MVZ SPORTS
Cyclisme

« Paul n’est pas un coureur normal » : Seixas leader, deux capitaines et une protection rapprochée le plan précis des Bleus

Par Gilles Marchetti
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement

Paul Seixas sera le leader des Bleus aux Mondiaux, mais le plan de Thomas Voeckler va bien au-delà d’un statut : deux capitaines devront piloter la course, un équipier protégera directement les Français et plusieurs hommes seront chargés de l’amener dans les meilleures conditions jusqu’au final.


La hiérarchie ne prête pas à confusion. Thomas Voeckler veut construire la course de l’équipe de France de cyclisme autour de Seixas, engagé sur la course en ligne et le contre-la-montre. Le sélectionneur juge que l’intérêt collectif passe par lui lorsqu’il évolue à 100 % de ses moyens.

Cette confiance repose aussi sur un profil hors norme par sa précocité. La fiche officielle de Paul Seixas au sein de son équipe indique qu’il est né le 24 septembre 2006 à Lyon. Son jeune âge ne change pourtant rien au mandat fixé par Voeckler : il ne se rendra pas aux Mondiaux pour apprendre.

Paul Seixas au centre des plans A, B et C

Thomas Voeckler assume entièrement son choix. « Paul n’est pas un coureur normal dans le bon sens du terme », affirme le sélectionneur, qui considère que présenter Seixas comme leader relève désormais de l’évidence. Il ajoute qu’à son meilleur niveau, le coureur se situe « au-dessus de la mêlée en France ».

Le plan prioritaire consistera donc à préserver Seixas jusqu’au moment où ses qualités pourront peser. Le parcours exige toutefois davantage qu’une simple attente de la finale. La partie en ligne précédant le circuit peut modifier la difficulté réelle de la journée, tandis que les tours empruntent un tracé connu grâce au Grand Prix de Montréal.

Voeckler décrit un circuit technique, sans véritable temps de récupération si les principales nations durcissent rapidement la course. Le placement collectif devient alors décisif : un coureur repoussé trop loin devra dépenser de l’énergie pour revenir, au risque d’entamer ses réserves avant les mouvements importants.

L’absence annoncée de Tadej Pogacar ne pousse pas le sélectionneur à revoir son groupe. Voeckler explique que son équipe avait été construite avant ce forfait et qu’elle n’a pas changé. Son objectif demeure la victoire, avec plusieurs scénarios prévus si la course échappe au déroulement imaginé.

Sivakov et Armirail auront les clés tactiques

Pavel Sivakov et Bruno Armirail occuperont une place centrale dans cette organisation. Tous deux seront capitaines de route. Leur mission sera de lire la course, de conserver la sérénité du groupe et de prendre les décisions nécessaires lorsque le plan initial devra être adapté.

Ce rôle prend une dimension particulière aux Mondiaux, disputés sans oreillette. Voeckler veut disposer de coureurs expérimentés et reconnus dans le peloton pour réagir immédiatement. « On a des plans A, B et C et parfois, le plan D arrive », résume-t-il. Le leader doit pouvoir rester concentré sur son effort plutôt que de gérer seul chaque mouvement tactique.

Armirail sera également aligné sur le contre-la-montre. Voeckler le décrit comme une valeur sûre, constante et encore capable de progresser dans la discipline. Seixas participera lui aussi au chrono après avoir exprimé cette envie auprès de son équipe et de la sélection. Aucun objectif chiffré n’est annoncé, mais son ambition est claire.

Derrière les deux capitaines, Valentin Paret-Peintre représente une garantie pour la finale. Ses performances sur le Tour de France puis sur la Vuelta ont convaincu Voeckler de sa solidité lorsque le parcours devient sélectif. Nicolas Prodhomme complète ce soutien en montagne. Il a préparé l’épreuve sur une journée et a accompagné Seixas en binôme lors d’un stage.

Labrosse protègea Seixas, Barré reste l’incertitude

Jordan Labrosse reçoit la mission la plus directement liée au leader : assurer la protection rapprochée de Paul Seixas. Voeckler compare son rôle à celui que Julien Bernard remplissait auparavant. Labrosse devra maintenir son leader bien placé, l’accompagner dans les phases nerveuses et lui éviter des efforts inutiles.

Son coup de chaud sur la Vuelta a interrompu sa course, mais le sélectionneur estime que cette sortie anticipée lui a permis de reprendre sa préparation. Il l’attend à 100 % de ses capacités pour les Mondiaux. Cette responsabilité marque aussi le renouvellement générationnel engagé dans le groupe français.

Alex Baudin devra, lui, se mettre au service des autres après avoir souvent occupé un rôle de leader dans son équipe. Sa connaissance du Grand Prix de Montréal et son adhésion au plan collectif ont pesé dans sa sélection. Voeckler assiste de lui à un engagement total dans le travail préparatoire autour de Seixas.

Louis Barré constitue la principale incertitude. Une chute à l’entraînement lui a blessé le poignet et des examens médicaux doivent déterminer s’il peut tenir sa place. Voeckler l’a maintenu dans la sélection, tout en reconnaissant son inquiétude. Le coureur arrivait avec des résultats solides, dont des victoires d’étape au Tour de Pologne et au Tour d’Allemagne, et avait déjà performé sur le parcours montréalais.

Le plan français apparaît ainsi clairement compartimenté : Seixas pour conclure, Sivakov et Armirail pour commander, Labrosse pour protéger, puis Paret-Peintre, Prodhomme, Baudin et éventuellement Barré pour maintenir le leader au contact de la course. La réussite dépendra moins d’un effet de surprise que de l’exécution précise de ces rôles sur un circuit où chaque mauvais placement peut coûter cher.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

Voir ses articles