« Il n’abandonne jamais » : Chez Pogacar, l’espoir des Mondiaux survit encore grâce à une certitude son mental
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Pour Tadej Pogacar, l’horizon des Mondiaux reste bouché par les blessures, mais son entourage garde une raison d’y croire : son mental n’a jamais été le point faible du Slovène.
Depuis sa lourde chute sur la 8e étape de la Vuelta, la question ne tourne plus autour de sa forme sportive. Elle est beaucoup plus simple, et beaucoup plus brutale : son corps lui laissera-t-il seulement le temps de revenir au sommet du cyclisme mondial ?
Les Championnats du monde de Montréal arrivent vite, à la fin du mois de septembre. Dans ce calendrier serré, personne ne peut promettre un retour. Même dans son entourage, le discours reste prudent. Mais une voix, celle de Domen Novak, refuse de fermer totalement la porte.
Un calendrier trop serré pour parler de certitude
Domen Novak connaît Pogacar de près. Le Slovène roule à ses côtés chez UAE Team Emirates, mais aussi en sélection nationale. Interrogé par Sporza, il n’a pas tenté de maquiller la situation : préparer des Mondiaux dans ces conditions serait extrêmement difficile.
La chute a laissé une vraie zone grise. Une fracture de la clavicule peut suivre des délais médicaux plus lisibles. Les effets d’une commotion cérébrale, eux, sont beaucoup moins prévisibles. Novak l’a résumé sans détour : Pogacar devrait récupérer rapidement de la clavicule, mais personne ne sait combien de temps les symptômes liés à la commotion peuvent peser.
C’est ce point qui change tout. Sur une course comme les Mondiaux, il ne suffit pas de pouvoir remonter sur un vélo. Il faut encaisser les charges d’entraînement, retrouver de la lucidité, supporter l’intensité et arriver avec assez de garanties pour ne pas transformer un retour en pari médical.
Novak garde l’espoir, mais pas au prix du risque
Le message le plus fort de Novak ne concerne pas une date de reprise. Il concerne Pogacar lui-même. Son collaborateur lui explique avoir envoyé quelques messages, tout en nécessitant de trop le solliciter, parce que le repos reste prioritaire.
Sur le fond, Novak garde une petite ouverture : Pogacar est décrit comme un travailleur acharné, un coureur qui n’abandonne jamais et qui vise naturellement un rétablissement rapide. Dans un dossier aussi incertain, c’est presque la seule certitude solide : si une fenêtre existe, Pogacar fera tout pour l’atteindre.
Mais l’espoir ne devient pas une consigne. Novak insiste aussi sur l’essentiel : Pogacar doit récupérer à 100 %. Il ajoute qu’il n’est pas nécessaire qu’il prenne le départ des Championnats du monde si les garanties ne sont pas réunies.
Cette prudence rejoint le ton de Mauro Gianetti, le manager général d’UAE Team Emirates. Lui aussi se montre réservé sur la possibilité de revoir Pogacar au sommet de sa forme à temps. Le cadre est donc clair : l’envie du coureur compte, son mental compte, mais la décision devra rester médicale et sportive.
Son mental entretient l’histoire, la médecine décidant de la suite
Le cas Pogacar s’habille autant parce qu’il dépasse la simple gestion d’une blessure. Le Slovène a bâti une partie de sa légende sur sa capacité à renverser des scénarios que d’autres subiraient. Même son rapport aux modèles sportifs dit quelque chose de cette exigence : Le Figaro a rapporté qu’il avait établi Novak Djokovic, recordman de titres en Grand Chelem avec 24 sacres, en référence.
Ce détail n’annonce pas un miracle. Il éclaire plutôt la manière dont Pogacar aborde la difficulté : par le travail, la discipline et une forme de refus mental de céder trop vite. C’est exactement ce que Novak a rencontré en avant aujourd’hui.
Le corpus médical reste cependant beaucoup moins romantique. Franceinfo rapporte que deux médecins du sport accordent peu de chances au Slovène de défendre ses chances aux Mondiaux du 27 septembre, tout en laissant davantage d’espace à un retour début octobre, notamment si la récupération évolue favorablement.
Voilà pourquoi l’espoir survit encore, mais sur un fil. Il ne repose pas sur une annonce rassurante, ni sur un calendrier confortable. Il repose sur un trait connu de Pogacar : sa capacité à tout mettre dans la balance quand un objectif compte. Pour Montréal, cela pourrait ne pas suffire. Mais tant que le corps ne dit pas non définitivement, son mental laisse une porte ouverte.