Cyclisme

« Ça change tout » : Après la fin de saison de Pogi, Paul Seixas peut rêver plus grand aux Mondiaux, mais Hinault sort un nom que personne ne devrait oublier

Par Nicolas Berthaud
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement

Sans Tadej Pogacar, les Mondiaux de Montréal changent de visage : Bernard Hinault voit une course beaucoup plus ouverte, où Paul Seixas peut entrer dans le jeu plus tôt que prévu.

La phrase est courte, mais elle pèse lourd : « Ça change tout ». Pour Bernard Hinault, le forfait de Tadej Pogacar pour la fin de saison modifie l’équilibre des Championnats du monde de cyclisme prévus au Canada.

À Montréal, le cours en ligne masculin doit se tenir le dimanche 27 septembre, au pied du Mont Royal. Avec Pogacar au départ, le scénario aurait été beaucoup plus verrouillé. Sans lui, Hinault voit une liste de prétendants nettement plus large, avec Paul Seixas parmi les noms capables de profiter de cette ouverture.

Le forfait de Pogacar ouvre une course que beaucoup voyaient déjà fermée

Tadej Pogacar est présenté comme forfait pour le reste de la saison, après une fracture de la clavicule survenue lors d’une chute sur la Vuelta. Cette absence retire aux Mondiaux leur repère le plus évident : le double tenant du titre ne sera pas là pour contrôler la course, durcir les débats ou faire exploser le peloton au moment choisi.

Pour Hinault, c’est précisément ce point qui change la lecture de l’épreuve. Sans l’épouvantail slovène, la course ne tourne plus autour d’un seul homme. Elle devient plus ouverte, plus nerveuse, avec davantage de coureurs autorisés à croire à leur chance.

Le Breton parle d’au moins quinze coureurs capables de gagner. Dans cette liste, il cite Paul Seixas, Del Toro, Finn ou encore Remco Evenepoel. Le message est clair : Montréal ne se résume plus à attendre l’attaque du favori principal. Le titre mondial peut se jouer sur une initiative, une alliance de circonstance ou une journée parfaite.

Paul Seixas peut profiter du vide laissé par le grand favori

Paul Seixas n’arrive pas dans la position d’un favori installé. C’est justement ce qui rend le dossier intéressant. Dans une course dominée par Pogacar, son rôle aurait sans doute été plus contraint. Avec le Slovène absent, la marge tactique augmentée pour les outsiders et les jeunes coureurs capables de surprendre.

Hinault ne dit pas que Seixas devient le coureur à battre. Il le place dans le groupe de ceux qui peuvent jouer gros si le déroulé de course bascule dans le bon sens. La nuance compte : Seixas a une ouverture, pas une garantie.

Ce type de Mondial peut convenir à un coureur qui n’a pas encore toute la pression d’un leader unique. Si les grandes nations hésitent, si les favoris se marquent, si la course se fragmente dans les dernières ascensions, un profil plus audacieux peut trouver une fenêtre. C’est cette fenêtre que Hinault semble pointer.

Le regard de Hinault a aussi un poids particulier. L’Encyclopédie Universalis rappelle qu’il fut champion de France en 1978, champion du monde en 1980 et vainqueur à cinq reprises du Grand Prix des nations, en 1977, 1978, 1979, 1982 et 1984. Quand il parle d’une course mondiale ouverte, il parle depuis une expérience rare de ces rendez-vous où le statut ne suffit jamais.

Carapaz, Evenepoel, Del Toro : Hinault voit surtout un Mondial piégeux

Paul Seixas n’est pas le seul nom avancé. Hinault glisse aussi celui de Richard Carapaz, avec une formule qui résume bien le danger : un guerrier qui attaque, prend des coups, mais reste présent. L’Équatorien possède le profil du coureur capable de casser une course qui apparaît encore contrôlable.

Carapaz a aussi pour lui une référence forte : son titre olympique. Sur une course d’un jour, avec un parcours exigeant et une densité élevée, ce passé compte. Hinault ne le présente pas comme une curiosité, mais comme un candidat sérieux à ne pas oublier.

Remco Evenepoel, Del Toro et Finn complètent ce paysage beaucoup moins lisible. Leur présence dans la même phrase que Seixas dit bien le nouveau rapport de force : personne ne récupère automatiquement la place de Pogacar. Le vide laissé par le champion slovène crée plutôt une zone d’incertitude, où plusieurs profils peuvent se convaincre que le maillot arc-en-ciel est accessible.

Pour Seixas, l’intérêt est là. Il n’a pas besoin d’être désigné numéro favori un pour exister dans ce cours. Il doit seulement arriver dans le bon tempo, ne pas subir les grandes manœuvres et saisir le moment où les favoris plus attendus commencent à se regarder. C’est peu, et c’est énorme à la fois sur un Mondial.

La phrase de Hinault tient donc moins de l’effet d’annonce que du signal tactique : sans Pogacar, Montréal devient une course plus ouverte, plus dangereuse, et peut-être plus favorable à ceux qui n’auraient pas eu autant d’espace dans un scénario classique.

Auteur

Nicolas Berthaud

Journaliste sportif. J'ai construit la rubrique paris sportifs de MVZ Sports entre 2023 et 2025 : comparatifs d'opérateurs agréés, guides pratiques et couverture football et MMA.

Voir ses articles