« J’avais poussé mon corps bien trop loin » : Vollering met des mots rares sur l’après-Ferrand-Prévot
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Demi Vollering n’a pas seulement raconté une déception sportive : elle a mis des mots précis sur ce moment où le corps et la tête ne suivent plus.
La phrase est courte, mais elle pèse lourd. « J’avais poussé mon corps bien trop loin », a confié la Néerlandaise en revenant sur l’après-Tour de France femmes 2025, une édition marquée par le triomphe de Pauline Ferrand-Prévot.
Ce n’est pas un simple moyen de fatigue. Vollering explique avoir envisagé une pause d’un an, au point de ne plus prendre de plaisir sur le vélo. Pour une coureuse de ce niveau, habituée à jouer la gagne sur les plus grandes courses, le signal est tout sauf banal.
Vollering raconte le moment où le plaisir a disparu
Dans un entretien accordé à The Athletic, Demi Vollering revient sur une période où l’usure physique a débordé sur le mental. « L’année dernière, j’en ai vraiment trop fait », souffle-t-elle, avant d’ajouter qu’elle avait poussé son corps « bien trop loin ».
La suite de sa déclaration donne la vraie mesure du malaise. La Néerlandaise dit avoir aussi dépassé ses limites mentalement, puis avoir pensé à s’arrêter pendant un an après le Tour de France de l’année précédente. Sa phrase la plus dure reste celle-ci : elle « n’y prenait plus aucun plaisir ».
Dans le cyclisme moderne, ce type de parole reste rare. Les coureuses parlent souvent de forme, de préparation, de tactique ou de récupération. Beaucoup moins de cette zone grise où l’envie se casse, même quand la carrière continue d’avancer.
Le contexte rend l’aveu encore plus fort. Le Tour de France femmes 2025 est présenté comme celui de Pauline Ferrand-Prévot, championne olympique de VTT cross-country à Paris en 2024, lieu s’imposer sur un terrain où les spécialistes de la route pensaient tenir leurs repères.
L’après-Ferrand-Prévot a laissé une trace plus profonde qu’un résultat
Réduire cette séquence à une rivalité Vollering-Ferrand-Prévot serait trop simple. La victoire de PFP a surtout bousculé l’équilibre de la course et l’image que certains favoris pouvaient avoir de leur propre domination.
Demi Vollering n’a pas formulé les choses comme une attaque contre Ferrand-Prévot. Son témoignage parle d’abord d’elle-même : de surcharge, de pression, d’un corps poussé au-delà du raisonnable et d’un esprit qui ne trouve plus de carburant.
C’est précisément ce qui rend son propos intéressant sportivement. Une grande championne peut perdre une course, analyser ses watts, corriger sa préparation et repartir. Mais quand elle explique qu’elle a pensé à couper pendant un an, on ne parle plus seulement de performance. On parle de survie dans un calendrier qui utilise même les meilleures.
Le cas lecteur est assez simple à imaginer. Un cycliste amateur qui prépare une cyclosportive peut empiler les sorties, les blocs d’intensité et les objectifs Strava jusqu’à ne plus ressentir aucun plaisir. À l’échelle de Vollering, les enjeux sont plus grands, mais le mécanisme reste lisible : quand chaque sortie devient une obligation, le vélo peut cesser d’être un refuge.
Un road-trip pour retrouver une relation plus libre au vélo
La bascule ne vient pas d’un nouveau plan d’entraînement, mais d’une coupure. Vollering raconte un road-trip en camping-car, loin de la pression, avec une règle simple : ne faire du vélo que si elle en avait envie.
Après cette période déconnectée et quelques balades à pied, l’envie est revenue. Elle explique être remontée sur son vélo sans objectif et sans attente, avec une sensation de liberté. Dans son récit, c’est ce retour au geste simple qui relance la machine.
Cette partie de l’histoire nuance fortement le titre. Ferrand-Prévot a marqué l’édition précédente, mais Vollering ne raconte pas seulement une blessure d’ego face à une rivale. Elle décrit un seuil atteint, puis un retour progressif vers un cyclisme moins contraint.
La suite donne du poids à ce cheminement. Présentée comme victorieuse cette année sur le Tour de France femmes avec FDJ United-Suez, Demi Vollering n’apparaît pas seulement comme une championne revenue au sommet. Elle apparaît comme une athlète qui a dû retrouver le goût de son sport avant de pouvoir redevenir dominante.
Dans un peloton féminin de plus en plus dense, où Marlen Reusser, Kasia Niewiadoma, Pauline Ferrand-Prévot et Vollering incarnent des profils très différents, cette parole compte. Elle rappelle qu’une grande victoire se construit parfois loin des caméras, dans un moment beaucoup moins spectaculaire : accepter de couper avant de casser.