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La relève de Riner est « fabuleuse » mais trop jeune : le judo français protège ses lourds au lieu de les exposer

Par Gilles Marchetti
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Derrière le forfait de Teddy Riner aux Mondiaux de Bakou, le judo français a fait un choix plus révélateur qu’une sélection : ne présenter personne en +100 kg plutôt que d’exposer une relève encore trop jeune physiquement.

Forfait pour les Championnats du monde de Bakou (4-11 octobre), Teddy Riner ne sera pas remplacé chez les lourds. Le comité de sélection fédéral a tranché : aucun judoka français ne sera aligné dans la catégorie reine des +100 kg.

« On peut emmener quelqu’un se promener mais là, on n’a pas de chance de médaille », assume Stéphane Nomis, le président de la Fédération, qui fixe à quatre ors l’objectif minimal des Bleus en Azerbaïdjan.

Une relève existe, mais pas encore médaillable

Douze Français figure au classement international des +100 kg, Riner n’y étant plus répertorié. Dans ce contingent, seuls Tieman Diaby (25 ans, 25e) et Mathéo Akiana-Mongo (19 ans, 64e) pointent dans le top 100, et donc éligibles aux Mondiaux sans wild-card.

Derrière eux, un nom promet : Kevin Nzuzi. À 18 ans, il n’est que 211e mondial, mais il a été sacré champion d’Europe juniors début septembre au Monténégro, en battant Akiana-Mongo en finale, troisième des Mondiaux juniors 2025.

« Kevin Nzuzi est le troisième Français à décrocher ce titre après David Douillet et Teddy Riner », rappelle Frédérique Jossinet, manager général des Bleus. « Et cette année, le niveau était vraiment élevé. »

La maturité physique, le vrai frein chez les lourds

Le potentiel est là, mais le corps ne suit pas encore. « Certains sont encore juniors et même s’ils commencent à être matures dans leur judo, il faut faire attention physiquement, surtout chez les lourds », prolonge Jossinet.

La prudence n’a rien d’un hasard. Tieman Diaby, sociétaire de l’AJA Paris XX par l’INSEP, avait déjà dû renoncer au Paris Grand Slam 2023 pour cause de blessure. Chez les lourds, une blessure précoce peut hypothéquer une carrière entière.

La référence reste Teddy Riner, champion du monde 2015 en +100 kg et né à Pointe-à-Pitre en 1989, qui mesure mieux que quiconque l’exigence physique de sa catégorie.

Un cercle vertueux autour de Riner

La présence plus fréquente de Riner à l’INSEP offre aux jeunes lourds des séances de travail inestimables. « Ils ont un fabuleux exemple devant eux. C’est une richesse de servir de partenaire à Teddy. On est dans un cercle vertueux », apprécie Jossinet.

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de détermination chez nos jeunes », ajoute-t-elle, saluant le travail de Nicolas Mossion et Cyril Maret au niveau du staff national, en collaboration avec les clubs.

La stratégie est claire : protéger les corps aujourd’hui pour récolter les médailles demain. La relève française des lourds avance masquée, mais elle avance.




Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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