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« Ça va trop vite, ça tape trop fort » : l’aveu de l’UBB après la leçon reçue à Toulouse

Par Maxime Aulne
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Battue 48-12 à Ernest-Wallon, l’UBB a surtout découvert l’ampleur du fossé qui peut se creuser lorsqu’elle abandonne à Toulouse le rythme, les collisions et l’initiative.


Le score raconte une soirée à sens unique. Le déroulement du match est encore plus sévère : après dix premières minutes disputées, Bordeaux-Bègles a subi six essais en première période et a regagné les vestiaires avec 36 points de retard.

Pablo Uberti résume le décrochage sans détour : « Ça va trop vite, ça tape trop fort. » Derrière la formule, l’ailier bordelais a pointé un manque d’intensité sur la ligne d’avantage et une équipe qui n’a pas su se révolter après les premiers essais encaissés.

Six essais encaissés en 25 minutes : le moment où l’UBB a disparu

L’UBB avait pourtant commencé avec le ballon et occupait le camp toulousain. Cette entame n’a pas résisté à la première accélération du champion de France. Entre la 16e minute et la fin de la première période, Toulouse a inscrit six essais et construit une avance de 36-0.

La défaite ne peut pas être ramenée à une composition volontairement affaiblie. Dans la présentation officielle de son équipe, l’ Union Bordeaux-Bègles annonce sept changements par rapport au match précédent, mais aussi 11 internationaux et quatre joueurs comptant au moins 100 apparitions sous le maillot du club.

Yannick Bru disposait donc d’un groupe suffisamment expérimenté pour résister davantage. Les Bordelais ont cependant laissé Toulouse imposer sa vitesse de circulation, enchaîner les temps de jeu et exploiter chaque approximation. Trop souvent sur le recul, ils ont passé l’essentiel de cette séquence à défendre sans parvenir à ralentir les sorties de balle.

Le contraste avec la première journée est brutal. Une semaine plus tôt, l’UBB avait dominé le Racing 92 sur le score de 64-5. À Ernest-Wallon, elle a changé de rôle : l’équipe qui dictait le rythme s’est retrouvée enfermée dans une succession de courses défensives et de collisions perdues.

Uberti désigne une défaillance collective, pas un simple écart technique

Le constat de Pablo Uberti dépasse la seule supériorité individuelle des Toulousains. « On ne met pas l’intensité nécessaire pour rivaliser sur la ligne d’avantage », a reconnu l’ailier. Il a également décrit une équipe qui baisse la tête lorsque les points commencent à s’accumuler.

C’est le cœur de la leçon reçue par Bordeaux. Toulouse a joué vite et fort, mais l’UBB a aggravé son cas en ne répondant ni dans les rucks ni dans les collisions. Sans ballon ralenti et sans pression sur le porteur, le bloc bordelais a constamment défendu en retard.

Jean-Baptiste Poux a livré une formule encore plus lourde au coup de sifflet final. L’entraîneur de la mêlée a reconnu que le staff avait, à un moment, eu peur de voir l’UBB encaisser 80 points. Il a également évoqué quelque chose de manqué pendant la semaine de préparation.

La réaction enregistrée après la pause confirme que Bordeaux pouvait s’opposer davantage de résistance. Les Girondins ont augmenté leur intensité, gagné davantage de collisions et inscrit deux essais. Yoram Moefana a notamment signé le premier franchissement bordelais peu après la reprise. Ce sursaut a évité un déroute plus large, sans remettre le résultat en question.

Une alerte mentale à corriger pour ne pas subir les mêmes soirées

La question posée par Uberti après le match reste la plus dérangeante : cette chute venait-elle de la préparation ou de la mentalité ? Les deux pistes se rejoignent dans la manière dont l’UBB a accepté la domination toulousaine après avoir encaissé ses premiers points.

Le revers ne remet pas en cause la place des cadres dans le projet bordelais. Matthieu Jalibert, titulaire à Toulouse, a prolongé son contrat avec l’Union Bordeaux-Bègles jusqu’en 2028, comme l’a documenté Ouest-France . La réponse attendue concerne donc le collectif installé autour de ces joueurs, davantage qu’un changement précipité d’hommes.

Le calendrier 2026-2027 place par ailleurs le club bordelais sur plusieurs tableaux. Rugby Amateur répertorie l’UBB en Top 14 et en Champions Cup, ainsi qu’en Reichel Espoirs Élite pour son équipe de jeunes. La capacité à corriger rapidement les séquences de passivité pèsera lourd dans une saison aussi dense.

Le 48-12 subi à Toulouse fixe ainsi une limite très nette. Face à une équipe capable d’accélérer pendant plusieurs séquences consécutives, dix bonnes minutes ne suffisent pas. L’UBB devra surtout éviter que les premiers points encaissés produisent le même effondrement collectif. L’aveu d’Uberti a le mérite de cibler le chantier : répondre plus vite, frapper plus fort dans les zones de contact et refuser de baisser la tête.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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