Cyclisme

La chute de Pogacar laisse UAE face à une décision que personne ne veut prendre trop tôt : sa présence aux mondiaux

Par Maxime Aulne
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La chute de Tadej Pogacar ne pose pas seulement une question de calendrier à UAE : elle oblige surtout le staff à attendre que le médical parle avant de décider de la suite.

Après son abandon sur la 8e étape de la Vuelta 2026, Tadej Pogacar se retrouve dans une zone que les grandes équipes détestent : trop d’enjeux sportifs, pas encore assez de certitudes physiques.

Le Slovène souffre d’une commotion cérébrale et d’une fracture déplacée de la clavicule. Deux blessures qui ne se gèrent pas au même rythme. Et c’est précisément ce décalage qui bloque UAE Team Emirates-XRG au moment d’évaluer la fin de saison.

Les Émirats arabes unis assistent à un signal médical clair

Mauro Gianetti a reconnu l’inquiétude provoquée par la chute. Le patron d’UAE a expliqué avoir eu très peur en voyant Pogacar tomber à haute vitesse, avant d’être partiellement rassuré en le voyant se relever et vouloir repartir.

La suite est moins simple. La fracture de la clavicule nécessite une opération jugée importante, mais l’intervention ne peut pas être décidée comme une formalité. La récupération après la commotion cérébrale passe d’abord.

Gianetti a évoqué une opération possible mardi ou mercredi, à condition que l’évolution du traumatisme crânien le permette. Ce détail change tout : l’équipe du patron du cyclisme mondial ne gère pas seulement une clavicule cassée, mais un coureur qui doit retrouver un état neurologique suffisamment stable avant d’entrer au bloc.

Le calendrier avec Pogacar sous pression, pas UAE

Sur le papier, la fin de saison reste énorme. Les Mondiaux de Montréal sont annoncés le 27 septembre, les championnats d’Europe en Slovénie le 4 octobre, puis le Tour de Lombardie arrive à la mi-octobre. Trois rendez-vous majeurs, trois titres ou objectifs lourds à défendre ou viser.

Mais Gianetti a posé une limite nette : le délai est très court. Pogacar est encore à l’hôpital au moment de ses déclarations, il n’a pas encore été exploité, et la fracture déplacée complique la projection.

La tentation serait de transformer chaque date en compte à rebours. Les Émirats arabes unis semblent faire l’inverse. Le staff préfère attendre quelques jours, laisser Pogacar récupérer de la commotion, puis seulement regarder si une reprise à un sens.

Cette prudence tranche avec le poids sportif de Pogacar dans l’équipe. UAE Team Emirates-XRG ne manque pas de profondeur : la page équipe du Tour de France crédite notamment Joao Almeida d’une 4e place et Adam Yates d’une 6e place au général. Mais Pogacar reste le coureur autour duquel se dessinent les plus grandes courses.

La vraie décision porte sur le risque à accepter

Le point central n’est donc pas de savoir si Pogacar veut revenir. D’après Gianetti, le coureur garde le moral et sait que la chute aurait pu être pire. Le problème se situe ailleurs : quel niveau de risque UAE accepte-t-elle pour le remettre dans une fin de saison aussi dense ?

Le dirigeant suisse a fermé la porte à une décision prise sous l’émotion. Sa ligne est claire : attendre un cadre plus lisible, avec un Pogacar qui aura au moins récupéré de la commotion cérébrale, puis décider s’il existe encore une fenêtre réaliste.

Dans ce dossier, l’urgence sportive existe. Les Mondiaux se rapprochent, l’Europe en Slovénie ont une valeur particulière pour Pogacar, et la Lombardie reste un monument d’automne. Mais l’ordre des priorités est posé : d’abord la santé, ensuite le calendrier.

Les Émirats arabes unis se retrouvent donc face à une décision inconfortable. Dire non trop tôt pourrait fermer une porte que Pogacar voudrait encore pousser. Dire oui trop vite serait prendre une avance dangereuse sur le médical. Pour l’instant, le choix le plus rationnel est aussi le moins spectaculaire : attendre.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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