Ce test reste un rite de reprise pour de nombreux clubs, mais Clermont a choisi une autre voie pour protéger ses joueurs
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À Clermont, le Bronco Test n’est plus le passage obligé de la reprise : l’ASM préfère un test plus court, plus reproductible et jugé moins traumatisant pour ses joueurs.
Dans beaucoup de clubs, le Bronco garde une image presque rituelle. Il lance la préparation, met les organismes sous pression et donne vite une idée de l’état physique du groupe. Mais il revient aussi avec une question simple : faut-il vraiment imposer autant de changements de direction dès les premiers jours ?
La blessure de Dalton Papali’i à Castres, touché au tendon d’Achille lors d’un Bronco Test, a relancé ce débat. À Clermont, la réponse n’a pas attendu cet épisode. Christophe Urios et son staff ont déjà pris une autre route depuis plusieurs saisons.
Pourquoi le Bronco Test reste aussi dur à encaisser
Le Bronco Test est connu pour sa brutalité sportive. Le principe est simple : enchaîner des navettes de 20, 40 et 60 mètres, cinq fois, sans récupération. Au total, les joueurs valent 1 200 mètres avec des accélérations, des freinages et des relances permanentes.
Sur le papier, l’exercice mesure la capacité à répéter des efforts intenses. Dans le rugby moderne, c’est précieux. Une troisième ligne, un centre ou un ailier doivent repartir plusieurs fois dans une même séquence, défendre, se remplacer, puis repartir encore.
Mais le moment choisi change tout. En reprise, après plusieurs semaines de coupure, les tendons, les appuis et les articulations ne réagissent pas comme en pleine saison. Le Bronco ne teste pas seulement le moteur. Il impose aussi une grosse contrainte mécanique.
C’est là que Clermont a choisi de sortir du réflexe traditionnel. Pas pour nier l’intérêt de l’évaluation physique. Plutôt pour un outil plus compatible avec une recherche longue saison, où le personnel doit mesurer sans casser.
Clermont préfère le MAS Test, plus court et plus facile à répéter
À l’ASM, le Bronco a été remplacé par le MAS Test, pour Maximal Aerobic Speed. L’exercice consiste à parcourir la plus grande distance possible en cinq minutes. La logique reste exigeante, mais elle change la nature de l’effort.
Christophe Urios défend ce choix en mettant surtout l’accent sur la simplicité du test. Le manager clermontois explique que le MAS est court, basé sur des parcours de 100 mètres, et qu’il provoque moins de reprises d’accélération que les navettes du Bronco.
Ce détail compte. Moins d’allers-retours signifie moins de freinages violents, moins de relances dans l’axe opposé, moins de stress immédiat sur certains appuis. Le test reste dur, mais il cible davantage l’aérobie que la capacité à survivre à une série de changements de direction.
Ange Costella, responsable de la performance à Clermont, voit aussi un intérêt de suivi. Le MAS Test permet de déduire une VMA, utile pour calibrer la préparation physique et accompagner la réathlétisation. Le staff peut le répéter pendant la saison et comparer les résultats avec les tests précédents.
Cas concret : un joueur qui revient d’une coupure ou d’un pépin musculaire peut passer ce test en cinq minutes. Le staffobtient alors un repère rapide sur son évolution, sans nécessairement l’exposer à une séance de navettes très contraignante dès le départ.
Le débat ne se résume pas à un test dangereux contre un test parfait
La position clermontoise ne transforme pas le Bronco en exercice interdit. Ange Costella refuse d’ailleurs de tirer une conclusion trop directe après la blessure de Dalton Papali’i. Pour lui, attribuer une rupture du tendon d’Achille uniquement au Bronco serait trop réducteur.
Cette nuance est importante. Dans une préparation professionnelle, une blessure peut dépendre de nombreux facteurs : fatigue résiduelle, état individuel, historique physique, charge récente, surface, intensité réelle, ou simple partie de malchance. Un test peut augmenter une contrainte sans devenir l’unique responsable.
Ce que montre le choix de Clermont, c’est surtout une évolution dans la manière de piloter la reprise. Le staff ne cherche pas seulement à classer les joueurs selon leur capacité à souffrir. Il veut un indicateur exploitable, répétable, et moins pénible physiquement.
La préparation de l’ASM s’inscrit également dans une phase déjà dense, avec plusieurs semaines de travail, de réathlétisation et de cohésion avant les premiers repères de match. Dans ce cadre, le MAS Test devient un outil de contrôle plus qu’un symbole de dureté.
Le Bronco gardera sans doute sa place dans certains clubs, parce qu’il parle au rugby : effort, mental, répétition, appuis. Clermont, lui, a fait un autre calcul. Testeur oui. Mais sans transformer chaque reprise en épreuve traumatisante.