Avec Jalibert derrière lui, Ntamack découvre une formule qui peut peser dans les choix du XV de France
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En installant Matthieu Jalibert derrière Romain Ntamack, le XV de France ne règle pas seulement une rivalité médiatique : il ouvre une vraie piste tactique pour ses prochains choix.
Depuis plusieurs mois, Romain Ntamack et Matthieu Jalibert sont souvent rangés dans la même affaire : celle de deux ouvreurs en concurrence pour diriger le jeu des Bleus. Une lecture simple, presque automatique, mais pas nécessairement suffisante.
La tournée d’été a offert une autre image. Avec Ntamack maintenu à l’ouverture et Jalibert utilisé à l’arrière, Fabien Galthié a testé une association plus souple, moins frontale, capable de transformer deux profils parfois opposés dans le débat public en solution commune sur le terrain.
Ntamack et Jalibert, une rivalité moins fermée qu’on ne l’imagine
Le duel Ntamack-Jalibert a longtemps été présenté comme un choix binaire. D’un côté, le Toulousain, installé dans l’histoire récente du XV de France. De l’autre, le joueur de l’UBB, régulièrement cité comme une alternative forte à l’ouverture.
Mais Romain Ntamack refuse cette opposition trop rigide. Dans ses propositions rapportées, il rappelle que la concurrence existe aussi avec Antoine Hastoy et les autres ouvreurs susceptibles de postuler. Pour lui, cette concurrence est saine, et elle ne se résume pas à un face-à-face permanent avec Jalibert.
Son message est assez clair : le problème vient moins du vestiaire que du récit construit autour de cette rivalité. Ntamack estime que les médias en ont fait « toute une montagne », alors que l’entente avec Jalibert n’a jamais été un souci.
C’est là que l’affaire devient intéressante pour les Bleus. Si les deux joueurs peuvent cohabiter sans friction sportive, le débat ne porte plus seulement sur le numéro 10 titulaire. Il porte sur la meilleure manière d’utiliser deux créateurs dans une même équipe.
La formule Jalibert à l’arrière change le débat
La configuration évoquée est simple sur le papier : Ntamack reste à l’ouverture, Jalibert recule à l’arrière. Dans les faits, elle change beaucoup de choses. Elle permet de garder un organisateur identifié en 10 tout en ajoutant un autre joueur capable d’attaquer la ligne, d’accélérer le jeu ou de peser dans le jeu au pied depuis le fond du terrain.
Ntamack a d’ailleurs insisté sur le côté naturel de cette association. Il explique que cela s’est fait facilement avec Jalibert, grâce à une bonne entente sur le terrain comme en dehors. Il cite également Thomas Ramos pour rappeler qu’il est plus simple de trouver des repères avec des joueurs qui aiment jouer au rugby.
Cette phrase compte. Elle ne vend pas une révolution tactique, mais elle montre que la compatibilité entre profils créatifs peut être un vrai levier. Pour un staff international, ce genre de polyvalence n’est jamais anodin.
Cas concret : dans une fin de match serrée, le XV de France peut vouloir garder Ntamack pour contrôler les lancements et l’occupation, tout en profitant de Jalibert à l’arrière pour relancer, varier les angles ou apporter une seconde menace au pied. Ce n’est pas seulement une question de noms sur la feuille. C’est une question d’équilibre.
Une option qui peut peser dans les choix de Galthié
Ntamack ne présente pas cette formule comme une garantie pour la suite. Il reste prudent, mais sa formule dit beaucoup : si cette association peut donner des options au personnel, « ce n’est que du bonus ». Dans le langage d’un joueur international, c’est une manière de valider l’idée sans s’enfermer dans une revendication.
Pour Fabien Galthié, l’intérêt est évident. Une équipe qui peut aligner Ntamack et Jalibert ensemble gagne une solution supplémentaire sans forcément sacrifier son cadre habituel. Cela peut aussi éviter de transformer chaque liste du XV de France en référendum permanent entre les deux ouvreurs.
Le point important, c’est que cette association ne supprime pas la concurrence. Elle la déplace. Ntamack reste un candidat naturel à l’ouverture, Jalibert aussi. Mais si l’un peut évoluer derrière l’autre dans certaines configurations, le personnel gagne une marge de manœuvre que peu de sélections peuvent se permettre.
Il faudra confirmer cette formule face aux adversaires de référence, avec des matchs à enjeu plus lourds et des équilibres défensifs plus exigeants. Mais l’idée existe désormais : Ntamack et Jalibert ne sont pas condamnés à se remplacer. Ils peuvent aussi se compléter.
Et pour le XV de France, c’est peut-être le vrai enseignement. Derrière une rivalité souvent racontée comme un duel, Galthié dispose peut-être d’un outil plus subtil : une association capable d’élargir ses choix sans casser son organisation.