Cyclisme

« J’étais complètement mort » : Paul Seixas raconte le contrecoup caché de son premier Tour de France

Par Maxime Aulne
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Paul Seixas a bouclé son premier Tour de France à une 4e place spectaculaire, mais le Français raconte surtout l’autre face de cette percée : une fatigue totale, une pause nécessaire, puis un retour gagnant.

À 19 ans, Paul Seixas n’a pas découvert la Grande Boucle. Il en a aussi encaissé le poids. Après trois semaines de tension, de classement général à défendre et de journées où tout peut basculer, le coureur de Decathlon CMA CGM a reconnu avoir fini vidé.

La phrase est forte, parce qu’elle tranche avec l’image laissée sur la route. Quatrième du Tour de France 2026 pour sa première participation, Seixas a donné l’impression de sauter des étapes. Dans les coulisses, le contrecoup a pourtant été brutal : « J’étais complètement mort », at-il confié après cette première expérience.

Une 4e place brillante, mais pas sans coût physique

Le résultat dit une chose. Le corps, lui, en raconte une autre. Paul Seixas a terminé au pied du podium du Tour, derrière une hiérarchie dominée par Tadej Pogacar, qu’il a décrit comme étant « dans un autre monde par rapport aux autres ». Pour un coureur aussi jeune, tenir ce rang pendant trois semaines représente déjà un saut énorme.

Mais le plus dur n’a pas seulement été la montagne, les chronos ou le niveau des adversaires. Seixas a insisté sur l’usure quotidienne. Selon lui, « c’est surtout à la fin que c’est difficile », avec cette nervosité permanente propre aux cours de trois semaines.

Son analyse dit beaucoup du Tour. Chaque jour peut coûter cher. Une chute, une bordure, une mauvaise journée, une erreur de placement : le classement général peut se fissurer très vite. Le Français résume cette pression avec une formule simple : il y a beaucoup de jours où un coureur a « tout à perdre et rien à gagner ».

C’est là que sa 4e place prend une autre dimension. Elle ne récompense pas seulement un niveau physique. Elle montre aussi une capacité à survivre mentalement à une course qui ne laisse presque jamais respirer.

La pause qui a changé la suite

Après le Tour, Paul Seixas n’a pas enchaîné comme si de rien n’était. C’est un coupé. Il a pris du temps avec ses amis et sa famille. Ce détail paraît simple, mais il compte : à cet âge, après une exposition aussi forte, le vrai danger aurait été de repartir trop vite, sans laisser retomber la charge.

Le scénario est parlant pour n’importe quel jeune coureur qui sort d’une grande course par étapes. Même avec un résultat exceptionnel, il faut accepter une phase creuse. Le corps réclame du repos. La tête aussi. Gérer ce moment fait partie de l’apprentissage, au même titre qu’un col ou un contre-la-montre.

Seixas a présenté son premier Tour comme une « belle expérience » et dit avoir « beaucoup appris sur son corps ». Ce n’est pas une phrase anodine. Sur une course de trois semaines, un coureur découvre comment il réagit à la répétition des efforts, à la pression médiatique, aux attentes et à l’impossibilité de se relâcher vraiment.

Son retour valide au moins une chose : la pause n’a pas cassé sa dynamique. Dimanche, au critérium d’Etten-Leur, aux Pays-Bas, il s’est imposé devant Jasper Philipsen. Une victoire de critérium ne remporte pas comme une étape du Tour, mais elle donne un signal clair : Seixas a retrouvé assez de fraîcheur pour remettre un dossard avec envie.

Un rebond qui installe déjà la fin de saison

Le plus intéressant dans cette séquence, ce n’est pas seulement la victoire. C’est le contraste. D’un côté, un coureur qui admet avoir été vidé après le Tour. De l’autre, le même coureur qui revient « très motivé » et gagne dès sa reprise.

Cette gestion de l’après-Tour sera l’un des points à suivre dans sa progression. Paul Seixas n’est plus seulement un espoir prometteur. Sa 4e place l’a installé dans une autre catégorie d’attente. Le public, les adversaires et son équipe ne le regarderont plus comme avant.

Le calendrier lui offre maintenant un nouveau test avec les championnats du monde de cyclisme sur route, prévus du 20 au 27 septembre à Montréal. Représenter la France après un premier Tour aussi dense ajoute une couche d’enjeu, même si son état de forme réelle devra être confirmé à l’approche de la course.

Un élément de contexte pèse aussi autour de lui : son avenir chez Decathlon CMA CGM. Des articles du corpus mentionnant qu’il a confirmé vouloir honorer son contrat avec l’équipe française jusqu’à la fin de l’année 2027. Si cette information est validée par la source exacte, elle renforcerait l’idée d’un projet construit autour de lui, plutôt qu’un simple coup d’éclat isolé.

Pour l’instant, la séquence raconte surtout un apprentissage accéléré. Paul Seixas a découvert le Tour, a touché ses limites, un coupé, puis un regagné. À 19 ans, ce n’est pas seulement un résultat. C’est déjà une manière de gérer la suite.

Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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