Cyclisme

« Il n’a pas de cadeau à faire » : Pineau défend le Pogacar qui écrase déjà la Vuelta

Par Gilles Marchetti
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Jérôme Pineau ne voit pas une humiliation dans la domination de Tadej Pogacar sur la Vuelta : pour lui, le court slovène simplement pour gagner, sans devoir distribuer les étapes.

La phrase claque parce qu’elle résume toute la tension du moment : « Il n’a pas de cadeau à faire ». Derrière cette défense de Tadej Pogacar, Jérôme Pineau pose une question très simple au peloton : pourquoi le plus fort devrait-il lever le pied ?

Sur cette Vuelta 2026, Pogacar a déjà frappé fort. En sept étapes mentionnées, une a été annulée, deux se sont terminées par des sprints gagnés par Matthew Brennan, Andreas Leknessund s’est imposé en solitaire, et le Slovène a déjà signé trois victoires. Le contre-la-montre inaugurale, l’étape d’Andorre, puis la 6e étape en Espagne malgré la pression d’Enric Mas.

Pineau défend une domination assumée

Jérôme Pineau ne défend pas seulement le palmarès du coureur d’UAE Team Emirates-XRG. Il défend une logique de compétition. Si Pogacar prépare la Vuelta pour la gagner, s’il travaille autant que les autres et s’il se montre supérieur, Pineau ne voit pas pourquoi il devrait laisser passer une occasion.

Son argument tient en une idée : gagner n’est pas une faute. Dans son raisonnement, un coureur dominant n’a pas à s’excuser d’être plus fort, surtout sur une course de trois semaines où chaque étape peut compter dans le récit comme dans le classement.

La citation la plus forte va dans ce sens : « Pourquoi laisser des étapes aux autres ? Pourquoi faire des cadeaux. Il n’a pas de cadeau à faire ». Pineau renverse ainsi la critique habituelle. Le problème ne serait pas que Pogacar écrase la Vuelta, mais que certaines attendent de lui qu’il coure contre sa propre nature.

Une Vuelta déjà sous contrôle de Pogacar

Le début de cours donne du poids à cette lecture. Pogacar ne s’est pas contenté d’une victoire isolée. Il a gagné dans des registres différents, d’abord sur le chrono inaugural, puis en montagne, puis dans une étape où Enric Mas l’a poussé à répondre.

Cette accumulation change le regard porté sur la course. Quand un favori gagne une fois, il marque son territoire. Quand il recommence aussi vite, il installe une pression permanente sur les autres équipes. Chaque échappée, chaque accélération, chaque étape vallonnée devient une question posée à Pogacar autant qu’à ses rivaux.

La République des Pyrénées rappelle que le Tour d’Espagne 2026 est parti de Monaco en direction de Grenade, à travers 21 étapes. Sur un tel parcours, démarrez aussi fort n’est pas anodin : cela oblige les adversaires à courir tôt sous contrainte, avant même que le parcours ait livré tous ses grands rendez-vous.

Pourquoi la parole de Pineau pèse dans ce débat

Pineau parle avec le regard d’un ancien coureur et d’un ancien manager. franceinfo rappelait qu’il est professionnel depuis 2002, qu’il a remporté la Coupe de France en 2008 et porté le maillot à pois sur le Tour de France en 2006 et 2010. Ce passé donne un relief particulier à sa défense de Pogacar : il connaît la logique interne d’un peloton, mais aussi la pression autour d’un leader qui gagne trop souvent au goût de certains.

Il ajoute également une nuance importante sur le rapport de Pogacar aux autres coureurs. Quand le Slovène explique que des adversaires viennent lui demander si l’échappée aura sa chance, Pineau ne voit pas forcément une manière de les rabaisser. Il y a plutôt un problème tactique : si tout le peloton attend la décision du plus fort, c’est que les équipes doivent aussi assumer leur propre lecture de la course.

La domination de Pogacar devient donc plus qu’une série de victoires. Elle révèle un rapport de force. Pineau le défend parce qu’il considère que le cyclisme reste d’abord un sport de conquête : si Pogacar peut gagner, il doit gagner. Pas par mépris. Par métier.

La suite de la Vuelta dira surtout si cette logique peut tenir sur la durée. Pour l’instant, l’angle de Pineau est clair : Pogacar n’a pas à offrir une respiration au peloton simplement parce qu’il est déjà au-dessus.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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