Rugby

« Une fierté » : Maxime Lucu capitaine des Bleus pour défier les All Blacks

Par Gilles
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Maxime Lucu a été désigné capitaine du XV de France pour le Championnat des Nations inaugural une nomination qui représente bien plus qu’une simple distinction : l’aboutissement d’un parcours atypique, construit dans l’ombre d’Antoine Dupont.

La demi de mêlée de l’Union Bordeaux-Bègles portera le brassard bleu pour affronter les All Blacks le 4 juillet 2026 à Christchurch, lors de l’ouverture de cette nouvelle compétition.

« Une grande fierté » : commentaire Maxime Lucu devient capitaine des Bleus

Fabien Galthié en tranche. C’est Maxime Lucu qui portera le brassard tricolore pour la première phase du Championnat des Nations. L’annonce est tombée le 23 juin 2026, et elle a une saveur particulière.

Lucu, 33 ans, n’a pas suivi le chemin balisé des grands capitaines. Pas de sélections en équipes de jeunes. Pas de montée en puissance progressive dans les rangs bleus. Sa première cape en équipe de France date de 2021 à un âge où d’autres ont déjà accumulé des dizaines de sélections. Depuis, il a gravi les échelons avec plus de 30 sélections au compteur, mais toujours avec la même contrainte : évoluer dans l’ombre du meilleur joueur du monde à son poste.

Antoine Dupont est absent de cette première phase selon L’Equipe. Galthié a choisi Lucu mais réduire cette nomination à un choix par défaut serait une erreur de lecture.

Lucu lui-même ne le vit pas comme ça. « Forcément, c’est une grande fierté. C’est déjà une fierté de porter le maillot de l’équipe de France » , at-il déclaré. Il va plus loin : « Être capitaine de l’équipe de France, notamment pour ce premier match, c’est forcément quelque chose de gratifiant personnellement. C’est la suite du chemin que je suis en train de prendre depuis maintenant quelque temps. Je suis très heureux et très excité. »

Ce n’est pas la langue de bois d’un joueur qui récite : c’est quelqu’un qui mesure ce que ce brassard représente dans son parcours.

Son manager à l’Union Bordeaux-Bègles, Yannick Bru, pose les mots que beaucoup pensent tout bas : « Max est beaucoup plus fort qu’il ya deux ou trois ans, et s’il n’y avait pas d’Antoine Dupont, on ne parlerait que de Maxime Lucu en Bleu. Il n’est juste pas tombé sur la bonne génération. »

Lucu n’est pas un bouche-trou : c’est un joueur de très haut niveau que la coexistence avec Dupont a maintenu dans un rôle de second plan. Sa saison avec l’UBB a fini de convaincre le staff. Le capitanat est une reconnaissance, pas une promotion de circonstance.

Trente-trois joueurs ont été retenus pour cette première échéance. Lucu assume déjà son rôle : « Je ne me focalise pas uniquement sur les Bordelais. L’équipe de France, c’est s’ouvrir sur ce qui se fait ailleurs. »

Face aux All Blacks : une première mission historique

Ouvrir un Championnat des Nations inaugural face aux All Blacks, chez eux, à Christchurch : c’est le scénario le plus exigeant qui soit pour une première en tant que capitaine.

Mais la France n’arrive pas en Nouvelle-Zélande en victime consentante. Le XV de France reste sur trois victoires consécutives face aux All Blacks : 40-25 en novembre 2021, puis à l’ouverture de la Coupe du Monde 2023, et enfin 30-29 en novembre 2024. Trois succès de suite contre la nation la plus titrée de l’histoire du rugby. C’est une série, pas une coïncidence.

Lucu est consciencieuse. Et il ne cache pas son appétit : « Là, c’est une compétition, on a quelque chose à aller gagner au bout. En tant que compétiteur, on a toujours envie de gagner des choses. »

Il ajoute, lucide sur l’ampleur du défi : « On a des matchs à préparer, notamment un premier qui est très costaud. »

La tournée dure quatre semaines. Ce premier match à Christchurch n’est qu’un point de départ. Mais c’est celui qui donnera le ton pour la compétition, et pour le capitanat de Lucu.

Un leadership comparé à Dusautoir : l’héritage que Lucu doit porter

Yannick Bru ne fait pas dans la demi-mesure quand il parle de son demi de mêlée. La comparaison qu’il a choisit dit tout : « J’ai eu des leaders fantastiques par l’exemple, comme ‘Titi’ Dusautoir à Toulouse, mais je n’en ai pas croisé beaucoup comme lui. »

Thierry Dusautoir. Le capitaine qui a mené la France en finale de Coupe du Monde 2011. Celui dont le nom est associé à la rigueur, à l’exemplarité, au leadership silencieux mais dévastateur. Bru l’a côtoyé de près à Toulouse. Quand il place Lucu dans cette lignée, ce n’est pas une formule de politesse.

Ce leadership par l’exemple collé au profil de Lucu : un joueur qui a construit sa légitimité dans l’ombre, sans se plaindre, en progressant saison après saison et c’est précisément ce que Galthié a voulu mettre en avant.

La rivalité France-Nouvelle-Zélande a débuté en 1906 et a produit des moments fondateurs : la demi-finale 1999 (43-31 pour la France), le quart de finale 2007 (20-18), la finale 2011 (8-7 pour les All Blacks). Lucu entre dans cette histoire avec le brassard et une série de trois victoires consécutives dans le dos.

Le groupe attend de lui qu’il incarne cette continuité tout en apportant sa propre empreinte pas simplement gérer l’absence de Dupont, mais exister pleinement.

Maxime Lucu incarne une forme de justice sportive : après des années dans l’ombre de Dupont, il reçoit enfin la reconnaissance que sa progression justifie. Sa nomination n’est pas une simple succession c’est la validation d’un parcours atypique.

Parviendra-t-il à prolonger la série de trois victoires consécutives face aux All Blacks, et à exister pleinement pas seulement en l’absence de Dupont ?

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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