Levani Botia, 37 ans, figure dans la présélection élargie des Fidji pour le Championnat des Nations de juillet 2026 : un retour potentiel qui surprend après plus de deux ans d’absence internationale.
Le troisième ligne rochelais surnommé « Lep’s » pourrait retrouver le maillot fidjien pour la première fois depuis le quart de finale du Mondial 2023.
Botia en présélection : une nuance importante à retenir
Botia n’est pas sélectionné. Il est présélectionné ce n’est pas la même chose. La Fédération fidjienne a publié une liste élargie de 50 noms pour le Championnat des Nations de juillet 2026. Cette liste sera réduite à 32 joueurs fin juin (Fédération fidjienne, 04/05/2026). Botia figure parmi les 50. Rien n’est acquis.
Le sélectionneur par intérim Senirusi Seruvakul dispose donc d’une marge de manœuvre. Il devra trancher avant le début du tournoi. La concurrence pour les 32 places sera rude.
Ce qui rend cette présélection remarquable, c’est l’absence qui la précède. La dernière apparition de Botia en sélection remonte au quart de finale de la Coupe du monde 2023, le 15 octobre à Marseille, face à l’Angleterre. Les Fidji s’étaient inclinées 30-24 (Sud Ouest, 04/05/2026). Plus de deux ans sans maillot fidjien et voilà que son nom réapparaît.
Les Fidji misent sur l’expérience : Botia n’est pas seul
Botia n’est pas un cas isolé dans cette présélection. Virimi Vakatawa, ancien ailier du XV de France, figure lui aussi dans le groupe élargi fidjien (RugbyPass, 05/04/2026). Même profil que Botia : formé en Europe au plus haut niveau, rappelé sous son drapeau d’origine après des années d’absence.
Cette stratégie dépasse les Fidji : dans le rugby international, les joueurs expérimentés sont devenus des atouts stratégiques, particulièrement pour les nations du Pacifique.
Les exemples se multiplient. Michael Leitch, troisième ligne du Japon, a honoré sa 90e sélection en novembre 2025 à 37 ans (Le Rugby Nistère, 05/05/2026). Samuel Marques, demi de mêlée de Béziers, a porté le maillot du Portugal en février 2026 au même âge. Chez les Tonga, Sitaleki Timani et Siegfried Fisi’ihoi ont affronté l’Écosse en novembre 2025 à respectivement 39 et 38 ans (Le Rugby Nistère, 05/05/2026).
Pour les petites nations, rappeler un cadre expérimenté et motivé coûte moins cher en temps que former un jeune international et rapporte immédiatement en leadership.
Botia peut-il vraiment revenir ? Les vrais enjeux
La question est sportive et tactique, pas sentimentale.
Botia joue actuellement au Stade Rochelais, l’un des clubs les plus compétitifs du Top 14. À 37 ans, il reste dans un environnement d’élite ce n’est pas un joueur en fin de cycle qui végète dans un championnat mineur. C’est un argument concret en sa faveur.
Mais deux ans sans sélection laissent des traces dans une hiérarchie. Le staff fidjien a eu le temps de faire tourner, de tester des profils plus jeunes. Réintégrer Botia, c’est potentiellement fermer la porte à un joueur en développement.
L’enjeu du Championnat des Nations pèse aussi dans la balance. Ce tournoi représente pour les Fidji une vitrine internationale entre deux Coupes du monde. Dans ce contexte, l’expérience d’un joueur qui a disputé des quarts de finale de Coupe du monde peut faire la différence dans les moments chauds.
Tout se jouera fin juin. La liste passera de 50 à 32 noms. Botia devra convaincre Seruvakul que son apport dépasse celui de ses concurrents directs au poste de troisième ligne.
À 37 ans, Botia a une chance réelle mais non garantie : tout se jouera fin juin, quand le staff réduira la liste à 32. Son cas illustre une réalité du rugby moderne les petites nations ne peuvent pas se priver de leurs meilleurs éléments, quel que soit leur âge.
Botia mérite-t-il sa place dans le groupe final des Fidji, ou le staff devrait-il miser sur la jeunesse ?