« C’est exceptionnel de gagner quatre Brennus d’affilée » : la réaction de Romain Ntamack
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Romain Ntamack savoure un exploit que le rugby français n’avait plus vu depuis l’ère professionnelle moderne : un quatrième Bouclier de Brennus consécutif remporté par le Stade Toulousain face à Montpellier (28-20) le 27 juin 2026, une série qui égale celle réalisée par son propre père Émile entre 1994 et 1997.
Le Stade Toulousain est champion de France pour la 25e fois de son histoire, après avoir dominé Montpellier (28-20) en finale au Stade de France devant 78 411 spectateurs. Quatre titres consécutifs en Top 14 : personne n’avait réussi cela depuis la création du championnat en 2005-2006. Pour mesurer ce que ce quadruplé représente, il faut écouter celui qui a mis les points au tableau.
Romain Ntamack, artisan majeur de la victoire avec ses transformations et pénalités décisives, ne cherche pas à minimiser.
« C’est exceptionnel » : Romain Ntamack face à l’exploit de quatre Brennus d’affilée
« Non, on ne s’en lasse pas et c’est exceptionnel que d’en gagner quatre d’affilée. C’est compliqué de trouver les mots. Il y a un mélange de soulagement, de satisfaction, de content que la saison se termine. »
Cette phrase dit tout. Pas d’euphorie débordante, pas de discours préfabriqué. Juste un joueur qui mesure ce qu’il vient d’accomplir.
Et la mesure est vertigineuse. Depuis la création du Top 14 en 2006, aucune équipe n’avait réussi quatre titres d’affilée. Dans toute l’histoire du rugby français, seuls deux clubs y sont parvenus : le Stade bordelais entre 1904 et 1907, et le Stade Toulousain entre 1994 et 1997. Deux précédents en plus d’un siècle. Toulouse vient d’en écrire un troisième.
Ce qui rend l’exploit encore plus remarquable, c’est le contexte de la saison. Ntamack lui-même avait déploré en cours d’année « un manque de régularité criant » de son équipe, qualifiant la saison de « bizarre ». Une équipe qui domine sans convaincre, qui vacille, et qui finit quand même par soulever le Brennus : c’est précisément ce mélange de soulagement et de satisfaction qu’il décrit au micro.
En finale, Ntamack a fait le travail. Transformations des essais, pénalités décisives : le demi d’ouverture a tenu son rôle de métronome dans les moments qui comptent. Le score final de 28-20 ne reflète pas une domination écrasante, mais une équipe qui sait gagner quand ça compte.
Égaler son père : la dimension familiale du quadruplé de Ntamack
« Je suis super content, mon père en a six aussi si je compte bien. Je reviens à égalité, ce n’est pas mal. »
Cette phrase est peut-être la plus forte de la soirée. Romain Ntamack ne parle pas seulement d’un titre. Il parle d’une filiation.
Émile Ntamack a remporté six Boucliers de Brennus avec le Stade Toulousain, dont quatre consécutifs entre 1994 et 1997. Ce sont précisément ces quatre titres d’affilée que Romain vient d’égaler avec la série 2023-2026. Avant la finale, Émile avait d’ailleurs lancé un défi public à la génération de son fils : « Égaler et battre notre record, c’est ce qu’on attend d’eux. »
Mission accomplie pour la première partie du défi.
Romain n’ignorait pas l’enjeu. En cours de saison, il avait confié que le quadruplé était « quelque chose de fort », que les joueurs en « rigolaient » et se « taquinaient » entre eux, tout en sachant que l’objectif était sérieux. Cette conscience de l’histoire portée avec légèreté dit beaucoup sur l’état d’esprit d’un vestiaire qui gagne sans se prendre pour des monuments.
Père et fils, même maillot, même série.
Après l’exploit : repos et nouvelle quête avec le XV de France
La fête sera courte. Plusieurs joueurs toulousains, dont Romain Ntamack, rejoignent le XV de France pour une tournée en Nouvelle-Zélande dans la foulée de la finale. Pas de vacances, pas de décompression prolongée.
Sa réponse sur le sujet est à son image : directe et sans plainte. « Pour la Nouvelle-Zélande, ça va aller, on se reposera dans l’avion en mettant les jambes en l’air. »
C’est la réalité d’un joueur de son niveau. La saison ne s’arrête pas au coup de sifflet final d’une finale de Top 14. Elle enchaîne. Thibaud Flament, son coéquipier, a lui aussi qualifié le quadruplé de « quelque chose d’exceptionnel ». L’ancien champion toulousain Stéphane Ougier a été encore plus direct : « Dans le rugby moderne, ça n’avait jamais été fait. »
Ces voix confirment ce que les chiffres disent déjà. Toulouse a remporté cinq des six derniers Brennus. Ce n’est pas de la chance. C’est une structure, un état d’esprit, et des joueurs capables de performer quand la pression est maximale.
Romain Ntamack a transformé une victoire collective en moment personnel : égaler son père sur la série consécutive, c’est aussi se projeter vers quelque chose de plus grand. Il reste à deux titres du record de six Brennus d’Émile. Avec les saisons 2027 et 2028 devant lui, l’arithmétique est favorable.
La question est de savoir jusqu’où Romain Ntamack peut aller dans cette filiation et si le fils peut un jour dépasser le père.