« Il a remis la France à la place qu’elle mérite au niveau du vélo » : Thomas Voeckler salue carrière de Alaphilippe
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Pour Thomas Voeckler, la carrière de Julian Alaphilippe dépasse ses deux maillots arc-en-ciel : elle a rendu sa fierté au cyclisme français et ouvert la voie à une nouvelle génération.
Le sélectionneur des Bleus mesure cet héritage de près. À la tête de l’équipe de France de cyclisme depuis 2019, il a accompagné Alaphilippe lors de ses titres mondiaux obtenus à Imola en 2020 puis à Louvain en 2021.
Au moment d’évoquer la fin de carrière de son ancien leader, Voeckler a choisi des mots qui placent ces deux victoires dans une histoire plus large : celle du retour de la France au sommet et de la transmission vers des coureurs comme Paul Seixas.
Deux titres mondiaux qui ont changé la place du cyclisme français
« Il a remis la France à la place qu’elle mérite au niveau du vélo », a déclaré Thomas Voeckler en marge de l’annonce de sa sélection pour les Championnats du monde. Son hommage ne repose pas uniquement sur un palmarès. Il vise l’effet produit par Alaphilippe sur toute une équipe et sur le public français.
Le scénario des Mondiaux renforce cette lecture. Alaphilippe s’est imposé à Imola en 2020, avant de conserver son maillot arc-en-ciel à Louvain en 2021. Deux succès consécutifs vécus sous la direction de Voeckler, dans une période où l’équipe de France avait construit sa stratégie autour de ses qualités offensives.
« En équipe de France, notamment, il a donné, à toutes et tous, chaque Français, de la fierté », a poursuivi le sélectionneur. Cette fierté constitue le cœur de son hommage. Alaphilippe n’a pas uniquement gagné pour lui-même : ses attaques et ses deux titres ont redonné au maillot bleu une place centrale dans les grandes courses internationales.
Voeckler refuse d’ailleurs de réduire cette carrière à quelques résultats. « Julian, je ne vais pas en dire trop parce que je n’en dirais pas assez », at-il confié, avant d’ajouter que les mots ne suffiraient pas à lui rendre hommage.
De Julian Alaphilippe à Paul Seixas, une transmission assumée
La portée de cette carrière se lit aussi dans le regard porté sur la génération suivante. Thomas Voeckler a cité directement Paul Seixas pour expliquer ce qu’Alaphilippe avait transmis au cyclisme français : « Si on a ces gars-là, comme Paul Seixas, c’est parce qu’on a eu Alaphilippe avant qui a fait tout ce qu’il a fait. »
Le rapprochement est fort. Il ne présente pas Seixas comme une copie d’Alaphilippe, mais comme l’un des coureurs ayant grandi dans un paysage transformé par ses victoires. Le Français est désormais installé parmi les principaux visages de la relève. Franceinfo le présente comme quatrième du dernier Tour de France et comme le leader choisi par Voeckler pour les Mondiaux de Montréal.
Cette continuité donne tout son sens à la phrase du sélectionneur. Les deux maillots arc-en-ciel ont offert des résultats immédiats à la France, mais ils ont également créé un repère pour les jeunes coureurs. Alaphilippe a montré qu’un Français pouvait assumer le statut de favori, attaquer pour gagner et enchaîner deux titres mondiaux.
Voeckler construit désormais son équipe autour d’un autre leader, sans effacer la trace du précédent. Le passage d’Alaphilippe à Seixas raconte ainsi une transmission sportive autant qu’un changement de génération.
Une fin de carrière décidée avant la dernière sélection imaginée par Voeckler
Thomas Voeckler connaissait le projet d’Alaphilippe avant son annonce publique. Le coureur l’avait mis dans la confiance pendant le Tour et lui avait expliqué son intention de mettre un terme à sa carrière.
Le sélectionneur avait pourtant envisagé une dernière mission sous le maillot français. Il souhaitait emmener Alaphilippe aux Championnats d’Europe en Slovénie, prévu le 4 octobre, avec un rôle de capitaine de route. L’idée avait intéressé le double champion du monde, qui a finalement choisi de ne pas prolonger sa saison jusque-là.
Cette décision intervient avant l’échéance sportive initialement prévue. Sport365 a indiqué que son contrat avec la formation Tudor courrait jusqu’en 2027 . Son arrêt ne correspond donc pas simplement à la fin d’un engagement contractuel.
L’hommage de Voeckler fait référence à une période majeure pour les Bleus. Imola en 2020 et Louvain en 2021 restent les sommets visibles, mais son propose insiste surtout sur ce qu’Alaphilippe laisse derrière lui : une équipe de France redevenue ambitieuse, une fierté collective et une génération qui peut désormais viser haut sans considérer ces succès comme inaccessibles.