Cyclisme

« Seixas, il a trois ans d’avance » : tout le monde voit Pogacar intouchable mais la phrase de Pineau installe déjà le futur duel sur les Tours

Par Thomas Régnier
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Jérôme Pineau n’a pas annoncé la chute de Tadej Pogacar, mais sa phrase sur Paul Seixas donne déjà un cadre au duel auquel le cyclisme français assistera sur les prochains Tours.

Dans le Super Moscato Show sur RMC, l’ancien coureur a choisi une formule qui marque : « Seixas, il a trois ans d’avance ». Une phrase courte, mais lourde pour un coureur de 19 ans encore en pleine construction.

Le fond du propos reste prudent. Pineau ne promet pas que Paul Seixas va battre Tadej Pogacar dès la prochaine saison. Il installe autre chose : l’idée que le Français possède déjà assez de marge pour réduire l’écart avec la référence actuelle des grands Tours.

La phrase de Pineau place Seixas sur une autre ligne de départ

Le point de départ de l’analyse de Jérôme Pineau tient dans la retenue prête à Seixas. Pour le consultant RMC Sport, le Français n’a pas encore montré tout ce qu’il pouvait faire sur un grand rendez-vous.

« Il n’avait jamais couru plus de cinq jours. Il est allé avec un peu de retenue », a expliqué Pineau sur RMC. Le détail compte, parce qu’il transforme la lecture de son Tour : Seixas n’aurait pas seulement appris, il aurait aussi couru avec une forme de frein mental.

Pineau va plus loin en imaginant une version plus libérée du même coureur. « L’un prochain, ce sera différent. L’an prochain, il aura plus d’audace, il osera plus », avance-t-il. Dans son analyse, l’étape du Lioran aurait même pu faire basculer le duel avec Remco Evenepoel si Seixas avait attaqué avec davantage de certitude.

La citation qui porte tout l’article arrive ensuite : « À 19 ans, Pogacar n’avait pas les mêmes qualités. Seixas, il a trois ans d’avance. » Pineau ajoute aussitôt une limite importante : personne ne sait encore si Seixas atteindra les sommets du Slovène.

Pogacar reste la montagne, mais Pineau dessine déjà l’écart qui peut se réduire

Tadej Pogacar reste la mesure absolue. Pineau ne le gomme pas du tableau. Il refuse même de vendre un basculement trop rapide : « Te dire qu’il va le battre à la régulière l’an prochain, non, peut-être pas. En tout cas, il va s’en rapprocher. Ce gamin va progresser », martèle-t-il.

C’est là que la formule sur les trois ans d’avance devient plus intéressante sportivement. Elle ne sert pas à annoncer un renversement immédiat. Elle sert à expliquer pourquoi Seixas peut entrer plus tôt que prévu dans la zone des figures du cyclisme capables de gêner Pogacar sur les grands Tours.

Le corpus autour de Seixas donne du relief à cette lecture. Sud Ouest rappelait au printemps que le Français avait remporté le Tour du Pays basque début avril 2026, avant d’être présenté parmi les grandes têtes d’affiche de la Flèche wallonne. Sur ce parcours, le parcours annonce 200 kilomètres, 11 difficultés, 3 300 mètres de dénivelé positif et trois passages sur le Mur de Huy.

Ces éléments ne prouvent pas qu’il peut dominer Pogacar. Ils montrent surtout pourquoi Pineau ne parle pas seulement d’un espoir médiatique. Seixas a déjà été placé dans des contextes où son âge devient un argument, pas une excuse.

L’autre enjeu se jouera aussi autour de son équipe

Le potentiel ne suffira pas. Pineau insiste aussi sur le cadre sportif autour de Seixas, alors que le coureur a assuré vouloir honorer sa dernière année de contrat chez Decathlon CMA CGM la saison prochaine.

Le consultant cite quatre structures capables, selon lui, d’accompagner un vainqueur du Tour : Decathlon CMA CGM, UAE, Visma-Lease a Bike et Ineos Grenadiers. Le message est clair : si Seixas vise un jour le sommet, son environnement comptera autant que son audace.

La prochaine confrontation annoncée avec Pogacar est située au Canada, pendant les championnats du monde programmés du 20 au 27 septembre. Ce ne sera pas un Tour de France miniature, mais ce sera déjà un test face à un coureur qui écrase encore la hiérarchie.

La phrase de Pineau fonctionne parce qu’elle ne ferme rien. Elle ouvre une trajectoire. Pogacar reste intouchable pour beaucoup, mais Seixas entre dans la conversation avec une rareté simple : à 19 ans, il force déjà les anciens coureurs à parler de lui en années d’avance.





Auteur

Thomas Régnier

Journaliste sportif spécialisé rugby et sports olympiques. Calendriers, feuilles de match et données officielles de compétition sont mon point de départ avant d'écrire une ligne.

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