Succéder à Dupont : la mission la plus intimidante du rugby français aurait déjà trouvé ses deux candidats selon le mercato du Stade
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Le Stade Toulousain n’a pas besoin de remplacer Antoine Dupont demain, mais le simple fait de préparer cette succession dit déjà beaucoup sur la prochaine phase du club.
À Toulouse, certaines transitions ne se gèrent pas comme les autres. Succéder à Antoine Dupont, ce n’est pas seulement prendre le numéro 9, distribuer proprement les ballons et tenir le tempo derrière un pack dominant. C’est accepter d’entrer dans l’ombre du joueur le plus influent du rugby français moderne.
C’est pour cela que le dossier est sensé. Dupont est lié au Stade Toulousain jusqu’en juin 2031, donc aucun départ imminent n’est posé dans les faits disponibles. Mais le club rouge et noir préparait déjà la suite, avec deux jeunes demis de mêlée placés dans le viseur pour l’avenir : Simon Darroque et Nathan Llaveria.
L’idée n’est pas de vendre une rupture brutale. Elle est plus intéressante : Toulouse semble travailler une succession lente, interne, presque silencieuse, avant que la question ne devienne urgente.
Deux jeunes demis pour une succession impossible à banaliser
Les deux noms avancés sont ceux de Simon Darroque et Nathan Llaveria. Le premier, âgé de 21 ans, aurait déjà disputé cinq matchs de Top 14 avec le Stade Toulousain et serait sous contrat jusqu’en 2029. Le second, 20 ans, compterait une rencontre de championnat et disposerait lui aussi d’un bail courant jusqu’en 2029.
Sur le papier, ce ne sont pas encore des héritiers installés. Ce sont plutôt deux profils que Toulouse peut façonner sur plusieurs saisons, sans brûler les étapes. Et dans un club comme le Stade, cette nuance compte énormément.
Remplacer Dupont ne veut pas dire copieur Dupont. Aucune demi de mêlée ne peut être formée avec l’idée absurde de reproduire à l’identique son explosivité, son sens du duel, son influence défensive et sa capacité à changer un match sur deux actions. Le vrai enjeu, pour Darroque ou Llaveria, serait ailleurs : devenir crédibles dans le système toulousain, tenir le rythme, organisateur, puis exister sans que chaque geste soit comparé au capitaine du XV de France.
Voilà pourquoi cette succession est intimidante. Elle ne se joue pas seulement sur le talent. Elle se joue sur la patience du club, sur le volume de minutes accordé, sur la capacité à protéger les jeunes joueurs d’une comparaison qui peut vite devenir injuste.
Toulouse prépare plus qu’un poste, il prépare une nouvelle colonne vertébrale
Le dossier ne concerne pas seulement la mêlée. Le Stade Toulousain aurait également identifié plusieurs autres jeunes joueurs pour bâtir la suite de son effectif : Jérémy Nemor à l’aile, Raphaël Portat en deuxième ligne, Roméo Bonnard Martin et Marceau Marzullo en troisième ligne, ainsi que Lucas Vignères au centre.
Ce groupe dessine une tendance claire : Toulouse ne veut pas seulement attendre le prochain grand transfert. Le club semble vouloir prolonger son modèle par l’intérieur, avec une génération capable d’accompagner les cadres actuels avant, peut-être, de prendre davantage de place.
Le contexte donne du poids à cette lecture. Les Rouge et Noir restent sur un nouveau Bouclier de Brennus, vainqueur après une finale contre Montpellier en juin 2026. Mais la fin de saison a été présentée comme plus délicate, avec le sentiment possible d’un cycle qui doit être réoxygéné. Pas cassé. Réoxygéné.
Le site officiel du Stade Toulousain met d’ailleurs régulièrement en avant son centre de formation, ses jeunes diplômés et ses contenus liés à l’académie. Ce n’est pas une preuve directe sur Darroque ou Llaveria, mais cela colle avec l’identité sportive du club : ancien, intégrer, puis exposer progressivement.
Le choix est aussi économique et stratégique. Dans un Top 14 où les effectifs doivent jongler avec les doublons internationaux, les blessures, les fins de contrat et la densité du calendrier, disposer de jeunes joueurs déjà acclimatés au projet de jeu vaut parfois autant qu’un recrutement spectaculaire.
Le vrai test viendra les jours où Dupont ne sera pas là
Le cas concret est simple. Imaginez une période de double, ou une séquence de championnat coincée entre deux rendez-vous européens. Dupont est absent, un cadre doit souffler, et Toulouse doit quand même garder son tempo. C’est là qu’un jeune demi de mêlée cesse d’être une promesse de centre de formation pour devenir une vraie solution de rotation.
Pour Darroque ou Llaveria, le premier objectif ne serait pas de gagner un match à eux seuls. Ce serait déjà de ne pas casser le fil : assurer la sortie de camp, gérer les temps faibles, servir les bons couloirs, choisir quand accélérer et quand plus calme. Dans un collectif aussi exigeant, cette sobriété peut être une première victoire.
C’est aussi là que la succession de Dupont se jouera vraiment. Pas dans une annonce officielle, pas dans une formule de mercato, mais dans l’accumulation de minutes utiles. Un bon passage en Top 14, une entrée propre dans un match tendu, une association convaincante avec les ouvreurs du groupe : Toulouse aura besoin de ces signaux avant de parler d’héritage.
Le contrat longue durée de Dupont jusqu’en 2031 donne au Stade Toulousain un luxe rare : le temps. Le club peut tester, corriger, patienter. Darroque et Llaveria peuvent grandir sans être propulsés trop tôt au centre de la scène.
Et c’est peut-être la meilleure manière de préparer l’après-Dupont : ne pas faire comme si l’après était déjà là, mais éviter de le découvrir trop tard.