Cassandre Beaugrand : la meilleure triathlète du monde explique que son titre mondial ne vient pas d’un surplus d’entraînement, mais d’un « bol d’air frais » pris loin du triathlon
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Cassandre Beaugrand a décroché son deuxième titre mondial de triathlon en 2026 sans empiler les séances, en allant chercher un « bol d’air frais » loin des trois disciplines.
La saison 2026 de la Française de 29 ans tient de la démonstration. Cinq courses, cinq victoires sur les épreuves de championnats du monde auxquelles elle a participé, et une deuxième couronne mondiale . La championne olympique de Paris ne doit pourtant pas ce sans-faute à un volume de travail supplémentaire, mais à une décision simple : revenir courir pour le plaisir, là où elle a grandi.
« La saison dernière avait été difficile physiquement et mentalement, explique-t-elle. Cette année, j’ai voulu tester de nouvelles choses pour me changer un peu les idées, avoir un bol d’air frais. »
Un « bol d’air frais » plutôt qu’un surplus d’entraînement
La méthode Beaugrand tient en une phrase : courir sans regarder la montre. « Ça va peut-être surprendre des gens, mais je fais mes footings à 5 minutes par kilomètre, confie-t-elle. Pour moi, un pied est un pied. Je ne regarde pas ma montre. »
Loin du réflexe qui consiste à empiler les bornes pour progresser, Beaugrand a surtout cherché à s’aérer la tête, en s’alignant sur des épreuves de course à pied disputées « pour prendre du plaisir ».
Trois records de France, et un préjugé qui tombe
Le paradoxe tient en une ligne : en levant le pied, elle a accéléré. Beaugrand s’est offert trois nouveaux records de France en 2026, sur 3000 mètres à Monaco, sur 5000 mètres à Nice et sur 10 km sur route à Lille.
Sur 3000 m, elle a couru en 8’32″86. Sur 5000 m, en 14’40″77. Des chronos qui ont effacé des records vieux de plus de vingt ans. De quoi tordre le cou au préjugé tenace qui colle au triathlon.
« On entend souvent dire que l’on devient triathlète lorsque l’on n’est pas excellent en course à pied, en cyclisme ou en natation, sourit-elle. C’est que c’est agréable de montrer qu’on peut être bon dans les trois sports tout en excellent dans l’un d’eux. »
Un retour au premier amour, et 2027 déjà en tête
Ce retour à l’athlétisme tient à une évidence. « La course à pied, c’était mon premier sport, rappelle-t-elle. J’ai toujours baigné dedans. » Elle suivait alors son père, Ludovic, entraîneur d’athlétisme, dont elle observait les athlètes internationaux. Sa mère, Laure Guillevin, était elle-même une spécialiste du demi-fond.
La Tricolore a été pensionnaire du club de Livry-Gargan Athlétisme de 2006 à 2011, avant de rejoindre l’AS Monaco Athlétisme en 2012, comme le rapporteur les archives d’ Orange Sports . À 24 ans, elle disputait déjà à Tokyo ses deuxièmes Jeux Olympiques, comme le rappelle le site officiel olympique . L’or de Paris, en 2024, a ensuite transformé l’essai.
Le plaisir retrouvé, elle compte bien garder la recette. Beaugrand conservera un programme similaire en 2027, avant d’aménager son année olympique en vue de la défense de son titre à Los Angeles. « L’année dernière, la saison était longue, j’avais l’impression de ne pas en voir le bout, décrit-elle. Cette année, elle a filé parce que je me suis amusée. »
Sur 3000, 5000 ou 10 000 mètres, on la reverra affoler les chronos. Les semi-marathons et marathons, eux, attendront. « Ça, ça me paraît plus lointain, mais je ne vais pas dire « jamais ». » Elle n’en a de toute façon pas besoin pour être incomparable.