CAN 2025 : l’audience qui peut rendre le Maroc champion ou redonner le titre au Sénégal
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Le sort de la finale de la CAN 2025 se joue en partie entre les mains d’un homme discret : Gérald Simon, le juriste français qui préside le collège arbitral appelé à trancher le litige entre le Maroc et le Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport.
L’audience se tient le 8 octobre à Lausanne, à huis clos. Les trois parties seront entendues, mais le verdict ne tombera pas ce jour-là. Puis viendra le temps des délibérations des trois arbitres.
Au centre du dossier, un président de collège presque invisible du grand public : Gérald Simon, professeur émérite à l’Université de Bourgogne Europe à Dijon et membre du TAS depuis 2001. C’est ce facteur X discret qui va arbitrer l’un des épilogues les plus disputés de la Coupe d’Afrique des nations.
Un président discret, deux évaluateurs reconnus
Gérald Simon ne tranchera pas seul. Le Français est accompagné de l’Italien Luigi Fumagalli et de l’Allemand Ulrich Haas, deux juristes reconnus. Mais la présidence du collège lui revient, et dans une affaire où chaque mot pèsera, sa place compte.
Le TAS a précisé dans un communiqué publié le 30 septembre que les parties seraient entendues le 8 octobre. La juridiction suisse ne rendra pas sa décision dans la foulée. « On espère que ce sera fait dans le courant du mois de novembre », a indiqué une source interne à la Fédération sénégalaise de football.
Les débats se dérouleront en français, à partir de 9h30, et s’achèveront dans l’après-midi. Les journalistes resteront à l’extérieur : toutes les parties ont demandé une audience à huis clos.
Le match, la décision, et le mot qui fera tout basculer
Le litige remonte au 18 janvier 2026, à Rabat. Le Sénégal s’était imposé 1-0 face au Maroc en finale, sur un but de Pape Gueye. Un match marqué par un incident : la quasi-totalité de la sélection sénégalaise avait quitté la pelouse du stade Prince Moulay-Abdellah pendant plus de quinze minutes, après un penalty accordé aux Marocains et manqué par Brahim Diaz.
La Commission de discipline de la CAF n’avait pas remis en cause le résultat du terrain. Mais le Jury d’appel de la CAF, saisi par la Fédération royale marocaine de football, a tranché différemment le 17 mars : défaite par forfait du Sénégal (0-3), titre retiré aux Lions de la Teranga et attribué au Maroc.
Trois scénarios s’offrent au collège arbitral : confirmer la décision du Jury d’appel, l’annuler ou la modifier, ou l’annuler et renvoyer le dossier à la CAF. Le Maroc et la CAF s’appuient sur les articles 82 et 84 du règlement des compétitions, selon lesquels une équipe qui quitte le terrain sans autorisation est déclarée perdante. Le Sénégal pointe une ambiguïté : les joueurs sont revenus sur la pelouse et ont repris le match jusqu’à son terme. L’expression « quitter le terrain » sera au cœur des débats.
Deux camps confiants dans un dossier politisé
La FSF défend un dossier qu’elle juge « solide », porté par un pool d’avocats dirigé par Maître Seydou Diagne, du barreau de Dakar. Son secrétaire général, Abdoulaye Saydou Sow, représente l’instance à Lausanne.
De l’autre côté, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, se montre tout aussi confiant sur les chances de conserver le titre continental. Aucune information n’a filtrée sur la présence d’un membre de la fédération marocaine à Lausanne pour accompagner les avocats.
Le dossier est d’autant plus sensible que les relations entre le Sénégal et le Maroc, deux pays pourtant très proches, se sont tendues depuis la finale.
Le pronostic reste difficile. Une certitude, en revanche : c’est un collège de trois juristes, présidé par Gérald Simon, qui refermera ce chapitre.