« Si j’y vais, c’est pour gagner » : Quentin Fillon Maillet aborde sa premiere saison en papa avec les JO 2030 dans le viseur
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Devenu papa en août, Quentin Fillon Maillet aborde sa 14e saison de Coupe du monde avec une récupération en pointillés, un changement d’équipementier, et une ambition intacte.
À quelques semaines du lancement de la Coupe du monde, le 26 novembre à Kontiolahti, en Finlande, le biathlète jurassien a détaillé sa nouvelle vie et ses objectifs. Son palmarès reste l’un des plus fournis du biathlon français : cinq titres olympiques, six titres mondiaux et un gros globe de cristal décroché en 2022.
Sa fille Léana, née le 5 août, a déjà réorganisé son quotidien d’athlète. Il a renoncé au stage d’août de Bessans pour passer deux mois auprès de sa compagne, avant de reprendre en septembre à Corrençon-en-Vercors, où la famille l’a accompagnée.
Une paternité qui change la récupération
« Je n’optimise pas toujours ma récupération, parce qu’il faut donner le biberon la nuit », a reconnu le Jurassien. La reprise post-olympique a d’ailleurs été laborieuse : il a mis du temps à retrouver des sensations, avant que la motivation ne se reparte.
Le calcul, il l’a fait. « Je m’entraîne près de 330 jours par an, avec presque deux entraînements par jour, donc ça fait 660 séances par an. Si j’enlève un ou cinq entraînements sur l’ensemble d’une saison, ce n’est rien du tout. » Lui qui culpabilisait de rater une séance il ya quelques années a appris à relativiser : « Si je ne culpabilise pas dans ma tête, il n’y a pas d’effet sur mon corps. »
Sur l’accompagnement des sportifs devenus parents, il note un vrai changement : c’est beaucoup plus reconnu, moins tabou. Loïs Habert et Marie Dorin ont un peu essuyé les plâtres, rappelle-t-il. Lui a obtenu la validation d’une aide de l’Agence nationale du sport (ANS), sur le modèle de ce dont ont retenu Antonin Guigonnat ou Justine Braisaz-Bouchet.
Le pari Rossignol, un changement radical
Cette saison, ses skis porteront le nom Rossignol. Un virage majeur pour un athlète est resté toute sa carrière chez Fischer, comme l’a documenté Ski Nordique lors de l’annonce en juin.
« Quand on change de lunettes ou de gants, il y a un petit côté technique, mais c’est assez mineur. Le ski, c’est radical », at-il expliqué. Mais ce nouveau défi l’anime : à ce stade, il ne découvre plus les sites de Coupe du monde ni les formats, et ce changement lui permet de garder du dynamisme. L’accord avec Rossignol dépasse d’ailleurs le matériel : il englobe aussi une ligne sportswear et lifestyle, a précisé Nordic Magazine.
Les premiers essais ont eu lieu en fin de saison dernière. La grosse phase interviendra sur la première scène sur neige, en novembre, juste avant le coup d’envoi de la Coupe du monde.
L’ambition intacte jusqu’aux JO 2030
« Je ne suis pas du genre à me dire que je m’y mets à 80 % cette année, parce que c’est une saison de transition. Si j’y vais, c’est pour gagner. » À 34 ans, Quentin Fillon Maillet n’envisage pas de lever le pied.
Il vise toujours les Jeux olympiques de 2030 et compte courir encore au moins quatre ans. Le rythme, lui, s’adapte : « Être papa, ce sont d’autres contraintes. Quand je rentre à la maison, je ne prends pas juste soin de moi, je dois prendre soin d’une autre petite personne. »
Méménagé sur la reprise parce que le corps et la tête étaient fatigués, il assure vouloir s’investir à fond. La paternité lui a apporté du recul, pas une excuse pour ralentir. L’ambition affichée reste claire : rester au sommet jusqu’aux Jeux de 2030.