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« Est-on tombés amoureux de nous-mêmes ? » : O’Gara ironise ou presque après la lourde défaite de La Rochelle contre le Racing

Par Maxime Aulne
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La question lâchée par Ronan O’Gara après la défaite 10-20 contre le Racing 92 étau le vrai problème rochelais : deux victoires avaient masqué un jeu fragile, mais le résultat ne protège plus son groupe.

La Rochelle avait battu Toulouse puis Toulon sans totalement convaincre. Face au Racing 92, les Maritimes n’ont cette fois trouvé ni le caractère ni l’efficacité nécessaire pour compenser leurs difficultés.

Le constat du manager irlandais dépasse donc une mauvaise soirée. Énergie insuffisante, manque d’agressivité, touche défaillante et déficit de puissance constituent un avertissement beaucoup plus profond pour le début de saison rochelais.

Deux victoires avaient retardé le constat

Le succès arraché contre Toulouse avait déjà laissé Ronan O’Gara sur sa faim. Le déplacement gagné à Toulon avait montré quelques séquences plus encourageantes, sans effacer les problèmes dans la durée.

Le Racing 92 a exposé ces limites. Battue 10-20 devant son public, La Rochelle n’a pas réussi à imposer le rythme ni le combat attendu. O’Gara a résumé la prestation sans chercher à l’adoucir : « On était un peu bas en énergie, peut-être en ambition. On ne peut pas jouer comme ça devant nos supporters. On a manqué d’agressivité, de précision, de combat. C’est plus facile de dormir que de regarder le match. »

Une autre déclaration éclaire la sévérité de son analyse. Après la rencontre, le technicien a estimé qu’une équipe située « 5 à 10 % » sous son niveau payait immédiatement le prix. La Rochelle Rugby rapporte également qu’il a reconnu la supériorité du Racing dans le défi physique.

Dillyn Leyds a décrit la même impuissance depuis le terrain. Le capitaine a estimé que les Rochelais avaient passé presque toute la seconde période entre leurs 40 et leurs 22 mètres, sans trouver de réponse collective.

La touche et le manque de puissance ont étouffé La Rochelle

Les difficultés ne se sont pas limitées à l’animation offensive. Privée de ballons propres en touche, La Rochelle a perdu une grande partie de ses possibilités de lancement. Oscar Jegou a qualifié ce secteur de « cataclysmique » et a demandé qu’il soit rapidement retravaillé.

La troisième ligne n’a pas davantage épargné la prestation collective. Il a évoqué des structures mal tenues, des fautes de main sur les rares occasions de conclure et une équipe insuffisamment conquérante près de la ligne. Son verdict est net : « Il faut tous se remettre en question parce qu’on a tous été très faibles. »

Jegou occupe déjà une place importante dans le projet rochelais. Né le 31 mai 2003, il évolue au poste de troisième ligne et un contrat prolongé avec La Rochelle jusqu’en 2028, comme l’a annoncé Ouest-France . Sa prise de parole engage donc l’un des joueurs sur lesquels le club compte pour la suite.

Les absences ont encore accentué le problème. Will Skelton, Grégory Alldritt, Pierre Bourgarit, Ulupano Seuteni, Tolu Latu et Jonathan Danty n’étaient pas disponibles. Watisoni Waqanisaravi, l’une des rares réponses physiques alignées contre le Racing, est sortie à la pause après avoir été touché à la cheville.

Ronan O’Gara a lui-même parlé d’une « zone d’urgence » en deuxième ligne et au centre. Ce contexte explique une partie du déficit de puissance, mais Leyds a refusé d’en faire une excuse. Le temps était favorable et les Rochelais voulaient déplacer davantage le ballon. Ils n’y sont jamais parvenus avec assez de précision.

Le doute d’O’Gara porte désormais sur l’état d’esprit

La phrase la plus forte du manager ne concerne pourtant ni la touche ni les absents. « Est-on tombés amoureux de nous-mêmes ? » interroger directement la capacité du groupe à conserver ses exigences après deux victoires.

O’Gara ne renie pas ce qui avait fonctionné contre Toulouse et Toulon. Il mesure surtout l’occasion perdue. Une troisième victoire consécutive aurait donné de l’élan à La Rochelle. Le revers contre le Racing oblige au contraire le groupe à distinguer les résultats obtenus de la qualité réelle de ses prestations.

La question du manager révèle ainsi un doute plus brutal qu’un simple mécontentement tactique. La Rochelle croyait peut-être avoir lancé sa saison, alors que ses succès tenaient encore sur un équilibre fragile. Quand l’énergie, la conquête et la puissance ont baissé ensemble, cet équilibre a cédé.

Le déplacement à Pau doit maintenant apporter une réponse. Les retours espérés de Grégory Alldritt et Jack Nowell offriraient des solutions supplémentaires, mais le message d’O’Gara porte d’abord sur l’attitude : retrouver le combat, accepter la réalité de la prestation et remettre les exigences collectives au centre.

Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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