Le Tour 2027, « un plus » mais pas une priorité : comment Paul Seixas repense déjà sa saison
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Paul Seixas pourrait faire l’impasse sur le Tour de France 2027 pour arriver au sommet de sa forme aux Mondiaux de Sallanches, tracés à quelques kilomètres de la maison de ses grands-parents.
Le prodige de Decathlon-CMA CGM n’était pas au Palais des Congrès jeudi pour l’annonce du parcours de la Grande Boucle, mais il en a déjà épluché le programme. De quoi nourrir sa réflexion sur sa présence au Grand Départ d’Édimbourg, le 2 juillet prochain.
L’hypothèse peut surprendre, elle est pourtant bien réelle. Les Championnats du monde de Sallanches, fin août, sont sa priorité absolue depuis au moins deux ans. Et le calendrier lui laisse cette fois une marge bien plus étroite qu’en 2026.
Sallanches, une priorité intime érigée en objectif de carrière
Pour Paul Seixas, les Mondiaux de Sallanches ne sont pas un rendez-vous comme les autres. Le parcours passe non loin de la maison de ses grands-parents, sur des routes chargées de souvenirs d’enfance. La course en ligne, programmée le dimanche 29 août 2027, est un objectif majeur à l’échelle de sa jeune carrière.
Le Lyonnais a les jambes pour y croire. À 20 ans, il sort d’une saison 2026 marquée par une quatrième place sur le Tour et une victoire au Tour de Lombardie début octobre. Arriver à son meilleur niveau à Sallanches, chez lui, passe peut-être par un calendrier sans la Grande Boucle.
Cinq semaines de battement, un calendrier plus serré qu’en 2026
L’été dernier, le scénario avait déjà laissé des traces : Seixas avait terminé le Tour totalement épuisé, physiquement et moralement. Neuf semaines de répit l’avaient néanmoins séparé des Mondiaux de Montréal, où il avait pu s’aligner.
En 2027, l’équation se durcit. Cinq semaines seulement sépareront l’arrivée du Tour de la course en ligne de Sallanches. Même avec ses 20 ans et une récupération qui impressionne, la déperdition de forces semble quasi inévitable. Faire l’impasse sur la Grande Boucle devient une option sérieuse, pas une provocation.
Le Tour, « un plus » pour les partenaires, pas une obligation
Sur le plan économique et médiatique, l’absence de Seixas sur le Tour poserait un vrai cas de conscience. Pour Decathlon et CMA CGM, aligner la nouvelle pépite du cyclisme français sur la plus grande course du monde reste une vitrine exceptionnelle et un levier de retombées sans équivalent.
La direction de la formation nordiste écarte pourtant toute pression. « Pour le grand public, ça peut paraître une évidence qu’il fasse le Tour. Pour l’équipe et pour Paul, un travail de réflexion va être mené pour faire le meilleur programme possible. La seule chose certaine aujourd’hui, ce sont les Mondiaux chez lui », a confié Mathieu Charpentier, directeur général délégué de Decathlon-CMA CGM, à L’Équipe.
Le dirigeant tranche sur la hiérarchie des priorités. « Nos partenaires nous feront entièrement confiance. L’ensemble des retombées sur le Tour avec Paul est un plus, c’est certain. Mais il n’y a pas d’ingérence et c’est tout à leur honneur. » La présence de Seixas sur un Grand Tour en 2027 est actée, sans que l’épreuve soit encore choisie. Le Giro au printemps ou la Vuelta pourraient servir de tremplin vers Sallanches.
Un scénario d’autant plus crédible que l’équipe a musclé son effectif autour de son leader : Decathlon-CMA CGM a annoncé le 20 octobre les arrivées de Ben O’Connor, Pavel Sivakov et Laurens De Plus.