L’arbitre UFC Herb Dean l’avoue : l’eye poke est « presque impossible à repérer » et c’est dangereux

Cyril GANE of France and Serghei SPIVAC of Republic of Moldova

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Publié le janvier 25, 2026

Trois mois après l’arrêt brutal du combat entre Ciryl Gane et Tom Aspinall à l’UFC 321, provoqué par un doigt dans l’œil, la question des blessures oculaires reste au cœur des débats en MMA. Un phénomène rare mais spectaculaire, aux conséquences parfois graves, pour lequel les solutions demeurent limitées.

Dans un sport où la vision est un outil fondamental, perdre l’usage de ses yeux, même temporairement, peut tout changer. C’est précisément ce qui s’est produit le 25 octobre dernier à Abu Dhabi, lorsque Tom Aspinall a été contraint d’abandonner face à Ciryl Gane après un « eye poke ». Un incident qui, au-delà de ce combat de prestige, relance une réflexion profonde sur la sécurité, l’arbitrage et l’équipement dans le MMA professionnel.

Un geste involontaire mais aux conséquences sérieuses

Le « eye poke » fait partie des coups strictement interdits par les règles unifiées du MMA. Pourtant, sa survenue reste difficile à éviter. Les gants utilisés, de type mitaines, laissent les doigts libres afin de permettre la saisie, un élément central de la discipline. Cette liberté expose mécaniquement les combattants à des contacts accidentels avec les yeux, notamment lors des phases debout ou de lutte.

Dans le cas de Tom Aspinall, la blessure a été suffisamment grave pour l’empêcher de reprendre le combat, malgré la conservation de son titre. Rupture du tendon oculaire, vision double, risque de lésions plus lourdes : les spécialistes s’accordent à dire que ces chocs peuvent engendrer des dommages durables, allant de la cataracte traumatique au décollement de la rétine.

Arbitrage, sanctions et limites de la règle

La gestion des « eye pokes » divise. Si certains combattants dénoncent des gestes supposément intentionnels, les arbitres et instances rappellent que la majorité de ces incidents relèvent de l’aléa sportif. L’arbitre international Herb Dean souligne la complexité de sanctionner un geste souvent furtif, parfois causé par un simple mouvement réflexe de l’adversaire.

Des pistes existent néanmoins pour renforcer la prévention : utilisation accrue de la vidéo pendant les interruptions, retrait de points en cas d’imprudence manifeste, voire intervention d’un officiel vidéo extérieur. Mais toute évolution réglementaire doit être maniée avec prudence dans un sport où chaque détail peut modifier profondément le déroulement d’un combat.

Les gants, un levier imparfait

Le design des gants est régulièrement pointé du doigt. L’UFC a testé en 2024 des modèles plus incurvés, censés limiter l’extension des doigts. L’expérience, jugée inconfortable par les combattants et peu concluante sur le plan statistique, a été abandonnée. D’autres organisations, comme le Bellator à l’époque, avaient obtenu des résultats plus encourageants, sans toutefois éliminer totalement le risque.

La quête du gant parfait se heurte ainsi à une réalité simple : le MMA reste un sport de contact extrême, où le risque zéro n’existe pas.

Ni véritable fléau ni simple fait divers, le « eye poke » s’impose comme un casse-tête récurrent du MMA moderne. Rare mais potentiellement lourd de conséquences, il cristallise les tensions entre sécurité des combattants, équité sportive et exigences du spectacle. Tant que les doigts resteront libres dans la cage, le débat restera ouvert, sans solution miracle à l’horizon.

Source : L’Equipe

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