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« Même si tu es un des meilleurs joueurs du monde, tu peux encore progresser » : la leçon du staff de l’UBB à Bielle-Biarrey

Par Nicolas Berthaud
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Dépanneur au poste de demi de mêlée face au LOU, Louis Bielle-Biarrey s’est fait rappeler par le staff de l’UBB qu’être l’un des meilleurs joueurs du monde ne dispense pas de progresser.

L’Union Bordeaux-Bègles a enchaîné un nouveau bonus offensif en dominant Lyon 51-28. Une victoire portée par Maxime Lucu, sortie à la 47e minute sous l’ovation de Chaban-Delmas, et par un Bielle-Biarrey complet sur son aile.

Puis le staff s’est improvisé. Après le carton jaune reçu par Martin Page-Relo (67e), l’ailier international s’est glissé au poste de demi de mêlée pour finir le match. Le dépannage a donné lieu à une scène rare en conférence de presse.

À la mêlée, Bielle-Biarrey à découvert un autre métier

À 23 ans, Louis Bielle-Biarrey est un ailier pur, pas un numéro 9. Il a mis du temps à se placer, au point que le banc a dû lui crier la consigne depuis le bord de touche. Lucu, de son côté, n’a pas laissé passer l’occasion.

« En 9, il a mis du temps à y aller, alors qu’on le lui criait du bord de touche, a chambré le demi de mêlée. Il n’entendait pas, ou il était occis… Mais il s’est dit qu’enchaîner les rucks, ce n’était pas facile. Pour ce poste, il a encore le cardio à travailler ! »

Noel McNamara, l’entraîneur de l’attaque, a distribué un mauvais point, lui aussi : « Il n’a pas fait un bon job quand il est rentré en 9. Il a fait une faute qui a provoqué un bras cassé contre nous sur une touche (77e). Même si tu es un des meilleurs joueurs du monde, tu peux encore progresser ! »

Sur l’aile, il a quand même signé un match plein

Les moqueries s’arrêtent là. Pour le reste, l’ailier a rappelé pourquoi il est considéré parmi les meilleurs. Après deux journées sans jouer, il a eu le gaz pour peser dans le jeu courant, dézoner et relayer derrière la cellule d’avants.

Il a lancé Rayasi à l’essai d’une énorme passe sautée (19e), puis a inscrit le sien au bout d’une action interminable de plus de trois minutes, conclue d’un petit coup de pied par-dessus pour lui-même (27e). On l’a aussi vu multiplier les cours de réplique défensif pour sauver des coups (56e).

Lucu reste le patron, et il l’a prouvé

Le dépannage n’a pas fait d’ombre au patron de la mêlée. Maxime Lucu a trouvé deux 50-22, dont un déposé malicieusement dans le dos de Jiuta Wainiqolo qui a débouché sur un essai (34e). Il a surtout déclenché l’action la plus folle du match : une pénalité jouée vite dans ses 22 mètres, un rush sauvage de vingt secondes et l’essai de Cameron Woki (6e).

Lucu voulait aussi effacer le visage entrevu à Perpignan la semaine précédente (38-25), où le collectif s’était abîmé dans l’approximation. McNamara l’a salué d’une phrase bien française : « Pour sa prestation, j’ai eu une phrase dans ma tête, vraiment française : « comme d’hab » ! Il trouve des 50-22, il plaque, il crée l’espace pour les autres… »

Ce statut parmi les figures majeures du rugby français, Lucu ne l’a pas bâti en un jour. Jusqu’à ses 26 ans, il a évolué en Pro D2 avant de rejoindre l’Union Bordeaux-Bègles en 2018, comme le retraçait Le Nouvel Obs.

Bielle-Biarrey, lui, reste l’ailier machine à marquer. Il ne contestera pas tout de suite la place de Lucu. Mais la leçon est posée : même le meilleur a encore de la marge.

Auteur

Nicolas Berthaud

Journaliste sportif. J'ai construit la rubrique paris sportifs de MVZ Sports entre 2023 et 2025 : comparatifs d'opérateurs agréés, guides pratiques et couverture football et MMA.

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