Cyclisme

« Une équipe de premier plan » : ce que Millar voit naître chez Décathlon CMA CGM autour de Gall et Seixas avec la Vuelta en répétition

Par Gilles Marchetti
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David Millar ne lit pas la Vuelta de Décathlon CMA CGM comme une simple course autour de Felix Gall : il y voit le signe d’une équipe qui apprend déjà à courir comme une formation bâtie pour Paul Seixas.

La phrase pèse plus lourd qu’un compliment de plateau. Pour l’ancien coureur britannique, Décathlon CMA CGM montre dans cette Vuelta une bascule collective : une équipe capable de prendre la course en main, d’user ses grimpeurs et de défendre une ambition qui dépasse le classement immédiat de Felix Gall.

Paul Seixas, lui, n’est pas sur les routes espagnoles. Il prépare les championnats du monde de Montréal, prévus à la fin du mois de septembre, où Thomas Voeckler l’a déjà installé dans un rôle de leader. C’est justement ce décalage qui rend la lecture de Millar intéressante : même absent, Seixas semble déjà peser dans la manière dont l’équipe se construit.

Millar voit plus qu’un train pour Felix Gall

David Millar a été marqué par le travail de Décathlon CMA CGM dans l’Alto de Aitana. Il décrit un vrai train en tête de course, encore composé de quatre ou cinq coureurs à environ sept kilomètres de l’arrivée, après avoir compté jusqu’à six hommes au début de l’effort.

Le groupe s’était réduit à une vingtaine de coureurs, mais Décathlon CMA CGM continuait d’imposer le tempo. L’image est forte : ce n’est pas seulement un leader protégé, c’est une équipe qui accepte de prendre la responsabilité de la course.

La citation résume tout l’angle : « Ils ne roulent pas seulement pour Felix Gall, ils roulent aussi pour Paul Seixas ». Millar y voit un apprentissage collectif. Gall profite du train aujourd’hui, Seixas pourrait en devenir le symbole demain.

Seixas absent de la Vuelta, mais déjà au centre du projet

Cette lecture prend du relief parce que Paul Seixas regarde cette Vuelta à distance. Le jeune Français est tourné vers Montréal, mais son nom revient dès que Décathlon CMA CGM affiche une densité de grande équipe en montagne.

Dans le corpus disponible, CyclingUpToDate rappelle que Seixas a terminé quatrième de son premier Tour de France à seulement 19 ans. Le même article indique qu’il a confirmé rester avec l’équipe française jusqu’en 2027, alors que son nom circule dans les conversations autour de plusieurs grosses structures du peloton.

Ce contexte change la portée de la Vuelta. Si l’équipe roule fort pour Gall, elle teste aussi une méthode : contrôler, utiliser, entourer un leader, tenir sous pression. Ce sont les réflexes dont une formation a besoin quand elle veut accompagner un coureur vers les très grands objectifs.

Décathlon CMA CGM cherche une identité de grande équipe

La formule de Millar, « une équipe de premier plan », vise moins un résultat isolé qu’une identité sportive. Décathlon CMA CGM veut montrer qu’elle n’attend plus seulement les ouvertures. Elle peut créer le mouvement.

Ce virage s’inscrit dans une histoire plus longue. Sur son site officiel, Decathlon CMA CGM Team rappelle que l’équipe évolue depuis plus de 30 ans dans le peloton professionnel du cyclisme au plus haut niveau du WorldTour. Wikipédia situe sa création en 1992 par Vincent Lavenu. Le projet actuel ne part donc pas de rien, mais il change d’échelle avec l’émergence de Seixas et la présence de leaders comme Gall.

La Vuelta devient alors une répétition grandeur nature. Gall porte l’ambition immédiate, Seixas incarne la projection française, et le collectif apprend à courir comme si chaque étape devait préparer la suivante. C’est précisément ce que Millar dit voir naître : une équipe qui ne veut plus seulement exister, mais peser.

Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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