Cyclisme

Après un Tour terminé sur les rotules, Paul Seixas choisit une autre route vers les Mondiaux

Par Gilles Marchetti
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Paul Seixas ne prolonge pas son été par une Vuelta : après un Tour de France terminé au bout de l’effort, le Français préfère reconstruire sa fin de saison autour des Mondiaux.

À 19 ans, Paul Seixas a déjà coché une ligne rare pour un coureur de son âge : un premier Tour de France bouclé au pied du podium. Une 4e place qui change forcément le regard porté sur lui, mais qui ne gomme pas l’usure laissée par trois semaines aussi exigeantes.

La suite de son calendrier raconte autre chose qu’une simple montée en puissance. Seixas ne va pas empiler les grands rendez-vous pour surfer sur son été. Il renonce à la Vuelta et se tourne vers les classiques canadiens, puis les championnats du monde du cyclisme. Une trajectoire plus prudente, mais aussi plus lisible.

Pas de Vuelta pour Paul Seixas, un choix qui en dit long

Le parallèle était tentant. Après un Tour réussi, certains coureurs choisissent de repartir très vite sur un autre grand tour. Tadej Pogacar est cité dans cette logique, avec une approche bien différente. Paul Seixas, lui, prend une autre direction.

Son choix n’a rien d’anodin. La Vuelta aurait offert une nouvelle scène, une nouvelle exposition, peut-être même une nouvelle occasion de confirmer. Mais elle aurait aussi imposé une charge énorme à un coureur qui sort de son premier Tour de France complet.

La phrase la plus importante vient de Seixas lui-même. Après de WielerFlits, le Français a expliqué qu’après le Tour, il était « complètement épuisé ». Il ajoute toutefois se sentir déjà mieux, avec même l’impression d’avoir gagné un peu de force.

C’est là que son programme prend du sens. La coupure, le temps passé avec sa famille et ses amis, puis la reprise progressive vers les Mondiaux ne ressemblent pas à un recul. Cela ressemble plutôt à une gestion de carrière. Surtout pour un coureur que son équipe, Decathlon CMA CGM, a tout intérêt à protéger autant qu’à exposer.

Les Mondiaux plutôt que l’urgence de confirmer

Paul Seixas ne disparaît pas du paysage pour autant. Sa fin de saison reste ambitieuse, avec les classiques canadiens puis les championnats du monde comme horizon. La nuance est importante : il ne freine pas par manque d’objectif, il réoriente son effort.

Dans sa déclaration, Seixas dit commencer doucement à penser aux Mondiaux. Le mot compte. Il ne parle pas d’une revanche immédiate, ni d’un calendrier à avaler coûte que coûte. Il évoque une progression attendue par rapport au Tour de France, ce qui cadre mieux avec son âge et avec la nature de sa saison.

Le cas concret est simple : pour un jeune coureur qui vient de terminer 4e de son premier Tour, la tentation serait de tout rejouer tout de suite. Une Vuelta, une place de leader, un nouveau coup médiatique. Mais le risque existe aussi : arriver émoussé, perdre en fraîcheur et transformer une saison déjà réussie en fin de parcours subie.

En sélectionnant une route plus courte vers les Mondiaux, Seixas garde une forme de contrôle. Les classiques canadiens peuvent servir de montée en régime. Les Mondiaux deviennent le vrai point de projection. Et son Tour, au lieu d’être un tremplin vers la surcharge, devient une base de travail.

Une apparition aux Gets avant de relancer la machine

Avant de replonger pleinement dans sa préparation, Paul Seixas garde aussi un pied dans un cyclisme plus large que la route. Il est attendu aux Gets, où se déroule la 7e étape de la Coupe du monde de VTT cross-country. Mathieu van der Poel fait partie des noms annoncés sur ce cours.

Le Dauphiné Libéré rapporte que Seixas doit assister à l’événement, avec même la possibilité de faire retenir la cloche du dernier tour. Le détail est à confirmer sur la source originale, mais il colle à un moment de respiration dans son calendrier.

Ce passage aux Gets n’est pas seulement une parenthèse locale. La station semble familière au coureur, et cette présence raconte aussi une reprise sans pression immédiate. Après avoir donné le coup d’envoi d’Annecy-Rodez en Ligue 2 le week-end précédent, Seixas reste visible, mais loin de l’intensité d’un grand tour.

Pour MVZ Sports, le vrai sujet est là : Paul Seixas entre dans une phase où chaque choix de calendrier va compter. Son Tour a validé un niveau. Sa fin de saison dira maintenant comment il digère ce nouveau statut. S’il arrive aux Mondiaux avec de la fraîcheur, son renoncement à la Vuelta pourrait vite passer pour une décision mûre plutôt qu’un rendez-vous manqué.

La route choisie est moins bruyante. Elle est peut-être aussi plus intelligenteVoir le code HTML brut





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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