Rugby

Bielle-Biarrey, Woki et une vingtaine de joueurs au chevet des évacués : le rugby bordelais à hauteur d’homme suite aux mégafeux

Par Matteo scout
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À Bordeaux, l’UBB a répondu aux incendies en Gironde avec autre chose qu’un communiqué : des bouteilles d’eau, Chaban-Delmas ouvert aux dons, et une vingtaine de joueurs au contact direct des évacués.

Le rugby bordelais a choisi le terrain le plus simple, mais aussi le plus utile. Face aux incendies qui frappent la Gironde, l’Union Bordeaux-Bègles a mobilisé son stade, ses stocks et une partie de son vestiaire pour soutenir les personnes déplacées.

Louis Bielle-Biarrey et Cameron Woki figurent parmi les joueurs passés au Parc des Expositions de Bordeaux, où sont accueillis des évacués. L’image compte, bien sûr. Mais ce qui ressort surtout, c’est le côté très concret de l’aide : boire, manger, collecter, parler, faire passer quelques heures moins lourdes.

L’UBB a activé Chaban-Delmas et ses stocks pour répondre à l’urgence

Le club bordelais n’a pas limité sa réaction à un message de soutien. L’UBB a d’abord fait don de 4500 bouteilles d’eau à la Croix-Rouge, un geste direct pour répondre aux besoins immédiats des personnes évacuées et des structures mobilisées.

Le week-end, le club a aussi mis à disposition son stock alimentaire et ses boissons issues des buvettes du stade. Ces produits ont été livrés vers le Parc des Expositions de Bordeaux, devenu lieu d’accueil pour des habitants contraints de quitter leur domicile.

Chaban-Delmas sert également de point de collecte. Les personnes souhaitant déposer des dons ont pu le faire au sein du stade, transformé pour l’occasion en relais solidaire. C’est souvent dans ce type de détail que le rôle d’un club local se mesure : pas seulement dans les tribunes, mais dans sa capacité à ouvrir ses portes quand la ville en a besoin.

Cas concret : pour une famille évacuée sans date claire de retour, une bouteille d’eau, un repas disponible et un lieu d’accueil organisé ne règlent pas le drame. Mais cela enlève une urgence immédiate. Cela donne aussi le sentiment que la région ne laisse pas les sinistrés seuls dans l’attente.

Bielle-Biarrey, Woki et les joueurs au contact des sinistrés

La mobilisation a aussi pris une dimension plus humaine avec la visite d’une vingtaine de joueurs et de membres du staff au Parc des Expositions. Les espoirs du club étaient déjà passés quelques heures plus tôt, avant que plusieurs cadres ne se rendent eux aussi auprès des personnes accueillies.

Cameron Woki et Louis Bielle-Biarrey étaient parties du déplacement. Les joueurs passeraient environ trois heures sur place, entre discussions, jeux de société et petites animations autour du rugby. Rien de spectaculaire. Justement : c’est ce qui rend la démarche plus forte.

Dans ce genre de moment, le rôle d’un joueur ne se résume pas à signer un maillot ou poser pour une photo. Pour des personnes qui attendent de savoir quand elles pourront rentrer chez elles, voir arriver des visages connus du club peut casser une journée d’angoisse, de fatigue et d’incertitude.

Le rugby aime parler de famille, de territoire, de vestiaire. Là, ces mots sortent du cadre habituel. L’UBB n’a pas seulement mobilisé une marque sportive, elle a envoyé des joueurs sur un lieu d’accueil, au milieu de gens qui n’étaient pas venus chercher du rugby mais un peu de répit.

Laurent Marti veut prolonger cette solidarité au-delà de la première visite

Le président Laurent Marti souhaite aussi aller plus loin. L’UBB a réfléchi à rendre hommage aux pompiers lors du premier match de la saison, une idée qui s’inscrit dans une mobilisation plus large des clubs de la région.

Marti aimerait également permettre à une partie des sinistres d’assister à des entraînements et de rencontrer les joueurs une nouvelle fois. Il a expliqué à L’Équipe que cela pourrait les sortir de ces lieux où ils doivent s’ennuyer. La phrase est simple, presque pudique, mais elle dit bien le sujet : une évacuation, ce n’est pas seulement quitter sa maison. C’est attendre, parfois longtemps, sans prise sur la suite.

La logistique reste un point à organisateur. Transport, sécurité, accueil, choix des personnes concernées : le club devra trouver une formule réaliste. Mais l’intention prolonge la première réponse donnée par l’UBB : ne pas seulement aider dans l’urgence, créer aussi un moment où les évacués redeviennent autre chose que des sinistres.

Dans une saison de Top 14 souvent racontée par les transferts, les blessures et les ambitions sportives, cette mobilisation rappelle une évidence. Un club comme Bordeaux-Bègles pèse aussi par ce qu’il représente autour de son stade. Et quand la Gironde brûle, ce poids-là peut servir à autre chose qu’à remplir Chaban-Delmas.

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Matteo scout

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