Le monde du cyclisme tient-il son nouveau duel de légende ? Deux semaines après une démonstration de force sur Liège-Bastogne-Liège, le « Cannibale » slovène Tadej Pogacar a de nouveau tressé des lauriers à son jeune dauphin français, Paul Seixas.
À seulement 19 ans, le prodige lyonnais a non seulement tenu tête au maître du peloton dans la Redoute, mais il semble avoir réveillé l’instinct de compétition d’un Pogacar pourtant au sommet de son art. Alors que le Tour de France se profile, l’éloge du Slovène sonne comme une passation de pouvoir ou, du moins, l’annonce d’une bataille épique pour juillet prochain.
La « Doyenne » 2026 restera gravée comme le jour où Paul Seixas est passé de l’espoir à la menace mondiale. Si Tadej Pogacar a remporté son quatrième titre à Liège, l’image de ce gamin de 19 ans accroché à sa roue jusqu’aux derniers kilomètres a marqué les esprits. À deux mois du départ du Tour de France, le Slovène ne tarit pas d’éloges sur celui qui l’a poussé dans ses derniers retranchements, avouant même avoir douté face à la fougue du néo-pro français.
« Je n’avais jamais vu un coureur plus fort » : Pogacar sort de sa réserve face à Seixas
Tadej Pogacar ne complimente pas facilement ses adversaires. Quadruple vainqueur du Tour de France et double tenant du titre, le Slovène a construit sa domination sur une sérénité imperturbable. Quand il en sort, c’est un signal.
Le 27 avril 2026, à l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège, Pogacar lâche cette phrase : « Je ne pense pas avoir déjà vu un coureur plus fort que lui. » Il parle de Paul Seixas, 19 ans, qui venait de le coller pendant des kilomètres avant de s’incliner de 45 secondes seulement.
Dix jours plus tard, dans une interview accordée à RSI Sport (8 mai 2026), Pogacar va encore plus loin. Il décrit ce qu’il a ressenti dans la course : « J’avais peur de me dire : O.-K., il est dans ma roue, je vais finir par abandonner. Mais non, il m’a poussé davantage. Il m’a donné un élan de motivation supplémentaire pour le futur. » Un coureur qui a remporté quatre Tours de France parle de peur face à un adolescent. C’est inédit.
Il ajoute, pour L’Équipe (8 mai 2026) : « À la fin de la course, j’étais heureux d’avoir couru contre Paul. C’était une sensation formidable. » Et encore : « Seixas a montré qu’il pouvait aussi être le meilleur du monde. » Pogacar ne dit jamais ça.
Paul Seixas : 19 ans, déjà deux monuments et un palmarès qui fait peur
Qui est ce coureur qui fait trembler le meilleur du monde ? Paul Seixas a 19 ans. Il est originaire de Lyon. Il court sous les couleurs de l’équipe Décathlon CMA CGM.
Son palmarès 2026 parle seul. Il a remporté le Tour du Pays basque et la Flèche wallonne. Deux victoires de prestige à 19 ans, dans la même saison.
Quand il ne gagne pas, il finit deuxième du meilleur. Seixas a terminé dauphin de Pogacar à la fois sur les Strade Bianche et à Liège-Bastogne-Liège en 2026. Quatre courses majeures, quatre podiums. Dont deux victoires.
Pogacar lui-même le décrit comme « un bon gars, très mature pour son âge, qui roule avec le cœur, sans se prendre la tête » selon L’Équipe du 8 mai 2026. Cette maturité distingue Seixas d’un simple phénomène de printemps : il ne s’emballe pas, il performe.
Le duel de juillet : Seixas confirmé au Tour, Pogacar galvanisé pour défendre son titre
Paul Seixas sera au départ du Tour de France 2026, du 4 au 26 juillet. Le duel tant attendu aura bien lieu.
Selon plusieurs médias, il serait le plus jeune coureur au départ de la Grande Boucle depuis des décennies un record de précocité que le cyclisme français n’avait plus connu depuis longtemps.
Seixas refuse de se laisser enivrer par les attentes. « Je ne me suis pas fixé d’objectif précis autre que de vraiment donner le meilleur de moi-même. La première semaine, je serai encore dans un effort que je connais. Ensuite, on va basculer dans une sorte de découverte quand même », déclare-t-il (Orange Sport, 7 mai 2026). Une lucidité désarmante pour un coureur de son âge.
De l’autre côté, Pogacar arrive galvanisé. Liège ne l’a pas fragilisé, cela l’a allumé. La presse internationale ne s’y trompe pas : les médias étrangers qualifient déjà les performances de Seixas d’« inimaginables » et le décrivent comme une « terreur dans le peloton ».
Pogacar cherche un troisième titre consécutif. Seixas veut prouver que son printemps n’était pas un accident.
Pogacar a trouvé en Seixas l’adversaire qui le pousse à se dépasser une dynamique qu’il n’avait pas connue depuis longtemps. Le Tour de France 2026 s’annonce comme un duel générationnel.
Seixas peut-il tenir trois semaines face à Pogacar galvanisé par la peur de Liège ?