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Le chrono devait compléter Paul Seixas, il est déjà en train de devenir l’une de ses armes majeures

Par Maxime Aulne
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Travaillé pour enrichir son profil de coureur complet, le contre-la-montre permet désormais à Paul Seixas de monter sur un podium mondial face aux références de la discipline.


À Montréal, le Français a signé le troisième temps du contre-la-montre mondial derrière Remco Evenepoel et Filippo Ganna. Parti avec prudence, il a progressivement accéléré pour décrocher la médaille de bronze.

Ce résultat donne une autre dimension à un travail engagé depuis les catégories jeunes. Le chrono devait apporter de la puissance, améliorer sa position et servir ses ambitions sur les courses par étapes. Il devient déjà une qualité capable de produire un résultat majeur à part entière.

Un podium mondial qui change la place du chrono dans son profil

Paul Seixas ne présente pas le contre-la-montre comme un simple exercice imposé aux prétendants aux classements généraux. Il apprécie sa dimension mentale, l’impossibilité de se cacher et la nécessité de maintenir un effort violent sans soutien tactique.

Cette attirance ancienne s’est transformée en résultat à Montréal. En terminant derrière Evenepoel, quadruple champion du monde de la discipline d’après les éléments disponibles, et Ganna, autre référence mondiale du cyclisme, Seixas ne s’est pas contenté de limiter les pertes. Il s’est installé sur le podium.

La manière renforce la portée de la performance. Son départ mesuré et son accélération progressive témoignent d’un effort maîtrisé, là où une mauvaise gestion peut coût cher dès les premiers kilomètres. Le chrono n’est donc plus uniquement un chantier technique destiné à combler une faiblesse.

Le résultat reste à remplacer dans l’âge du coureur. La fiche officielle de Decathlon CMA CGM indique que Paul Seixas est né le 24 septembre 2006 à Lyon. Cette date, publiée par son équipe, mesure la précocité d’un podium acquis avant ses 20 ans.

Depuis 2022, un travail pensé pour servir tout le coureur

La progression ne repose pas sur quelques séances ajoutées avant un grand rendez-vous. Seixas travaille spécifiquement le contre-la-montre avec son entraîneur Alexandre Pacot depuis sa deuxième année chez les cadets, en 2022.

Chez les juniors, il aurait consacré une ou deux séances par semaine à cette discipline. Depuis son passage en World Tour, ce volume serait monté jusqu’à une à trois séances hebdomadaires, avec des charges plus importantes. Ces données demandent encore une confirmation auprès d’une source directement accessible, mais elles caractérisent un investissement installé dans la durée.

La position aérodynamique, la souplesse nécessaire pour la tenue et la puissance développée sur le plat imposent un travail exigeant. Seixas estime que ces efforts renforcent aussi son gain, son dos et sa capacité à produire de la force sur la route. Le bénéfice recherché dépasse donc le seul classement d’un contre-la-montre.

Cette logique rejoint son profil de grimpeur. Monter un col le plus vite possible revient déjà à gérer une forme de chrono, avec un effort régulier et une lutte permanente contre ses propres temps. En travaillant la puissance et la position, Seixas a construit des qualités transférables aux courses par étapes.

Son titre mondial juniors du contre-la-montre à Zurich a marqué une première bascule. Il y a identifié une discipline dans laquelle il pouvait obtenir davantage qu’un simple complément de formation. Le bronze de Montréal prolonge désormais cette trajectoire au plus haut niveau.

Une arme déjà utile pour ses ambitions sur les grands Tours

Pour viser un classement général, perdre du temps dans l’exercice solitaire peut annuler le travail réalisé en montagne. Seixas l’avait compris dès ses années de formation. Son investissement actuel vise autant les rendez-vous immédiats que les saisons à venir.

La reconnaissance du parcours montréalais illustre le niveau de préparation recherché. Alexandre Pacot aurait parcouru le tracé à vélo avec une caméra afin de fournir à son coureur une série d’images détaillées. Position, trajectoires et gestion de l’effort font partie du même travail de précision.

La médaille apporte aussi une validation psychologique. Seixas sait désormais qu’il peut rivaliser avec des spécialistes installés sans renoncer à ses qualités de grimpeur. Cette combinaison ouvre une perspective importante pour les cours d’une semaine et les grands Tours, où chaque seconde prise ou perte contre la montre peut peser sur le classement final.

Le changement tient là : le chrono n’est plus seulement une compétence destinée à détailler Paul Seixas. Son podium mondial montre qu’il peut devenir l’un des fondements de ses ambitions, avec une marge de progression encore liée à sa position, à sa puissance et à son expérience. À Montréal, ce chantier de long terme a déjà produit une médaille.

Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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