, la question est posée : cette deuxième ligne de 23 ans peut-il s’imposer durablement au plus haut niveau, comme l’a fait Flament avant lui ? Auradou lui-même à la réponse. Il a choisi un modèle précis et une méthode pour y parvenir.
Auradou construit sa place durable chez les Bleus sur une base solide en club
La progression d’Hugo Auradou à Pau n’est pas un accident de calendrier. Cette saison, il s’est disputé 20 matchs avec 17 titularisations (Section Paloise / Vibrez Rugby), sa meilleure campagne depuis son arrivée dans le Béarn. Le joueur lui-même le confirme sans détour : « Depuis que je suis arrivé à la Section, je monte un peu en puissance de manière assez linéaire. Je peux m’exprimer plus longtemps sur le terrain, ça me permet de prendre un peu de leadership. C’est sûrement ma meilleure saison. »
Cette montée en puissance individuelle s’inscrit dans un contexte collectif inédit. La Section Paloise a terminé 4e de la saison régulière du Top 14 2025-2026, avec 12 victoires à domicile en 12 matchs (Sud Radio / Rugbyscope), et a participé pour la première fois de son histoire aux phases finales du championnat dans son format actuel. Auradou a été l’un des artisans de cette saison de référence pour le club.
Sa prolongation de contrat jusqu’en 2030 (Planète Rugby / Vibrez Rugby) dit quelque chose de sa vision : un joueur qui se projette sur quatre ans dans un club ne cherche pas une vitrine.
Mais Auradou sait aussi ce qui lui manque encore. Sur le plan physique : « Il faut que je continue à progresser physiquement afin d’être plus à l’aise dans les fins de match. Je dois me développer pour que la fatigue arrive plus tard, continuer à prendre de bons kilos, un peu de masse. » Sur le plan disciplinaire, le constat est tout aussi lucide : « J’ai pris trois cartons jaunes cette saison. Dans un championnat avec des matchs aussi disputés, ça pèse sur l’équipe. Il y a clairement un axe de progression là-dessus. » Trois cartons jaunes en une saison, c’est un chiffre qui ne passe pas inaperçu au niveau international.
Thibaud Flament : le modèle reproductible d’une deuxième ligne moderne
« Parmi les joueurs actuels, Thibaud Flament, forcément. Il est vraiment excellent. » La citation d’Auradou est courte. Elle est aussi très précise. Il ne cite pas un mythe du rugby français. Il cite un joueur actif, au même poste, dont la trajectoire est documentée et récente.
Flament rejoint le Stade Toulousain en 2020, sans avoir été formé en France il est passé par la Belgique, l’Angleterre, l’Argentine et les Wasps. Dès sa première saison pleine en Top 14, en 2021-2022, il est appelé en équipe de France. Sa première cape date de novembre 2021 (ICI / France Bleu). Depuis, il compte au moins 38 sélections , 3 Tournois des Six Nations remportés (2022, 2025, 2026), 4 titres de champion de France et 2 Champions Cup avec Toulouse (Equipe-France.fr / Wikipédia).
Ce qui rend ce modèle pertinent pour Auradou, ce n’est pas seulement le palmarès : c’est le profil. Flament est une deuxième ligne moderne, très mobile , qui a joué à l’ouverture dans sa jeunesse (Le Rugbynistère). Cette formation atypique lui confère une lecture du jeu rare pour son poste. Le staff de Pau reconnaît des qualités similaires à Auradou : vision du jeu, capacité à jouer ballon en main, mobilité dans les espaces.
La trajectoire Flament démontre qu’une deuxième ligne peut s’imposer rapidement en équipe de France à partir d’une base en club solide et qu’Auradou cite ce précédent plutôt qu’un autre n’est pas anodin.
Les prochaines étapes : du Championnat des Nations à la stabilité
Le Championnat des Nations 2026 face à la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Japon constitue le prochain test concret pour Auradou. Il est attendu dans la liste définitive du XV de France (Blog RCT / X-TremLimit). C’est une compétition de haut rang, contre trois nations du Pacifique Sud et de l’hémisphère nord, qui ne laisse aucune place aux performances de façade.
Son manager à Pau, Sébastien Piqueronies, a posé les mots justes sur ce moment de carrière. Il estime qu’Auradou est passé de « leader de demain » à « leader d’aujourd’hui » du club, tout en ajoutant qu’il « doit encore grandir » (Section Paloise). Cette nuance compte. Elle dit qu’Auradou a franchi un palier, pas qu’il atteint son plafond.
Le joueur, lui, ne surjoue pas l’ambition. Son état d’esprit est celui d’un compétiteur qui sait d’où il vient : « Je veux juste continuer à enchaîner les bonnes performances en club et progresser. Quand j’ai la chance d’être en équipe de France, je prends tout ce que je peux. » C’est une posture de travail, pas de communication.
Il faut rappeler que la trajectoire d’Auradou en sélection a connu une interruption forcée selon Sud Ouest. L’affaire de juillet 2024 en Argentine l’a écarté du groupe France pendant plusieurs mois. Le non-lieu a été confirmé par la cour d’appel argentine en février 2025 (Franceinfo), et Fabien Galthié l’a rappelé dès le Tournoi des Six Nations 2025. Mais cet épisode a pesé. La notion de place durable chez les Bleus prend une dimension supplémentaire pour lui : il ne s’agit pas seulement de convaincre sportivement, mais de reconstruire une continuité.
Le Championnat des Nations sera le premier test concret de cette méthode et de sa capacité à transformer une bonne saison en club en stabilité internationale. Auradou parviendra-t-il à reproduire la trajectoire Flament, ou son parcours marqué par l’affaire de 2024 et une reconstruction lui imposera-t-il une route différente ?