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« J’ai déjà pleuré » : Laure se confie sur son petit frère, Florent Manaudou, juste avant sa retraite

Par Gilles Marchetti
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Laure Manaudou n’a pas seulement parlé de la retraite de Florent Manaudou : elle a raconté le moment où l’émotion l’a déjà rattrapée avant l’hommage prévu pour son petit frère.

Chez les Manaudou, les fins de carrière ne se reprennent jamais à une ligne de palmarès. Avec Florent Manaudou, c’est une partie très visible de la natation française qui s’apprête à tourner une page, sous les yeux de sa sœur Laure, elle-même championne olympique devenue figure à part du sport français.

Le nageur doit être célébré ce samedi lors des championnats d’Europe de natation à Saint-Denis. Dans ce contexte, Laure Manaudou a livré à RMC une confiance très personnelle sur ce que représente ce moment pour elle, pour son frère, et pour tous ceux qui ont suivi la trajectoire de cette fratrie hors norme.

La phrase de Laure Manaudou qui dit tout sur l’émotion du moment

La phrase la plus forte tient en quelques mots. « Je sais qu’il y aura beaucoup d’émotion », a confié Laure Manaudou à RMC, avant d’ajouter : « J’ai eu la chance de voir un peu tout ce qu’il va se passer. J’ai déjà pleuré ! »

Ce n’est pas une formule lâchée pour faire joli. Laure Manaudou parle d’un moment où elle a déjà commencé à vivre en amont, presque avant le public. Voir Florent Manaudou « mettre un point final à cette carrière » a visiblement déjà quelque chose de très concret pour elle.

Elle ajoute aussi une nuance importante : son frère « était un peu perdu ces dernières années ». La retraite n’est donc pas présentée comme une simple cérémonie. Dans ses mots, elle ressemble plutôt à une sortie nécessaire, entourée par les bonnes personnes, dans un lieu chargé pour la natation française.

Pour un spectateur à Saint-Denis, l’image sera simple : un champion salué par son public. Pour Laure Manaudou, le scénario est plus intime. Elle ne regarde pas seulement un nageur quitter les bassins. Elle voit son petit frère référer une histoire qu’elle a accompagné de très près, tantôt depuis les tribunes, tantôt depuis l’intérieur du clan familial.

Pourquoi la victoire de Londres 2012 reste un souvenir à part

Laure Manaudou aurait pu citer son propre titre olympique à Athènes en 2004 comme le sommet absolu de sa carrière. Elle a choisit pourtant un autre moment : la victoire de Florent Manaudou sur 50 m nage libre aux Jeux olympiques de Londres, en 2012.

« Quand on me demande quel est le meilleur moment de ma carrière, je dis que c’est la victoire de mon frère en 2012 », explique-t-elle. La phrase est forte, parce qu’elle déplace complètement le centre de gravité. Pour Laure, l’un de ses plus grands souvenirs de sportive n’est pas un podium où elle était dans l’eau, mais celui où elle a vu Florent gagner.

Elle rappelle aussi la fragilité propre au 50 m. Sur cette distance, tout tient à peu de choses. Un départ raté, une coulée moins propre, une touche moins nette, et la médaille peut disparaître. C’est ce qui rend ce souvenir encore plus intense dans son récit.

Cette lecture donne aussi de l’épaisseur à la retraite de Florent Manaudou. On ne parle pas seulement d’un champion olympique qui quitte les bassins. On parle d’un nageur dont la carrière a été vécue comme une aventure familiale, avec une grande sœur capable de placer sa victoire à lui au sommet de ses propres émotions sportives.

Le « petit frère » est devenu une figure de la natation française

Laure Manaudou continue pourtant de parler de Florent avec un réflexe très familial. « Je dis mon petit frère alors qu’il fait deux mètres mais dans ma tête, j’ai le souvenir de lui à 4-5 ans », raconte-t-elle. Derrière le champion massif, médaillé et reconnu, elle voit encore l’enfant qu’elle a connu avant les records et les podiums.

C’est là que son témoignage touche juste. Florent Manaudou a longtemps porté l’étiquette du frère de Laure avant de construire son propre nom. Le corpus autour de leur histoire rappelle cette bascule : depuis le sacre de Laure en 2004 puis celui de Florent en 2012, les Manaudou sont devenus une fratrie symbole du renouveau de la natation française.

Laure insiste aussi sur une recette plus personnelle. Elle raconte notamment qu’avant Londres, ils étaient allés au McDo au village olympique. Pas vraiment l’image parfaite du champion programmé au millimètre. Mais selon elle, les Manaudou ont besoin d’être heureux pour performer. Cette phrase donne un relief très concret à leur manière de vivre le très haut niveau.

La retraite de Florent Manaudou prend donc une dimension particulière. Elle ferme la trajectoire d’un champion, mais aussi une saga familiale que le public français suit depuis plus de vingt ans. Et si Laure a déjà pleuré avant même l’hommage, c’est peut-être parce qu’elle sait mieux que personne ce que cette sortie représente : la fin d’un chapitre sportif, mais pas la fin de ce lien qui a accompagné leurs plus grands moments.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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