Football

Le rugby voulait sa Coupe du Monde des clubs, mais le calendrier mondial pourrait déjà faire exploser le projet

Par Gilles
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Sur le papier, le projet a tout pour plaire. Une compétition organisée tous les quatre ans, seize clubs, les meilleures équipes européennes face aux références du Sud, et une promesse simple : savoir enfin quel club domine vraiment le rugby mondial.

Le problème, c’est que le rugby moderne n’a plus beaucoup de semaines libres. Entre les championnats, les Coupes d’Europe, les tournées, les fenêtres internationales et le nouveau championnat des nations, chaque nouvelle compétition doit désormais se battre pour trouver sa place.

Un projet mondial séduisant, mais déjà rattrapé par le calendrier

La première version du projet visa 2028. Le format envisagé reposait sur seize équipes : huit clubs engagés en Champions Cup, huit formations sites du Super Rugby et du championnat japonais. L’idée était d’organiser un tournoi d’environ un mois pour sacrer un champion du monde des clubs.

Sportivement, l’affiche serait puissante. Un champion de France face à une franchise néo-zélandaise, un club anglais contre une équipe sud-africaine ou japonaise, avec une véritable confrontation des styles. C’est exactement le genre de produit que le rugby cherche à vendre depuis des années à l’échelle globale.

Mais cette ambition arrive au pire moment. La création du championnat des nations, portée par le Comité des Six Nations et la SANZAAR, ajoute une couche de matchs internationaux dans un calendrier déjà dense. D’après les éléments rapportés, lancer la Coupe du Monde des clubs dès 2028 apparaît désormais très compliqué.

Le vrai danger : faire payer l’ambition aux clubs et aux joueurs

Le frein n’est pas seulement administratif. Il est très concret : déplacements, récupération, coûts, disponibilité des joueurs. Une Coupe du Monde des clubs avec des équipes sites d’Europe, d’Afrique du Sud, d’Océanie et du Japon impose une logistique lourde, surtout si elle se cale autour d’autres compétitions majeures.

The Times évoque un projet suspendu pendant au moins un an, avec deux obstacles cités : l’encombrement du calendrier et les frais de déplacement. Ce duo reprend presque tout. Le rugby veut grandir, mais il doit le faire avec des effectifs déjà sollicités et des clubs qui ne peuvent pas absorber indéfiniment de nouveaux voyages.

Le cas lecteur est simple : imaginez un club français champion au printemps. Il sort d’une saison de Top 14, a peut-être joué les phases finales européennes, doit libérer ses internationaux, puis pourrait devoir repartir dans un tournoi mondial avant la reprise. Sur le papier, c’est prestigieux. Dans le vestiaire, c’est une autre histoire.

Il y a aussi un enjeu sanitaire. Ajouter des matchs de très haut niveau, avec des trajets longs et peu de respiration, augmenter la pression sur les organismes. Le rugby parle beaucoup de protection des joueurs ; ce projet devra prouver qu’il ne fait pas l’inverse.

2029 et Final Four : le compromis qui changerait tout

Le scénario d’un reportage à 2029 semble donc prendre de l’épaisseur. Mais cette option n’est pas parfaite non plus, car elle tomberait la même année que la tournée des Lions Britanniques et Irlandais. Cette tournée pourrait notamment concerner le XV de France, selon le scénario évoqué.

Pour sortir de l’impasse, une formule beaucoup plus courte serait étudiée. Au lieu d’un tournoi à saisir, le rugby pourrait basculer vers un Final Four. L’idée : réunir le champion de France, le champion d’Angleterre, le vainqueur de l’United Rugby Championship et celui du Super Rugby.

Ce format aurait un avantage évident : moins de matches, moins de déplacements, moins de semaines à bloquer. Il serait aussi plus lisible pour le public. Quatre champions, deux demi-finales, une finale. Pas besoin d’un tableau tentaculaire pour comprendre l’enjeu.

Mais ce compromis changerait la nature du projet. Une Coupe du Monde des clubs à saisir des équipes vend une grande fête mondiale. Un Final Four ressemble davantage à un choc de champions, plus compact, plus brutal, mais aussi moins représentatif. C’est peut-être le prix à payer pour que la compétition existe vraiment.

Le rugby se retrouve donc face à son paradoxe habituel : il veut créer de grands rendez-vous internationaux, mais son calendrier laisse peu de place aux idées neuves. La Coupe du Monde des clubs n’est pas morte. Elle pourrait même devenir un superbe produit. Mais avant de couronner le meilleur club du monde, elle devra survivre à son premier adversaire : l’agenda.

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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