Avec le projet Seixas, le cyclisme français a enfin une équipe dans le top mondial, mais presque tout le reste s’effondre
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Decathlon CMA CGM tient enfin une place qui pèse dans le cyclisme mondial, mais le classement UCI raconte aussi une autre histoire : derrière le projet porté par Paul Seixas, le reste du peloton français reste très loin du compte.
Le signal est fort pour le cyclisme français. Avec 14 948 points au classement UCI par équipes, Decathlon CMA CGM s’installe dans le top 5 mondial et consolide une 4e place qui change son statut.
Ce n’est pas seulement une ligne dans un classement. Pour garder Paul Seixas au cœur du projet au-delà de 2027, l’équipe française doit prouver qu’elle peut l’entourer comme une grande formation. À 19 ans, le coureur lyonnais porte déjà les regards des plus grosses écuries.
Mais le même classement remet vite les choses en place. Décathlon avance, oui. UAE Emirates XRG reste très loin devant. Et derrière Decathlon, les autres équipes françaises se décrochent nettement.
Decathlon CMA CGM a changé de catégorie
La 4e place de Decathlon CMA CGM confirme une vraie montée en puissance. L’équipe compte 14 948 points, derrière UAE Emirates XRG, annoncé à 23 751 points, Red Bull-BORA-hansgrohe à 18 690 points et Visma-Lease a Bike à 16 788 points.
Le podium n’est donc pas inaccessible sur le papier. L’écart avec Visma reste important, mais il n’a rien à voir avec le gouffre qui sépare encore Decathlon du leader UAE. C’est toute la nuance : l’équipe française peut viser plus haut, sans être encore au niveau de la référence absolue.
Paul Seixas apparaît évidemment dans cette conférence. Sa 4e place sur la Grande Boucle 2026 a renforcé son statut et placé Decathlon dans une position nouvelle : celle d’une équipe qui ne doit plus seulement révéler un talent, mais construire autour de lui.
Le classement récompense aussi un collectif. Felix Gall, Tobias Lund Andresen, Olav Kooij, Paul Lapeira, Léo Bisiaux, Pierre Gautherat ou Noa Isidore sont des cités parmi les coureurs qui ont alimenté cette dynamique. C’est précisément ce qui distingue une vraie équipe de haut niveau d’un simple projet centré sur un seul nom.
Le départ de Felix Gall rappelle la fragilité du projet
Le cas Félix Gall reprend bien le paradoxe Decathlon. L’Autrichien a rapporté des points importants en remportant le Tour de Burgos, présenté comme son premier succès en carrière. Il est également décrit comme un lieutenant majeur de Paul Seixas.
Problème : il doit rejoindre Lidl-Trek à l’issue de la saison. Et Lidl-Trek n’est pas un concurrent abstrait. L’équipe est indiquée 5e du classement avec 13 425 points, juste derrière Decathlon CMA CGM.
Le scénario est simple. Si Gall brille encore sur la Vuelta, il peut aider Decathlon à consolider sa place cette saison. Mais son départ pose une question très concrète pour l’année suivante : qui accompagne Seixas quand la pente devient trop dure, quand UAE ou Red Bull-BORA-hansgrohe empilent les dirigeants et les équipiers de luxe ?
C’est le cas lecteur le plus parlant pour comprendre l’enjeu. Un supporter français peut se réjouir de voir une équipe tricolore 4e mondiale. Mais s’il se projette sur un grand tour, il sait que le classement ne suffit pas : il faut une garde rapprochée, des grimpeurs fiables, des coureurs réguliers et une profondeur d’effectif sur trois semaines.
Le reste du cyclisme français reste dans le dur
La bonne nouvelle Decathlon masque mal le décrochage des autres formations françaises. Groupama FDJ United, autre équipe tricolore estampillée WorldTour, est annoncée seulement 20e. Cofidis est indiqué 19e, Unibet Rose Rockets 21e et TotalEnergies 22e.
Cette photographie est brutale. Elle montre que la France possède désormais une locomotive crédible au niveau mondial, mais pas encore un bloc d’équipes capables de peser ensemble dans la hiérarchie internationale.
Le règlement du classement renforce cette impression. L’UCI prend en compte les points obtenus par les 20 meilleurs coureurs des équipes sur les deux dernières saisons. Ce n’est donc pas un simple classement d’un week-end ou d’un cours réussi. Il mesure la densité, la régularité et la capacité à marquer partout.
Dans cette logique, Decathlon CMA CGM donne enfin au cyclisme français un point d’appui très solide. Mais le contraste avec les autres équipes françaises est presque aussi important que sa progression. Le projet Seixas avance vite ; le chantier autour du cyclisme tricolore, lui, reste immense.