« J’ai l’impression que mon vélo va casser en deux » : Benjamin Thomas (dernier de la course) raconte son Enfer du Nord

Benjamin Thomas

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Publié le avril 14, 2026

Benjamin Thomas avait terminé dernier de Paris-Roubaix dimanche dernier, mais son témoignage révèle le récit brut d’un cycliste découvrant l’enfer des pavés sans préparation.

Engagé vendredi en dépannage suite aux blessures de ses coéquipiers, Benjamin Thomas n’avait jamais participé à Paris-Roubaix et n’a pas eu le temps de reconnaître les secteurs pavés. Ce témoignage offre une perspective rare : celle de quelqu’un qui découvre la course la plus brutale du calendrier sans filet de sécurité.

« Mon vélo va casser en deux » : la découverte choc de l’Enfer du Nord

« J’ai l’impression que mon vélo va casser en deux », confiait Benjamin Thomas (Cofidis) lundi, au lendemain de sa première participation à Paris-Roubaix. Le coureur de 30 ans, spécialiste des courses par étapes, découvrait dimanche l’univers impitoyable des pavés nordistes.

Engagé en urgence vendredi pour remplacer des coéquipiers blessés, Thomas n’avait aucune expérience des secteurs pavés. Pas de reconnaissance préalable, pas de préparation spécifique. « La Trouée d’Arenberg, quand je découvre l’état du truc, je me demande comment on fait pour que les vélos sortent intacts », raconte-t-il.

Cette édition était particulièrement redoutable selon les coureurs expérimentés. Pour Thomas, cette première confrontation avec l’Enfer du Nord tournait au cauchemar technique avant même d’être un défi physique.

Seul pendant 40 km : quand le corps crie grâce

Selon Eurosport, la vraie souffrance a commencé à Mons-en-Pévèle, secteur pavé situé à 40 kilomètres de l’arrivée. Thomas y perd définitivement le contact avec le peloton. Calvaire solitaire jusqu’au vélodrome de Roubaix.

« À la fin, je souffre vraiment », admettait le coureur Cofidis. Quarante kilomètres seul sur les pavés, sans l’abri du peloton, sans l’émulation du groupe. Juste lui, son vélo qui tient miraculeusement le coup, et cette sensation permanente que tout peut s’arrêter à chaque cahot.

Les vibrations des pavés transforment chaque kilomètre en torture pour Thomas.

Le jour d’après : quand la réalité rattrape l’euphorie

Lundi matin, Thomas faisait le bilan de ce cyclisme. Son vélo a survécu, contrairement à ses craintes. Pas lui. Courbatures généralisées, douleurs persistantes aux doigts et au dos : son corps porte les stigmates de cette première confrontation avec l’Enfer du Nord.

« Je suis content de l’avoir fait même si je ne suis pas sûr de revenir l’an prochain », confiait-il avec une franchise désarmante. Cette honnêteté tranche avec les déclarations convenues d’après-course.

Thomas avait terminé 139e et dernier, à 24 minutes 31 secondes de Wout Van Aert. Un classement qui ne reflète pas l’exploit : avoir survécu à Paris-Roubaix sans préparation relève déjà de l’héroïsme.

Benjamin Thomas a fait ce que peu de coureurs oseraient tenter : affronter Paris-Roubaix sans préparation, et en revenir vivant sinon indemne. Son histoire rappelle que cette course n’est pas qu’une épreuve tactique ou technique, c’est une bataille contre soi-même et contre l’imprévisible.

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