Cyclisme

« Les Français ne prennent pas le départ tout seul » : Guimard refroidit le scénario idéal pour Seixas

Par Nicolas Berthaud
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Cyrille Guimard calme le scénario rêvé autour de Paul Seixas : sans Tadej Pogacar, les Mondiaux seraient plus ouverts, mais sûrement pas réservés aux Français.

L’idée est tentante. Si Tadej Pogacar venait à manquer les Championnats du monde sur route, Paul Seixas verrait forcément une fenêtre s’ouvrir. Moins de poids sur la course, moins de contrôle autour du grand favori, plus de place pour les audacieux.

Mais Guimard un coupé court à la lecture trop française du dossier. Interrogé par Cyclism’Actu, l’ancien manager de Bernard Hinault a reconnu que l’absence du Slovène changeait l’équilibre. Avant de rappeler une évidence qui refroidit tout de suite l’emballement : « les Français ne prennent pas le départ tout seul ».

Guimard ne nie pas l’ouverture, il refuse le raccourci

La nuance est importante. Guimard ne dit pas que l’absence probable de Pogacar ne profiterait à personne. Il dit même l’inverse. Sans le coureur le plus écrasant du peloton actuel au départ, la course deviendrait mécaniquement plus ouverte.

Sa phrase complète pose le cadre : « Ça ouvre la porte pour tout le monde. Pas seulement pour les Français. Que ça ouvre des portes pour les Français, oui, mais les Français ne prennent pas le départ tout seul. »

Le message vise surtout l’emballement autour de Paul Seixas. Le jeune Français peut évidemment faire partie des coureurs capables de sentir l’opportunité. Mais les Mondiaux ne se gagnent pas sur une absence, encore moins sur une projection nationale. Sur une course d’un jour, la densité du plateau compte autant que le nom qui manque.

L’absence de Pogacar changeait la course, pas la hiérarchie toute seule

Le contexte explique pourquoi le sujet prend autant de place. Tadej Pogacar a été contraint à l’abandon sur la huitième étape du Tour d’Espagne après une chute. Le Slovène aurait heurté un gros caillou présent sur le bord de la chaussée, avant de sortir de la course avec plusieurs blessures.

Son forfait pour les Mondiaux de fin septembre est désormais envisagé. À ce stade, il faut donc rester prudent : l’absence est probable dans le scénario évoqué, pas actée comme une décision officielle définitive.

Guimard insiste surtout sur l’effet psychologique. Sans Pogacar au sommet de sa forme, d’autres coureurs peuvent se dire que la porte existe. Il parle de « Championnats du monde très ouverts », avec une condition simple : ne pas faire de faute pour aller chercher le titre.

Ce poids de Pogacar ne sort pas de nulle part. Son statut sportif se double d’un poids économique rare dans le cyclisme : selon L’Essentiel de l’Éco , son contrat prolongé jusqu’en 2030 représente un engagement total évalué à 50 millions d’euros. Quand un coureur de ce calibre disparaît du tableau, tout le monde recalcule ses chances.

Pour Seixas, l’opportunité existe, mais le piège aussi

Paul Seixas n’a donc pas besoin qu’on lui vende un boulevard. Si Pogacar n’est pas là, le Français gagne une marge. Mais cette marge sera partagée avec tous les coureurs capables de durcir une course, d’attaquer au bon moment ou de profiter d’un marquage moins étouffant.

C’est précisément le point de Guimard. L’absence du Slovène peut libérer les ambitions, pas offrir un maillot arc-en-ciel sur un plateau. Le sélectionneur Thomas Voeckler aura aussi cette équation en tête : courir avec ambition sans transformer une opportunité en piège tactique.

Pour Seixas, le vrai enjeu sera peut-être là. Ne pas porter trop tôt le costume du coureur que la course attend. Ne pas se retrouver piégé par un scénario écrit depuis la France. Et garder assez de lucidité pour traiter ces Mondiaux comme une course ouverte, pas comme une occasion déjà dessinée.

La phrase de Guimard fonctionne parce qu’elle remet tout au bon niveau. Oui, sans Pogacar, la course respirerait davantage. Non, cela ne ferait pas de Seixas un favori automatique. Les Français auraient une carte à jouer, mais ils ne seraient pas seuls à vouloir la poser au bon moment.

Auteur

Nicolas Berthaud

Journaliste sportif. J'ai construit la rubrique paris sportifs de MVZ Sports entre 2023 et 2025 : comparatifs d'opérateurs agréés, guides pratiques et couverture football et MMA.

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