Auditionné par les sénateurs, Edgar Grospiron a tenté de rassurer sur la situation du comité d’organisation des JO d’hiver 2030 dans les Alpes, en pleine crise interne marquée par plusieurs démissions.
À quatre ans des Jeux olympiques d’hiver de 2030, le Comité d’organisation (Cojop) traverse une zone de turbulences. Retards, tensions internes et départs en cascade fragilisent la gouvernance du projet.
Convoqué devant le Sénat, Edgar Grospiron, président du Cojop, a reconnu des « difficultés » tout en affirmant rester pleinement engagé.
Une nouvelle démission en pleine audition
L’audition devant la commission de la Culture du Sénat est intervenue quelques minutes seulement après l’annonce du départ du directeur général du Cojop, Cyril Linette.
Le comité a officialisé cette décision à l’issue d’un bureau exécutif tenu à Milan le 22 février. Edgar Grospiron n’a pas détaillé les conditions de cette démission, évoquant une clause de confidentialité.
Ce départ s’inscrit dans un contexte de désaccords qualifiés d’« insurmontables » entre les deux dirigeants. Il s’ajoute à ceux de plusieurs cadres ces derniers mois :
Anne Murac (directrice des opérations), Arthur Richer (directeur de la communication) et Bertrand Méheut (président du comité des rémunérations).
Des sénateurs peu convaincus
Face aux parlementaires, Edgar Grospiron a reconnu une crise réelle, appelant à davantage de méthode et de rigueur pour la surmonter.
Certaines réponses ont toutefois laissé les sénateurs sceptiques. Laurent Lafon, président de la commission, a estimé que le président du Cojop ne les avait « pas tout à fait convaincus », notamment sur la réorganisation interne en cours.
Grospiron exclut toute démission
Sur un point, Edgar Grospiron s’est montré catégorique : il ne quittera pas ses fonctions.
Se disant « stupéfait » par les rumeurs évoquant un possible départ, il a dénoncé un « feuilletonnage médiatique » autour de la crise et affirmé être « à 100 % impliqué et investi » dans le projet.
Des retards reconnus mais jugés maîtrisés
Le président du Cojop a admis un certain retard sur plusieurs dossiers clés, notamment :
- la signature de partenariats privés
- la cartographie des épreuves
- l’intégration éventuelle de sports additionnels
Il assure cependant que ces délais ne compromettent pas la tenue des Jeux.
Un contrat de marketing conjoint avec le Comité international olympique a été signé récemment, ouvrant la voie à de futurs accords commerciaux destinés à sécuriser le financement de l’événement.
À quatre ans de l’échéance, les JO d’hiver 2030 dans les Alpes restent officiellement sur les rails, mais la crise de gouvernance fragilise l’image du projet.
Edgar Grospiron affiche sa détermination à poursuivre sa mission, mais devra rapidement convaincre partenaires et élus que la stabilité est revenue au sein du Cojop.