« J’appréhende grave » : reparti presque de zéro, Marchand jouera son Euro sur un fil jusqu’à la veille de la compétition
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éon Marchand sera bien aux Championnats d’Europe de natation, mais son Euro commence déjà avec une vraie question : jusqu’où peut-il aller sans risquer de casser sa semaine dès la première course ?
Le quadruple champion olympique a confirmé sa présence à Saint-Denis, où les Championnats d’Europe se dérouleront du 10 au 16 août. Sur le papier, c’est une bonne nouvelle pour l’équipe de France et pour le public français. Dans les faits, son programme reste loin d’être verrouillé.
Touché à l’adducteur gauche pendant les Championnats de France à Saint-Étienne, Marchand a repris progressivement, avant de se réabîmer le pectiné à Marseille. Sa phrase dit tout de l’état d’esprit du moment : « J’appréhende grave ». Pas une formule de façade, mais le résumé d’un retour sous tension.
Une présence confirmée, mais pas un programme totalement sécurisé
Léon Marchand ne renonce pas aux Championnats d’Europe. Il sera présent à Saint-Denis, notamment en papillon et en crawl. Mais la brasse change toute l’équation, parce qu’elle sollicite directement la zone touchée.
Le 200 m brasse est déjà rayé de son programme. Le 400 m 4 nages, lui, reste en suspens. C’est la course qui concentre le plus d’incertitude, car elle arrive dès le premier jour et impose un passage en laiton. Pour un nageur qui n’a pas encore repris ce nage au moment de s’exprimer, le risque est évident.
Marchand explique qu’il doit reprendre normalement la brasse à partir de lundi. Il attend aussi les résultats de l’IRM, mais insiste surtout sur son ressenti dans l’eau. La décision ne se jouera donc pas seulement sur une image médicale. Elle dépendra aussi du ciseau de brasse, de la douleur éventuelle et de la sensation de solidité.
Le 400 m 4 nages peut tout changer dès le premier jour
Le vrai dilemme est là : le 400 m 4 nages est une course majeure pour Marchand, mais elle pourrait aussi fragiliser tout le reste de sa compétition. Lui-même le dit clairement : il a peur de se reblesser à l’adducteur et de voir sa semaine terminée trop tôt.
Cas concret : si Marchand s’aligne sur le 400 m 4 nages dès l’ouverture, il devra passer par la brasse en conditions de compétition, avec intensité, virages, relance et pression du chrono. Si l’adducteur ne tient pas, ce n’est pas seulement une course qui saute. Ce sont aussi les relais, le papillon, le crawl et toute la dynamique française qui peuvent être touchés.
C’est pour ça que sa phrase sur la décision « jusqu’à la veille de la compétition » pèse lourd. Elle montre que le staff et le nageur ne veulent pas transformer un retour attendu en pari trop coûteux. Le corpus autour de cette préparation allait déjà dans ce sens : avant même cette prise de parole, plusieurs médias décrivaient l’Euro comme un compte à rebours pour les dirigeants français touchés physiquement.
Une préparation contrariée, mais pas nécessairement perdue
Marchand ne présente pas cette blessure comme une simple parenthèse. Il explique avoir dû revoir une partie de sa préparation, notamment parce qu’il ne pouvait plus faire d’ondulations à un moment donné. Pour un nageur qui utilise énormément les coulées et la puissance sous l’eau, ce n’est pas un détail.
Mais il en tire aussi quelque chose. Pendant sa rééducation, il dit avoir travaillé davantage le crawl, le papillon, la prévention et un échauffement plus adapté. Il a aussi cherché à créer de la vitesse autrement, sans s’appuyer autant sur de grosses coulées.
Cette partie est importante pour comprendre son Euro. Marchand n’arrive pas à 100 %, et il ne le cache pas. Mais il ne vient pas seulement limiter les dégâts. Il veut encore tester ce qu’il peut produire en crawl et en papillon, deux secteurs sur lesquels cette préparation forcée a déplacé son attention.
Reste le choix le plus sensé : prendre ou non le départ du 400 m 4 nages. À quelques jours du début de la compétition, Léon Marchand a déjà gagné une première bataille en confirmant sa présence. La suivante sera plus fine : savoir jusqu’où pousser sans mettre tout l’Euro en danger.