MVZ SPORTS
Cyclisme

Voeckler troque un leader unique contre une équipe « qui a de la gueule » pour le championnats d’Europe de cyclisme, et ce pari renverse la logique des Mondiaux

Par Gilles Marchetti
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement

Une semaine après l’échec de Montréal, Thomas Voeckler abandonne la logique du leader unique : aux Championnats d’Europe, les Bleus s’avancent en Slovénie avec un collectif « qui a de la gueule » et plusieurs coureurs en capacité de gagner.

Le sélectionneur ne veut pas entendre parler de revanche. « Ce n’est pas une revanche, mais ça peut être une séance de rattrapage, ça oui », at-il résumé avant la course en ligne de dimanche, au lendemain de l’épreuve femmes.

À Montréal, Paul Seixas n’avait pris que la quinzième place. Le coureur de vingt ans n’est pas du voyage en Slovénie, concentré sur le Tour de Lombardie du 10 octobre. Son absence pousse Voeckler, ancien professionnel du Tour de France, à répartir les cartes.

L’opposé exact de Montréal

La bascule est assumée. « C’est un petit peu l’opposé de l’équipe engagée aux Championnats du monde. Là où c’était tout pour un seul coureur, il y aura plusieurs coureurs qui auront leur chance », explique Voeckler.

Kévin Vauquelin, Romain Grégoire et Léo Bisiaux incarnent ce collectif. La sélection mêle deux rescapés de Montréal à six ajouts, pour ancien ce que Voeckler appelle une équipe « qui a de la gueule ».

Le contraste tranche avec le plan montréalais, bâti autour de Seixas. Avant le rendez-vous canadien, Voeckler plaçait d’ailleurs Remco Evenepoel en « favori n°1 » et jugeait le Belge « plus fort que Paul Seixas actuellement ».

Evenepoel, une dernière affaire à cocher

Le Belge de Red Bull-Bora-Hansgrohe reste lui aussi sur une déception, douzième à Montréal. « La préparation ne sera pas facile avec ce nouveau décalage horaire. Mais j’espère être nettement meilleur que dimanche », a-t-il confié.

À 26 ans, il vise le dernier maillot qui manque à sa collection : champion olympique, du monde et de Belgique, il court après le titre européen de la course en ligne.

Le parcours entre Ljubljana et Sencur, tracé pour Tadej Pogacar avant que le locataire du titre ne déclare forfait après sa chute à la Vuelta, devrait convenir à son profil. Court (196 km), il se termine par cinq tours de circuit et une côte très raide de 2,1 kilomètres à 10,2 %.

Un plateau affaiblit, un calendrier évoque

Les rivaux ne manquent pas : Juan Ayuso, Giulio Ciccone, Mads Pedersen et Primoz Roglic s’annoncent. Mais le plateau souffre face à celui des Mondiaux. Outre Pogacar, en convalescence, et Seixas, Wout van Aert, Mathieu van der Poel et Tom Pidcock manquent à l’appel.

Voeckler ne s’en cache pas : « Ce championnat est mal placé dans le calendrier du cyclisme puisqu’il fait appel au même type de coureurs à une semaine d’écart et alors qu’il y a des courses d’une journée pas très loin, en Italie, pourvoyeuses de points UCI. »

Le pari est posé : sans homme providentiel, la France renverse la logique de Montréal et mise sur la force du nombre. Ce collectif sans leader unique est la marque de Voeckler pour cet Euro.

Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

Voir ses articles