« C’est mon joueur préféré en ce moment » : les Anglais ont choisi leur 10 français, et ce n’est pas Romain Ntamack mais vers qui Galthié va se tourner ?
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Le débat autour du numéro 10 français n’a jamais vraiment disparu. Il change simplement de forme. Pendant longtemps, la question semblait presque binaire : Romain Ntamack ou Matthieu Jalibert pour guider les Bleus ?
La séquence récente rend le sujet plus piégeux. Jalibert ne revient pas seulement dans la discussion comme un ouvreur en forme. Il arrive avec une image renforcée à l’étranger, une polyvalence plus visible et un profil capable de déplacer plusieurs lignes dans la hiérarchie de Fabien Galthié.
À l’occasion de la Coupe du monde 2027, c’est exactement le genre de cas qui peut transformer une certitude de sélection en vrai casse-tête.
Jalibert ne menace pas seulement Ntamack, il élargit le problème
La concurrence entre Romain Ntamack et Matthieu Jalibert est connue. Ntamack garde l’avantage de l’habitude, de la continuité et de son vécu dans les grands rendez-vous du XV de France. Jalibert, lui, apporte une autre couleur : plus de rupture, plus d’instinct, plus de danger direct ballon en main.
Ce qui change, c’est que le Bordelais n’est plus seulement lu comme une alternative au poste d’ouvreur. Après un Tournoi des VI Nations convaincant, il a également été utilisé comme arrière pendant le Championnat des nations. Cette donnée compte. Un joueur capable de couvrir le 10 et le 15 ne pèse pas de la même manière dans une liste resserrée.
Dans une Coupe du monde, cette polyvalence peut devenir un argument aussi fort que le talent pur. Galthié doit choisir des titulaires, mais il doit aussi construire un banc, protéger ses équilibres et anticiper les scénarios de match. C’est là que Jalibert devient plus qu’un rival pour Ntamack.
Cas concret : si Ntamack débute en 10 et Thomas Ramos en 15, Jalibert peut devenir une option de banc très lourde, capable de couvrir deux postes majeurs tout en apportant une menace offensive immédiate. Mais s’il est jugé indispensable par sa forme du moment, la question n’est plus seulement de savoir qui sort du XV. Elle devient : quelle architecture permet de garder les meilleurs profils ensemble ?
Les éloges anglais changent le bruit autour du numéro 10
Le regard venu d’Angleterre donne une autre épaisseur au sujet. Ben Youngs a décrit Matthieu Jalibert comme un joueur en pleine forme, très complet, influent, capable d’attaquer la ligne et d’incarner cette fameuse étincelle française. L’ancien demi de mêlée insiste surtout sur une idée forte : l’ouvreur moderne ne peut plus seulement distribuer.
Cette lecture colle parfaitement au profil de Jalibert. Quand il est dans le bon tempo, il ne se contente pas d’organiser. Il fixe, accélère, attire les défenseurs et crée du désordre. C’est précisément ce qui peut séduire des observateurs étrangers : dans un rugby international très verrouillé, un ouvreur qui menace lui-même la ligne défensive changer la manière de défendre.
Anthony Watson va encore plus loin dans le registre de l’admiration. Il présente Jalibert comme un joueur dévastateur ballon en main, capable de gagner ses mètres, avant de lâcher cette phrase forte : « C’est mon joueur préféré en ce moment ».
Il ne faut pas transformer ces déclarations en décision de sélection. Les anciens internationaux anglais ne font pas la feuille de match des Bleus. Mais leur enthousiasme dit quelque chose : Jalibert est en train de gagner une bataille d’image, et cette bataille peut compter quand un débat est déjà aussi serré en France.
Galthié doit trancher entre sécurité, forme et polyvalence
Fabien Galthié n’a pas seulement à comparer deux joueurs. Il doit comparer deux manières de piloter le XV de France. Ntamack représente une forme de continuité dans le projet des Bleus. Jalibert pousse vers une lecture plus explosive, parfois plus risquée, mais aussi plus difficile à défendre quand il est lancé.
Le piège serait de réduire le sujet à une opposition de styles trop simple. Ntamack n’est pas qu’un gestionnaire. Jalibert n’est pas qu’un joueur d’éclairs. Les deux ont assez de talent pour exister au plus haut niveau, et c’est justement ce qui rend le choix délicat.
Le corpus récent autour du XV de France rappelle aussi que leur association a déjà été discutée, testée, commentée. Le débat ne sort donc pas de nulle part. Mais le contexte de 2027 change tout : à mesure que la Coupe du monde approche, chaque signal de forme, chaque rôle occupé et chaque option de banc prend plus de poids.
Thomas Ramos entre efficacement dans cette équation. Si Jalibert peut tenir un rôle crédible à l’arrière, la concurrence ne se limite plus au duel du numéro 10. Elle touche aussi la composition globale du triangle 10-15-banc, là où Galthié devra arbitrer entre automatismes, sécurité et impact.
Pour Jalibert, le vrai enjeu est donc clair : ne pas seulement prouver qu’il peut être meilleur que Ntamack sur une séquence. Il doit rendre son absence difficile à justifier. Et à ce moment-là, le problème de Galthié devient beaucoup plus intéressant.