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Nouvelle capitaine des Bleues, Pauline Bourdon Sansus renonce à la tournée pour être près de son fils Arthur

Par Maxime Aulne
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Pauline Bourdon Sansus ne fera pas la tournée d’octobre en Nouvelle-Zélande : la nouvelle capitaine des Bleues reste auprès de son fils Arthur, 14 mois, et assume un « choix de la raison » soufflé par son sélectionneur.

La demi de mêlée du Stade Toulousain n’a pas caché la nature de sa décision. Née à Limoges, elle a commencé le rugby à 9 ans dans sa ville natale, s’est formée au Capo Limoges puis à l’USA Limoges, avant de rejoindre l’AS Bayonne en 2013 et d’y remporter deux titres de championne de France Élite 2. Depuis, elle s’est imposée comme une cadre des Bleues, jusqu’à en devenir la capitaine début 2026.

Fin septembre, la FFR a annoncé que sa capitaine resterait en France « pour raisons familiales » et demeurerait « à la disposition du groupe en cas de besoin ». Derrière cette formule officielle, il y a une décision mûrie depuis l’été et une proposition venue du sélectionneur lui-même.

Une proposition venue du sélectionneur

François Ratier a ouvert la porte cet été. Le sélectionneur des Bleues a proposé à sa demi de mêlée de ne pas faire le voyage, conscient du poids de l’éloignement et du décalage horaire pour une jeune maman. « Il m’a dit que si je participais aux trois matches de septembre en France, ce serait déjà bien », a expliqué Pauline Bourdon Sansus. « Lui aussi a eu des enfants. Il sait que c’est compliqué d’être loin de sa famille. »

La joueuse n’avait pas osé poser la question. « Je sais que le rugby reste mon travail, donc je ne me voyais pas trop lui poser la question », a-t-elle reconnu. La proposition du coach, arrivée dans une « discussion très bienveillante », l’a convaincue. « J’ai fait le choix de la raison. Le côté familial rentre un peu plus en compte qu’auparavant. »

Son quotidien des dernières années explique ce besoin de souffler. Sept jours après la naissance d’Arthur, elle partait disputer la Coupe du monde. Puis trois mois à la maison, le Tournoi, et le WXV. « Dans une carrière, c’est bien de pouvoir profiter de nos proches quand on le peut », estime-t-elle.

Une capitaine qui apprend à faire confiance

Renoncer à la Nouvelle-Zélande n’a rien d’un renoncement sportif. Elle a porté le brassard pour la première fois ces dernières semaines et assume ce rôle sans se renier. « C’est une fierté. Mais ça n’a pas trop changé ma façon d’être », glisse-t-elle. Une communication plus ouverte avec le groupe et le staff, rien de plus. « J’avais déjà ce rôle de manière assez naturelle. »

Surtout, elle quitte un groupe en confiance. Quatrièmes au classement mondial, les Bleues restent sur deux victoires lors du WXV, dont un 21-5 face au Canada, vice-championnes du monde. « Ça faisait très longtemps qu’on n’avait pas battu une nation du top 3 », rappelle-t-elle, elle qui juge ce succès « plus construit » que l’exploit 18-17 en Nouvelle-Zélande trois ans plus tôt. « Il nous manque pas mal de joueuses et, finalement, on arrive à faire de grosses performances. La mayonnaise prend un peu plus. »

Ce que dit ce choix sur les Bleues

La capitaine assume la portée de sa décision. « On voit moins ce genre de choses chez les garçons », observe-t-elle, en pointant les arrangements plus rares côté féminin pour accueillir les familles auprès du groupe. Elle cite le précédent d’Agathe Gérin, dont la fille avait pu être auprès d’elle en équipe de France. « Je trouve ça plutôt bien qu’on arrive à concilier les deux. »

Son message aux Bleues qui s’envolent pour les trois tests d’octobre face aux Black Ferns est clair : ne pas redescendre. « Notre standard, ça doit rester ce match contre le Canada. Maintenant, il faut qu’on soit une équipe qui fasse peur à notre adversaire à chaque fois. »

En restant en France, la capitaine dit sa confiance dans un groupe « en train de passer un cap », et revendique son « choix de la raison ».

Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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