Cyclisme

Sans Pogacar, les Bleus peuvent rêver plus grand aux Mondiaux de Montréal mais Voeckler refuse de s’emballer avec Seixas

Par Gilles Marchetti
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L’incertitude autour de Tadej Pogacar change forcément le décor des Mondiaux de Montréal, mais Thomas Voeckler refuse de vendre aux Bleus un scénario trop simple autour de Paul Seixas.

La chute de Tadej Pogacar sur la huitième étape de la Vuelta a ouvert une brèche dans la fin de saison du cyclisme mondial. Le Slovène a abandonné, et sa présence à Montréal reste suspendue aux examens médicaux disponibles dans les prochains jours.

Pour l’équipe de France, la tentation est évidente : sans le champion qui écrase souvent les plans adverses, le rêve peut grandir. Voeckler, lui, garde le frein à main. Son message est clair : Paul Seixas aura un rôle central, mais le Mondial ne se résume pas à un fauteuil laissé vide.

L’absence possible de Pogacar change le scénario, pas la hiérarchie entière

La RTBF évoque un bilan encore incertain après la chute de Pogacar, avec une possible fracture de la clavicule ou une atteinte ligamentaire, un traumatisme crânien et une plaie au-dessus du sourcil gauche. À ce stade, le forfait définitif pour Montréal n’est pas confirmé par une source officielle dans les éléments disponibles.

Cette nuance pèse lourd. Pogacar devait défendre son titre mondial sur la course en ligne, programmée le 27 septembre à Montréal. S’il manque réellement le rendez-vous, le verrou psychologique sauté pour plusieurs nations. La France en fait partie.

Mais retirer Pogacar de l’équation ne transforme pas automatiquement les Bleus en favoris. Cela ouvre le cours. Cela ne la donne à personne.

Seixas devient le point d’appui français, pas un raccourci vers le maillot arc-en-ciel

Franceinfo rapporte que Thomas Voeckler a désigné Paul Seixas comme chef de l’équipe de France pour les Mondiaux de Montréal. Le choix collé au profil du parcours : un circuit utilisant, annoncé du 20 au 27 septembre au Québec, avec un parcours qui devrait favoriser les coureurs capables de répéter les efforts en bosse.

Équipe-France.fr avance un chiffre qui explique cette logique : douze ascensions du Mont-Royal et près de 4 000 mètres de dénivelé positif. Pour Seixas, ce n’est pas un décor neutre. C’est le type de terrain qui peut donner du poids à son statut, surtout dans une sélection construite pour l’accompagner.

Voeckler sait pourtant ce qu’un statut peut coûter. Ouest-France rappelait en 2024 que le sélectionneur français possède un palmarès de médailles avec les Bleus. Ce explique passé aussi sa prudence : un Mondial se gagne rarement sur une lecture trop confortable de la start-list.

La Belgique reste le vrai repère que Voeckler ne veut pas effacer

Dans des propositions rapportées par DHnet, Voeckler prévient que les favoris sont à chercher du côté de la Belgique. Le recadrage est important. Même si Pogacar venait à manquer Montréal, les Bleus devraient encore composer avec une nation capable d’empiler les cartes fortes sur un parcours sélectif.

La France peut donc rêver plus grand, mais pas sauter les étapes. Seixas peut devenir le visage du projet français, à condition que l’équipe garde une course lisible autour de lui et que le scénario ne s’emballe pas trop tôt.

Le vrai changement, au fond, tient là : sans Pogacar au départ, ou même avec un Pogacar diminué, les Bleus peuvent regarder Montréal avec plus d’appétit. Voeckler leur laisse cette ambition. Il refuse simplement de la transformer en promesse.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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