Interdire les téléphones : la décision de la mère de Mbappé qui pourrait inspirer bien plus que le football
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Au centre de formation de Caen, l’interdiction des téléphones portables à portée de Fayza Lamari raconte autre chose qu’une simple règle de vestiaire : elle pose une vraie question sur la manière d’anciens jeunes sportifs.
La mesure peut sembler brutale au premier regard. Dans un football où les adolescents vivent déjà avec les réseaux sociaux, les messages, les vidéos et les regards extérieurs, retirez le téléphone dans un centre de formation touche directement au quotidien des joueurs.
Mathieu Bodmer, directeur du football du SM Caen, n’a pourtant pas présenté cette décision comme une contrainte punitive. Il l’a saluée comme une avancée dans l’accompagnement des jeunes Caennais. Et le mot qu’il emploie donne le ton : « formidable ».
Le plus intéressant n’est pas seulement l’interdiction en elle-même. C’est ce qu’elle révèle du projet porté autour de la formation caennaise, dans un club désormais lié à Kylian Mbappé, actionnaire majoritaire, et à Fayza Lamari, très présente dans la vie du club.
À Caen, une règle simple pour changer la vie collective
Mathieu Bodmer a expliqué que Fayza Lamari avait interdit le téléphone portable au centre de formation du SM Caen. Selon lui, cette décision produit déjà un effet très concret : les jeunes discutent et vivent ensemble.
La phrase peut paraître banale. Elle ne l’est pas vraiment dans un centre de formation. Les joueurs y partagent les entraînements, les cours, les repas, les moments de récupération et parfois la pression de quitter leur famille très tôt. Dans cet environnement, le téléphone peut devenir un refuge permanent.
L’interdire, ou au moins le retirer dans certains temps de vie, revient à créer des moments où les jeunes n’ont plus l’écran comme échappatoire immédiat. Ils doivent parler, s’ennuyer, écouter, gérer les tensions, se confronter au groupe. Pour un staff, ce sont aussi des signaux utiles : qui s’isole, qui prend la parole, qui aide les autres, qui accepte la frustration.
Le cas concret est facile à imaginer. Un adolescent rentre de l’entraînement, pose son téléphone, va dîner avec son groupe et ne peut pas disparaître derrière TikTok ou ses messages. Il échange avec un coéquipier, parle de sa séance, digère une remarque du coach, prend sa place dans le collectif. Ce n’est pas spectaculaire. Mais dans la formation, ce sont souvent ces détails qui construisent un joueur.
Pourquoi cette décision dépasse le simple cadre du football
Le football professionnel parle beaucoup de talent, de précocité et de performance. Mais un centre de formation ne fabrique pas seulement des joueurs capables de répéter des exercices. Il accompagne des adolescents, avec leur fatigue, leur ego, leurs doutes et leur rapport à l’attention.
C’est là que l’interdiction des téléphones devient un sujet plus large. Le problème n’est pas de dire que le portable est mauvais par nature. Il sert à prévenir la famille, à suivre les cours, à s’organiser, à garder un lien avec l’extérieur. Mais dans un cadre de formation, son utilisation permanente peut réduire les temps de respiration et affaiblir la vie de groupe.
La décision attribuée à Fayza Lamari s’inscrit donc dans une logique d’encadrement. Bodmer cite également la scolarité, l’hébergement, la nutrition et l’accompagnement humain. Le téléphone n’est qu’un levier visible dans un ensemble plus large.
Cette approche collégiale aussi au profil public de Fayza Lamari, souvent associée à des sujets qui dépassent la simple gestion de carrière de Kylian Mbappé. Le corpus disponible rappelle notamment qu’elle avait déjà salué une mesure visant à limiter l’impact de la publicité des paris sportifs sur les jeunes publics. Ce point doit être vérifié dans sa source originale
À Caen, la règle sur les téléphones devient donc un symbole. Elle dit que la formation ne se joue pas seulement sur la pelouse. Elle se joue aussi dans les couloirs, à table, dans les chambres, dans la capacité à vivre avec les autres.
Un signal fort dans un Caen encore sous pression
Cette décision arrive dans un contexte particulier. Le SM Caen n’est pas un club neutre pour Mathieu Bodmer, formé et lancé chez les professionnels en Normandie. Il revient dans une structure bousculée, marquée par les critiques autour de la relégation en troisième division et par l’attention portée à l’actionnariat de Kylian Mbappé.
Bodmer défend d’ailleurs l’investissement du capitaine de l’équipe de France. Il juge injuste de faire porter à la famille Mbappé l’ensemble des difficultés du club, en rappelant que certaines existaient déjà avant leur arrivée. Il reconnaît également que des erreurs ont été commises et que d’autres pourront l’être.
Dans ce contexte, l’interdiction des téléphones ne va évidemment pas régler à elle seule les problèmes sportifs de Caen. Elle ne garantit ni montée, ni résultats, ni génération dorée. Mais elle envoie un message de méthode : avant de promettre du grand football, le club veut remettre du cadre dans la formation.
C’est peut-être pour cela que la mesure peut inspirer au-delà du ballon rond. Dans une école, une académie sportive ou même une entreprise qui encadre de jeunes talents, la question est la même : comment créer de l’attention, du collectif et de la présence réelle dans un monde saturé d’écrans ?
La réponse de Caen est radicale, mais lisible. Moins de téléphone, plus d’échanges. Moins de fuite individuelle, plus de vie commune. Pour un centre de formation, ce n’est pas une petite affaire. C’est une manière de rappeler qu’un joueur se construit aussi quand il ne touche pas le ballon.