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Zidane a déjà rompu avec les codes de Deschamps, mais le terrain dira si cette révolution dépasse le coup de com

Par Gilles Marchetti
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Zinédine Zidane a déjà changé le ton, les visages et plusieurs habitudes des Bleus, mais cette rupture avec Didier Deschamps ne prendra une dimension sportive que si ses choix résistent aux premiers matchs.

La différence se voit avant même le coup d’envoi. Arrivée plus sobre des joueurs à Clairefontaine, présentation de la liste allégée et réponses plus directes en conférence de presse : Zidane a installé une méthode qui tranche avec les dernières années de Didier Deschamps.

Sa première liste renforce cette impression. Présentée le 18 septembre 2026, elle compte cinq nouveaux joueurs, comme l’a relevé Franceinfo. Le changement dépasse donc la mise en scène, même si aucun résultat ne permet encore de parler de révolution sportive.

Une rupture visible dans la communication des Bleus

Zidane a d’abord modifié la forme. L’arrivée des internationaux ne donne plus lieu au même défilé, tandis que l’annonce de la liste s’éloigne de la longue lecture individuelle associée à son préalable. Ces détails ne gagnent pas un match, mais ils fixent l’image du nouveau cycle.

Le contraste apparaît également face aux journalistes. Le nouveau sélectionneur privilégie des réponses courtes et compréhensibles. Il peut refuser de développer un sujet, comme lorsqu’il a été évoqué sur Guillaume Restes, mais il expose plus clairement ses intentions lorsqu’il accepte d’entrer dans le fond.

Cette aisance publique accompagne un statut particulier. La Fédération Française de Football présente Zinédine Zidane comme le joueur emblématique de l’équipe de France des années 1994-2006. Ce lien ancien avec les Bleus lui donne une autorité immédiate, mais il augmente aussi les attentes placées dans chacun de ses choix.

Des choix de joueurs et de postes qui engagent déjà Zidane

Les cinq nouveaux joueurs convoqués constituent le premier signe sportif mesurable. Zidane ouvre la porte à des profils encore peu ou pas installés en sélection, au lieu de limiter son premier rassemblement à une transition prudente. Cette volonté de renouvellement devra être jugée sur le temps de jeu réellement accordé aux novices.

Le cas d’Andy Diouf illustre une approche plus expérimentale. Zidane a évoqué la possibilité de l’observateur au poste d’arrière gauche. Une telle déclaration donne une indication précise sur son projet, mais le rôle demandé au joueur, ses repères défensifs et son association avec les autres titulaires déterminantont la valeur réelle de cette idée.

Le positionnement de Kylian Mbappé concentre encore davantage l’attention. L’option d’un retour sur le côté gauche peut libérer ses accélérations et ses prises de profondeur. Elle pose aussi une question d’équilibre collectif, notamment dans les phases sans ballon et dans l’occupation de l’axe. Une intention séduisante ne suffit pas à résoudre ces contraintes.

Le terrain doit maintenant séparer la méthode de l’effet d’annonce

Les premiers changements produisent une rupture visible : nouveaux visages, communication plus directe et pistes tactiques annoncées sans détour. Zidane a rapidement installé son style, alors qu’une continuité avec l’ère Deschamps était également envisagée au moment de sa prise de fonction.

Le verdict dépendra pourtant de critères moins visibles. La capacité des novices à s’intégrer, l’utilisation d’Andy Diouf, le rôle exact de Mbappé et l’équilibre de l’équipe permettent de mesurer la profondeur du changement. Si ces décisions améliorent le jeu et les résultats, la nouvelle communication apparaîtra comme le prolongement d’un projet cohérent.

Dans le cas contraire, la rupture reste principalement esthétique. Zidane a déjà changé la manière dont les Bleus se présentent et parlent de leurs choix. Sa véritable révolution commence lorsque ces convictions produiront une équipe identifiable sur le terrain.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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