Le top 14 est « mangeur d’hommes », et c’est peut-être le vrai danger du XV de France à un an du Mondial selon Saint André
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Philippe Saint-André range le XV de France parmi les trois favoris du Mondial 2027, mais l’ancien sélectionneur pointe le danger qu’il connaît le mieux : un Top 14 « mangeur d’hommes », capable d’user les Bleus au mauvais moment.
A un an du coup d’envoi en Australie, l’ancien sélectionneur (2011-2015) et ex-ailier aux 69 sélections à accordé un entretien à l’AFP. Il sait ce que représente le sprint final qui précède une Coupe du monde.
Son regard sur Fabien Galthié est confiant. « Fabien Galthié, il a de la bouteille, parce que c’est son deuxième mandat d’affilié. Et là tu rentres dans le sprint final », explique-t-il, rappelant que les tests de novembre et le Tournoi des six nations 2027 ne sont que des étapes avant le Graal.
La France parmi les trois favoris
Saint-André ne se fait « pas vraiment de soucis » pour ce XV de France. « Je pense qu’on va faire partie des trois favoris avec l’Afrique du Sud et les Néo-Zélandais, qui sont en train de vraiment revenir », avance-t-il, fort des deux derniers Tournois des six nations remportés par les Bleus.
Les All Blacks reviennent dans le groupe de tête. Les Australiens, eux, joueront à domicile, mais l’ancien technicien leur voit un défaut rédhibitoire : pas « un banc et 33 joueurs de très très haut niveau ».
Un championnat « manager d’hommes »
Saint-André vante « un championnat exceptionnel », mais il ajoute aussitôt : « un peu mangeur d’hommes ». L’enchaînement des matchs du Top 14 utilise les organismes, et c’est la vraie inconnue pour les Bleus à un an de l’échéance.
L’ancien sélectionneur sait de quoi il parle : en juin 2022, à la tête de Montpellier Hérault Rugby, il a décroché le titre de champion de France, rappelle Hyfen.
Il souligne tout de même un progrès : « on a fumé le calumet de la paix entre la Ligue, la Fédération et les clubs ». Un changement net par rapport à son époque. « Moi, quand j’étais sélectionneur, ce n’était pas le cas », se souvient-il.
La profondeur d’effectif fera la différence
Saint-André insiste sur un critère : la gestion des fins de match. « Il faut avoir 33 joueurs de très très haut niveau et avoir des solutions. Le banc est primordial », appuie-t-il. C’est ce qui plombe l’Irlande selon lui, malgré des années exceptionnelles : la difficulté à passer le cap des quarts de finale.
Reste l’Angleterre, qu’il invite à ne jamais sous-estimer : « Il ya les Anglais, il faut toujours s’en méfier ». Il nuance aussitôt : sur deux ou trois ans, ils ont « moins l’habitude de gagner ».
Le constat de Saint-André tient en deux temps : la France a le talent pour viser le titre, mais son propre championnat pourrait lui coûter des forces au mauvais moment.