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« Evenepoel est dans un autre sport » : Quatre Mondiaux de suite et un chrono qui le place dans un territoire réservé

Par Gilles Marchetti
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Quatre titres mondiaux mondiaux et une nouvelle concurrence reléguée à distance : Remco Evenepoel ne gagne plus seulement le contre-la-montre, il en contrôle désormais l’histoire récente.

À Montréal, le Belge a décroché un quatrième maillot arc-en-ciel de suite dans l’exercice individuel. Aucun coureur n’avait encore réussi un tel enchaînement dans l’histoire du cyclisme chez les élites messieurs.

La manière donne encore plus de poids à la série. Filippo Ganna, double champion du monde et principal rival annoncé, a terminé à 57 secondes. Le Français Paul Seixas a pris la troisième place à 1 minute 13.

Une avance installée bien avant la ligne d’arrivée

Evenepoel n’a pas construit son succès sur une accélération tardive. Au deuxième point de chronométrage intermédiaire, situé un peu après la moitié du parcours, son avance dépassait déjà les 30 secondes.

Le résultat final confirme cette entreprise. La Presse relève le 20 septembre 2026 le chiffre suivant : « Remco Evenepoel (BEL), les 39,2 km en 44 : 53. » Sur un effort inférieur à 45 minutes, repousser Ganna à 57 secondes transforme une victoire nette en démonstration.

Le dauphin italien n’avait pourtant pas le sentiment d’être passé à côté de sa course. « Je pense avoir réalisé mon meilleur temps sur 45 minutes », at-il expliqué à DirectVelo . Il estimait même avoir roulé plus vite que prévu, notamment grâce à son matériel et à sa position. Son constat final était plus tranchant : il n’avait simplement pas été assez rapide.

Cette réaction situe précisément la performance d’Evenepoel. Le Belge n’a pas profité de la défaillance du principal spécialiste adverse. Il a dominé un rival satisfait de ses propres chiffres.

Quatre titres de suite, une série sans équivalent

À 26 ans, Evenepoel rejoint Fabian Cancellara et Tony Martin avec quatre titres mondiaux du contre-la-montre. La différence se trouve dans la continuité : ni le Suisse ni l’Allemand n’avaient remporté leurs quatre maillots arc-en-ciel successivement.

Le premier sacré pouvait ouvrir un cycle. Le deuxième confirmait une installation au sommet. Les troisième et quatrième titres ont changé la portée de cette domination. Depuis quatre éditions, le championnat du monde du chrono se termine avec le même vainqueur, malgré les parcours, les conditions et les adversaires différents.

Son palmarès chronométré dépasse également les seuls Mondiaux. Le double champion olympique possède également un titre européen dans la discipline. Cette accumulation explique pourquoi Montréal apparaît moins comme une performance isolée que comme la prolongation d’une entreprise déjà installée.

Evenepoel a ainsi réuni deux formes de domination rarement associées sur une aussi longue période : la régularité des titres et des écarts capables de décourager des spécialistes comme Ganna avant même la dernière partie du parcours.

Le chrono est devenu son point de référence

Une série de quatre Mondiaux consécutifs crée une attente particulière. Evenepoel ne se présente plus seulement comme le favori d’un championnat. Il devient la mesure à laquelle chaque autre prétendant est comparé.

Ganna a roulé plus vite que ses propres prévisions et a tout de même concédé presque une minute. Seixas a décroché le bronze à 19 ans, mais termine à plus d’une minute. Ces performances restent fortes dans leur propre parcours. Face au temps d’Evenepoel, elles dessinent surtout l’étendue de l’écart.

Au moment de ce quatrième sacre, le cours en ligne des Mondiaux figurait encore au programme du Belge avec Wout van Aert et le reste de la sélection nationale. Mais son héritage à Montréal était déjà assuré par le chrono : quatre éditions, quatre victoires et une première historique.

Le territoire réservé annoncé par cette série repose donc sur des preuves mesurables. Evenepoel a gagné chaque Mondial du contre-la-montre depuis son premier titre, rejoint les recordmen au nombre de sacrés et réalisé seul l’enchaînement que personne n’avait réussi avant lui.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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