« Il m’en manque à la fin » : derrière la frustration de Gressier, une leçon avant le 10 000 m
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Jimmy Gressier n’a pas seulement perdu une médaille sur le 5 000 m : il a aussi laissé une indication claire sur ce qu’il devra changer avant le 10 000 m.
Quatrième du 5 000 m aux Championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham, Jimmy Gressier a terminé au pied du podium après avoir longtemps pris ses responsabilités en tête de course. Une place frustrante, d’autant plus qu’il a eu le sentiment d’avoir encore des jambes.
Sa phrase résume tout : « Ce soir, c’est moi qui ai fait le boulot dans les derniers tours, et il m’en manque à la fin. » Elle dit la déception, mais aussi le vrai sujet de sa course : la gestion de l’effort, au moment où chaque relais coûte cher.
Une quatrième place qui pèse lourd
Jimmy Gressier n’a pas cherché à masquer sa déception après l’arrivée. « Je suis un peu dépité », at-il reconnu après cette 4e place sur 5 000 m. Le Français a mené une bonne partie de la course, dans un scénario où il a senti que le rythme et les contacts pouvaient piéger plusieurs coureurs.
Son analyse est assez froide. Il s’est senti bien, il a pris les devants, mais il a aussi admis qu’il aurait peut-être dû patienter davantage. Le problème, dans ce type de course de championnat, c’est que la meilleure jambe ne suffit pas toujours. Le placement, l’abri et le moment choisi pour produire son effort comptent autant que la forme pure.
Gressier l’a dit lui-même : quand il passe devant, il n’a plus l’aspiration. Et lorsqu’un adversaire le dépasse, la crispation arrive. Sur une finale serrée, ce détail peut transformer un parcours de médaille en quatrième place.
Le vrai signal avant le 10 000 m
La partie la plus importante de sa réaction concernée peut-être la suite. Gressier a parlé du 10 000 m comme d’une occasion de se remettre, mais pas seulement avec l’envie de courir plus fort. Il a surtout évoqué une « meilleure tactique », avec l’idée de rester davantage caché et de laisser les autres faire.
C’est là que la leçon devient concrète. Sur 10 000 m, faire le travail trop tôt peut coûter encore plus cher que sur 5 000 m. Un coureur qui assume les relais, qui casse le vent et qui contrôle les mouvements utilisent de l’énergie que les autres conservent pour le dernier kilomètre.
Exemple simple : si Gressier se retrouve dans un groupe compact à cinq ou six tours de l’arrivée, le choix ne sera pas seulement d’accélérer ou non. Il devra décider s’il prend la course à son compte, ou s’il accepte de rester protégé, quitter à patienter derrière un adversaire. Ce scénario peut faire la différence entre arriver lancé dans le sprint ou manquer de fraîcheur dans les 200 derniers mètres.
Sa phrase « je sais que je ne suis pas moins fort » va dans ce sens. Gressier ne décrit pas une faillite physique. Il parle plutôt d’un effort mal payé, d’une course où il a beaucoup donné avant que la médaille se joue.
Une usure mentale aussi importante que les jambes
Le Français a aussi ouvert une autre piste : la fatigue mentale. Il a expliqué avoir vécu des derniers temps difficiles à l’entraînement, avec moins de plaisir, des étapes loin de chez lui et les émotions accumulées après les Championnats du monde.
Ce point compte, car il éclaire sa course autrement. Être physiquement prêt ne garantit pas d’avoir la lucidité parfaite dans les dernières tournées. Quand la fatigue mentale s’installe, le bon choix devient tactique plus dur à prendre : partir devant, temporiser, répondre à une attaque, garder une place dans le groupe.
La frustration de Birmingham n’efface donc pas son niveau. Elle pose une question très précise avant le 10 000 m : comment garder assez de calme et d’économie pour ne pas refaire le boulot des autres au mauvais moment ?
Il y a aussi une note positive dans cette soirée. Gressier a salué la médaille de bronze d’Étienne Daguinos, preuve que le demi-fond français a pesé dans cette finale. Mais pour lui, la course laisse surtout un goût d’inachevé. Pas une alerte rouge. Plutôt un rappel brutal : dans un championnat, la force doit rester disponible au moment exact où la médaille se décide.