Rugby

« Bosser aux côtés d’Antoine Dupont lui a ouvert des horizons » : Saito n’est plus le même joueur pour Eddie Jones

Par Maxime Aulne
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Eddie Jones ne parle pas seulement d’un joueur qui a progressé : il décrit Naoto Saito comme une demi de mêlée transformée par son quotidien au Stade Toulousain, au contact d’Antoine Dupont.

Le Japon retrouve le XV de France avec un visage que les Bleus connaissent bien. Naoto Saito, demi de mêlée des Brave Blossoms, évolue également dans l’environnement le plus exigeant du rugby français : celui du Stade Toulousain.

Pour Eddie Jones, ce passage en France n’a rien d’un simple épisode de club. Le sélectionneur japonais y voit un changement profond dans la manière dont Saito se comporte, apprend et entraîne les autres derrière lui.

Eddie Jones voit Saito passer dans une autre dimension

La formule est forte, et elle reprend bien l’idée défendue par Eddie Jones. À ses yeux, Naoto Saito a grandi parce qu’il s’est retrouvé au contact quotidien de joueurs habitués au très haut niveau, avec Antoine Dupont comme référence directe.

Dans un entretien cité par L’Équipe, Jones compare ce parcours à une progression scolaire accélérée : « C’est comme s’il avait quitté le lycée pour aller dans la meilleure université et y étudier pendant quatre ans pour obtenir un master. Aujourd’hui, Naoto est en route pour son doctorat. »

Le message est clair : Saito n’a pas seulement gagné de l’expérience. Il aurait changé de standard. Il aurait compris ce qu’exige le rugby de très haut niveau, non pas en théorie, mais en vivant chaque semaine dans un club comme Toulouse.

Le contact avec Antoine Dupont change le niveau d’exigence

Le cœur de l’analyse d’Eddie Jones tient dans cette phrase : « Bosser aux côtés d’un joueur tel qu’Antoine Dupont lui a ouvert des horizons, fait comprendre quelle dimension il pouvait atteindre. »

Ce n’est pas une déclaration anodine. Dans le rugby moderne, une demi de mêlée ne se contente plus de distribuer le jeu. Il doit imposer un tempo, lire les défenses, gérer les temps faibles, choisir quand accélérer et quand plus calme. Être exposé chaque jour à Antoine Dupont, dans ce rôle-là, peut nécessairement déplacer les repères.

Jones fait même le parallèle avec sa propre carrière. Plus jeune, il explique avoir joué avec Mark Ella, ancien international australien, qu’il présente comme le meilleur demi d’ouverture que le monde ait connu. Cette proximité lui aurait donné un niveau d’exigence sous lequel il refuserait de descendre.

Le cas concret est simple : dans une semaine de préparation internationale, Saito peut devenir plus qu’un titulaire ou un remplaçant potentiel. Il peut être celui qui rappelle le tempo attendu, qui pousse les soutiens à être plus précis, qui demande une sortie de balle plus propre parce qu’il a vu, au quotidien, ce que réclame le standard toulousain.

Un atout rare pour le Japon avant de défier les Bleus

Pour Eddie Jones, l’impact dépasse le seul poste de demi de mêlée. Le sélectionneur affirme que Saito est revenu « avec de la faim, de l’envie et le sentiment qu’il n’y a pas de limite à ce qu’il peut accomplir ».

Cette phrase dit beaucoup de ce que le Japon cherche à construire. Le rugby japonais a souvent misé sur la vitesse, la discipline collective et l’intensité. Mais l’expérience accumulée dans les clubs européens de premier plan reste précieuse, surtout quand elle concerne un poste aussi stratégique que le numéro 9.

Jones insiste également sur un point important : Saito ferait partie des rares joueurs japonais parti à l’étranger ces quinze dernières années. Cette exposition change son statut dans le groupe. Il ne revient pas seulement avec un CV plus solide, mais avec une forme de légitimité nouvelle.

Face au XV de France, ce détail peut compter. Saito connaît plusieurs joueurs toulousains, comprend leur environnement, et sait ce que représente le niveau d’exécution demandé dans ce club. Cela ne garantit rien sur le terrain, mais cela donne au Japon un relais précieux dans un match où le moindre retard de lecture peut coûter cher.

Le plus intéressant, finalement, n’est pas seulement que Saito ait travaillé avec Antoine Dupont. C’est ce qu’Eddie Jones pense que cette proximité a réagi chez lui : une faim différente, une exigence plus haute, et l’idée qu’il peut désormais viser une autre dimension.

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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