« Les conditions n’étaient plus réunies » : Alpes 2030 confie les commandes à Vincent Roberti après la démission d’Edgar Grospiron
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La démission d’Edgar Grospiron ouvre une nouvelle phase délicate pour Alpes 2030 : Vincent Roberti prend provisoirement la présidence afin de maintenir le comité d’organisation en état de marche.
Le directeur général du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 a été nommé président par intérim le 14 septembre 2026. Cette transition intervient quatre jours après le départ d’Edgar Grospiron, fragilisé par une crise de gouvernance et la perte de confiance de plusieurs parties.
Vincent Roberti ne devient pas le successeur définitif de l’ancien champion olympique. Sa mission consiste à assurer la continuité du projet pendant que le comité cherche une nouvelle présidente ou un nouveau président, dont le nom ne devrait pas être connu avant plusieurs semaines.
Une modification des statuts pour éviter une présidence vacante
La prise de fonction de Vincent Roberti a nécessité une décision formelle. Réunies en assemblée générale extraordinaire, les parties ont adopté une modification temporaire des statuts autorisant le directeur général à exercer simultanément la fonction de président par intérim.
Le bureau exécutif a ensuite validé sa nomination. Le Comité d’organisation présente cette solution comme un moyen de « garantir la stabilité de la gouvernance et la continuité des activités » jusqu’à la désignation d’une présidence permanente.
Cette précision fixe les limites de son mandat. Vincent Roberti récupère les responsabilités de la présidence sans qu’une succession durable soit encore tranchée. Le choix permet surtout au COJOP de continuer à prendre des décisions au moment où la préparation des Jeux entre dans une phase plus opérationnelle.
La rupture avec Edgar Grospiron reste néanmoins lourde. Arrivé à la présidence en février 2025 après le renoncement de Martin Fourcade, l’ancien champion de ski de boss a démissionné le 10 septembre 2026. Il a estimé que « les conditions n’étaient plus réunies » pour lui permettre de conduire le projet.
Vincent Roberti hérite d’une organisation déjà secouée
Ancien préfet du Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti a pris la direction générale d’Alpes 2030 en juin 2026. Il avait remplacé Cyril Linette, dont le départ avait été annoncé en février sur fond de « désaccords insurmontables » avec Edgar Grospiron.
En quelques mois, le comité d’organisation a donc perdu successivement son directeur général puis son président. Ces changements illustrent les tensions qui entourent la répartition des compétences entre la COJOP, les collectivités locales, les régions concernées et les responsables nationaux.
Le profil de Vincent Roberti répond à ce besoin de stabilisation. Dans son communiqué, le COJOP met en avant son expérience dans la conduite de projets complexes, la transformation d’organisations de grande ampleur et la gestion d’environnements institutionnels sensibles.
Son passage de la direction générale à la présidence provisoire crée aussi une forte concentration des responsabilités. Elle doit faciliter les arbitrages immédiats, mais elle ne règle ni la succession d’Edgar Grospiron ni les désaccords politiques et territoriaux qui ont alimenté la crise.
Le dossier lyonnais devient le premier test de cet intérim
La nomination intervient au moment où Alpes 2030 doit avancer sur des choix structurants. Le 14 septembre 2026 a également marqué le début d’une visite à Lyon d’une délégation du Comité international olympique, consacrée notamment aux infrastructures du futur pôle de glace.
Ce pôle avait été déplacé de Nice vers Lyon au printemps. Cette réorganisation avait suivi le refus du maire de Nice, Éric Ciotti, d’installer une patinoire provisoire dans le stade de football de la ville.
Les volumes annoncés donnent la mesure du chantier. Les infrastructures de Lyon et de ses environs doivent accueillir 75 matchs de hockey, 150 rencontres de curling, 16 séances de patinage artistique et 9 épreuves de short-track. Le patinage artistique synchronisé doit également intégrer le programme olympique prévu pour 2030.
Vincent Roberti prend ainsi les commandes provisoires au moment où les décisions institutionnelles doivent se transformer en sites, calendriers et capacités d’accueil. Sa nomination renvoie la vacance immédiate laissée par Edgar Grospiron, mais la stabilité d’Alpes 2030 dépendra désormais de deux étapes : sécuriser les dossiers opérationnels et installer une présidence définitive capable de rétablir la confiance entre les parties impliquent.