Émilien Jacquelin intègre l’équipe Decathlon CMA CGM pour six mois une reconversion du biathlon au cyclisme professionnel à 30 ans.
Après ses deux médailles aux JO de Milan-Cortina 2026 (bronze en poursuite, or en relais), Jacquelin a quitté le biathlon au sommet pour enfiler le maillot de cycliste.
Du biathlon au cyclisme professionnel : un retour aux sources à 30 ans
Cette transition n’est pas un coup de tête. Jacquelin a pratiqué le vélo en compétition jusqu’à ses 16 ans (Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance Decathlon CMA-CGM) avant de basculer vers le biathlon. Un passé qui légitime aujourd’hui son retour aux sources.
« Il a besoin de voir et de faire autre chose. Je pense que ça peut lui faire un bon reset psychologique », explique Stéphane Bouthiaux, patron du biathlon français (RMC Sport, 29 mars 2026). Cette pause mentale arrive au moment parfait : Jacquelin vient de décrocher l’or olympique en relais hommes et le bronze en poursuite à Milan-Cortina.
« C’est vrai que c’est un projet singulier, presque un peu fou », reconnaît Jean-Baptiste Quiclet (RMC Sport, 29 mars 2026). Mais cette audace cache une stratégie réfléchie. Jacquelin ne fuit pas le biathlon : il le nourrit d’une expérience qui pourrait le relancer vers les JO d’hiver 2030.
Un profil physiologique atypique qui fascine les experts
« Sur les capacités globales aérobie et de résistance il a un profil vraiment atypique qui se rapproche des meilleurs coureurs cyclistes professionnels », analyse Jean-Baptiste Quiclet (RMC Sport, 29 mars 2026). Cette déclaration s’appuie sur des tests VO2max qui révèlent un potentiel insoupçonné.
Pourtant, la morphologie de Jacquelin interroge. Avec ses 1,86 m et plus de 80 kg (Jean-Baptiste Quiclet), il affiche un gabarit considéré comme lourd pour le cyclisme professionnel. Les grimpeurs du Tour de France pèsent rarement plus de 65 kg.
Mais ces kilos supplémentaires cachent une puissance aérobie exceptionnelle. Les biathlètes développent une résistance à l’effort unique, forgée par l’alternance ski de fond-tir. Cette capacité à maintenir un effort intense tout en gérant le stress pourrait compenser le handicap morphologique sur les routes du peloton professionnel.
Août 2026 : le premier vrai test du cycliste Jacquelin
Le calendrier est serré mais précis. Dans quelques semaines, Jacquelin enfilera son premier maillot de cycliste professionnel pour débuter les entraînements avec Decathlon CMA CGM (Programme officiel). Six mois de stage de développement pour transformer le champion de biathlon en coureur cycliste.
Le baptême du feu est programmé pour le Tour du Limousin-Périgord, du 18 au 21 août 2026 (Observateurs). Cette course française de niveau 2.1 offre un terrain d’apprentissage idéal : parcours vallonnés, peloton moins nerveux qu’un World Tour, pression médiatique mesurée.
Parallèlement, Jacquelin garde un œil sur 2030. Il vise une quatrième participation aux Jeux Olympiques d’hiver en biathlon (Déclaration officielle, avril 2026). Cette double ambition transforme son passage chez Decathlon CMA CGM en laboratoire grandeur nature : peut-on exceller dans deux sports d’endurance simultanément ?
Jacquelin ne tente pas l’impossible : il s’appuie sur des fondations physiologiques solides et un passé cycliste qui légitime son retour. Mais le vrai défi n’est pas scientifique c’est mental et technique : apprendre les codes du peloton, la tactique d’équipe, et accepter de recommencer à zéro à 30 ans. Cette reconversion peut-elle vraiment aboutir sans compromettre ses chances olympiques en biathlon pour 2030 ?